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mai 26
2011

Rythmes cérébraux : le point sur l'activité EEG normale

Ecrit par Stephane dans psyblogsneurosciencesélectroencéphalogrammeconsciencecerveau

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Pour les besoins du dictionnaire de psychologie, nous avons réalisé un grand dossier présentant les différents rythmes cérébraux. Illustrations et descriptions succinctes pour chacun des rythmes classiques, complétées en lien par un article propre à chaque rythme et phénomène électro-encéphalographique caractérisant les tracés normaux. Je vous invite à découvrir le dossier à la page suivante :

Rythmes cérébraux, activité électro-encéphalographique

C'est l'occasion, si vous ne le connaissiez pas encore, de découvrir cet autre outil sur lequel nous travaillons régulièrement.

mar 21
2011

Jeu d'intelligence artificielle humaine, et inversement

Ecrit par Stephane dans jeuintelligence artificielleinformatique

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Le site du New York Times a récemment mis en ligne une version amusante et ergonomique du célèbre jeux de Pierre-ciseaux-papier. Dans cette version, l'humain internaute que vous êtes doit se confronter à une intelligence artificielle présentée sous deux modes : l'un, d'apprentissage, vous permet d'affronter l'IA tandis qu'elle s'adapte à la volée à vos réponses. L'autre vous permet d'affronter une IA dont les réponses se basent sur les réponses et séquences de réponses observées sur un panel de 200 000 affrontements entre IA et Joueur humain. Cette deuxième est bien évidemment plus intéressante, considérée d'une difficulté supérieure et à ce titre, créditée de la valeur d'IA "Vétéran" (par opposition à une IA Novice).

Ce type de match sous-tend pourtant un paradoxe, puisque vous êtes alors confrontés à des réponses statistiques calculées sur la base d'affrontements avec un humain. C'est donc en quelque sorte un match amical que vous disputez avec un modèle représentatif ou moyen d'humain, ce fameux humain "normal" dont on parle souvent en psychologie mais que l'on ne voit jamais...

Cette partie se révèle alors plus ardue : concevoir des réponses différentes de la norme, ne suffit pas pour gagner. Il faut être capable d'envisager la réponse "moyenne" d'un humain pour réussir à mettre en défaut la machine.

Une défaite nette face à une stratégie réccurenteLe résultat de mon premier affrontement avec la machine en est révélateur : Il a fallu 53 rounds à l'homme que je suis pour venir à bout 20 fois de la machine, après 18 ex-aequo et 15 défaites. Certes, on pourrait objecter, avec raison, que je ne suis qu'un représentant très imparfait de la race humaine, néanmoins, il faut admettre que la machine se défend. Une simple expérience consistant lors d'une nouvelle série de duel, à choisir toujours la même séquence de réponse, révèle qu'il ne faut que quelques matchs pour que la machine "comprenne" la stratégie toute humaine de son adversaire, ne lui laissant pas même l'ombre d'une indulgence dans un résultat de 20 victoires pour la machine, 2 ex-aequo et 2 défaites.

Bref, je vous invite à découvrir cette amusante transposition du Pierre-ciseaux-papier sur le site du New York Times . Ce n'est certes pas ce qu'on fait de mieux en matière d'IA, mais on s'amuse volontiers quelques minutes.

A noter : une partie effectuée complètement au hasard est censée donner un résultat ex-aequo, en théorie. En pratique, l'humain est bien connu pour ne pas répondre dans le cadre des lois du hasard. Ainsi, bien que cela puisse se rencontrer par hasard, un humain à tendance à, par exemple, ne jamais donner 4 ou 5 fois de suite la même réponse. Il en résulte que, dans le cas d'humains essayant de choisir au hasard leurs réponses, c'est quasiment toujours la machine qui gagne...

sep 26
2010

Nobel Romance

Ecrit par Stephane dans psychopathologieneuropsychiatrie

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Il fut un temps où chaque grande découverte donnait lieu dans les quelques années suivantes, à la récompense ultime pour un scientifique, le prix Nobel. Qu'on regarde ici et là maintenant, le prix Nobel est désormais décerné avec un certain retard : récompense pour 20 ans de travaux, ou pour une découverte ou invention réalisée il y'a une trentaine d'année...

La famille d'Hoerst Hermann sait à quoi s'en tenir à ce propos. Hoerst était un soldat autrichien embarqué dans une guerre qui le dépassait, la première guerre mondiale. Sur le front, jamais on n'avait connu de mémoire d'homme de telles atrocités. Et puis Hoerst n'était pas un combattant. Il professait à Vienne quelques cours de littérature et de poésie ça et là. Ce n'était en somme qu'un doux rêveur dans une époque qui n'était pas la sienne.

Enrôlé de force pour subvenir aux besoins militaires de la grande alliée Allemande, il se retrouvait en 1916 entre l'Alsace et la Lorraine. La plupart de ses amis avaient succombé, le sang leur sortant par la bouche, 5 jours plus tôt. Les ravages de ce que ses supérieurs nommaient le gaz Moutarde. Un drôle de nom pour une si grande abomination. Lui même en avait respiré un peu. Cela l'avait bien sûr affecté, mais pas autant que de voir ses compagnons sortir leurs tripes sur un champ de bataille en ruine.

Il en faisait d'horribles cauchemars depuis. Franz, Nicholas, Herbert... autant de noms qu'il avait rencontré pour la première fois il y'a deux ans, dans le train l'emmenant vers le front. Autant de camarades qui s'étaient liés dans la souffrance pour faire face aux dangers. Autant d'âmes perdues qu'il avait vu s'éteindre une par une, jusqu'à ce que toute celles qui restaient encore fussent balayées cinq jours plus tôt sans qu'il ne put bouger, au risque d'y laisser sa peau. Hoerst avait eu peur. De toute façon, lorsque son ami Franz le suppliait de venir le chercher, il était déjà trop tard, l'air pestilentiel l'avait envahi et sa vie s'en irait quoiqu'il arrive dans la minute.

Mais quelque chose s'étaient également éteint dans l'esprit d'Hoerst. La foi en l'humanité, en la rationalité, peut être... Il n'en pouvait plus, ne pouvait plus bouger, la terreur s'était emparée de son esprit, il n'était plus capable de tenir une arme, tout cela devait s'arrêter!

Et il fut rapatrié en arrière de la ligne de front. Il se pensait sauver, les graves traumatismes qu'il avait subis le rendaient de toute façon incapable de mener à bien son horrible travail. Il s'imaginait retourner enfin vers la belle Vienne qui lui manquait tant, ses bistrots, ses longues soirées de poésie avec ses étudiants...

En arrière du front, les blessés s’entassaient. Membres arrachés, yeux hagards, des hommes à la frontière entre le vivant et le mort. Tous n'étaient pas forcément physiquement atteints, c'était le cas de Hoerst. En fait, l'armée avait d'ailleurs quelques problèmes avec les "tire-au-flanc" et les déserteurs.

Elle avait fait venir d'Autriche, pour cela, un spécialiste en la matière, le docteur et éminent psychiatre Julius Wagner-Jauregg. Sa mission consistait à repérer les pseudo-traumatisés et les simulateurs, afin de les renvoyer au front, un bon coup de pied à l'arrière-train si nécessaire. Dans un deuxième temps, sa mission était bien entendu de soigner les vrais traumatisés.

Sa méthode ne laissait pas de doute quand à ses "qualités" de psychiatre. Il s'agissait grossièrement d'infliger des décharges électriques massives afin d'aider la guérison. En pratique, la cruauté et l'intensité du traitement préconisé avait un autre effet... Hoerst, après quelques jours de ce traitement inhumain, préféra encore retourner au front plutôt que de subir les électrochocs administrés par ses médecins. Et il disparu un jour d'automne 1917, touché par une rafale française alors qu'il déambulait, hagard, les cris de ses amis tapis au fond de son esprit.

Ils furent nombreux qui, comme lui, n'étaient plus en état d'affronter la réalité de la guerre, mais préféraient encore cet enfer à celui de Wagner Jauregg et de ses condisciples. Nombreux sont ceux qui, retournés en première ligne plutôt que de subir les tortures électriques de leurs soignants, s'éteignirent sous le feu des français.

Nombre d'entre eux s'étaient plaint également, et l'affaire refit surface après la guerre. On soignait les blessés, on reconstruisait les villes, et l'heure des règlements de comptes au sein même des armées avait sonnée. Julius Wagner-Jauregg fut accusé en février 1920 de pratiques barbares à la suite de plaintes des soldats autrichiens traumatisés mais survivants. Le procès requis deux experts, dont Sigmund Freud lui-même, qui témoigna en faveur de Wagner-Jauregg. Celui-ci, de ses propres dires, préconisait les traitements, et n'était en pratique pas responsable, ni ne connaissait la cruauté avec laquelle ces ordres furent exécutés. Il n'avait fait que découvrir une nouvelle méthode de traitement qui à sa connaissance, portait ses fruits.

Un autre médecin, l'échelon inférieur, fut ainsi condamné à la place de Wagner-Jauregg, sans qu'il n'y eut pour lui d'autres conséquences qu'une légère réprimande de la justice, non officielle, eut égard à son éminence dans le milieu de la psychiatrie et de la célébrité bienveillante de son cercle d'amis : Comme l'indique K.-R. Eissler, On ne peut dire pourquoi Freud a été choisi parmi les experts, mais force est de constater que "la plupart des représentants importants de la neurologie étaient disciples, élèves, amis de l'accusé Wagner-Jauregg..."

Et c'est avec enthousiasme que Wagner Jauregg continua sa fulgurante ascension dans le milieu de la psychiatrie viennoise... et il n'en resta pas là avec les traitements douteux : il reçu le prix Nobel en 1927 pour sa nouvelle méthode de soins traitant la paralysie, notamment dans les démences ou la syphilis. Ayant remarqué que lors d'accès de fièvres, les patients bougent mieux, il décide d'injecter le paludisme à ses patients déments, et invente par ce fait un nouveau traitement censé être efficace, la malariathérapie. Quelques temps plus tard, ses découvertes sont couronnées par le succès du prix Nobel, et pourtant... Quelques années plus tard, beaucoup de ses anciens patients meurent, bien entendu... non pas de démences ou de neurosyphilis, pour lesquelles ils ont reçu des soins, mais bel et bien du paludisme.

Cette affaire a fait suffisamment de bruit pour que la commission de Stockholm revoie ses exigences à la hausse. Plus question désormais d'attribuer un Nobel dans la foulée d'une découverte jugée sensationnelle. Le temps aide à y voir plus clair et à séparer la lie du vin.
mai 28
2010

Le titre de Psychothérapeute

Ecrit par Fabrice dans psychothérapeutedécret2010

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A partir du 1er juillet 2010, le titre de "Psychothérapeute" ne sera plus d'usage libre. Encore jusqu'à aujourd'hui, n'importe qui pouvait mettre une plaque "Psychothérapeute" devant chez lui.

Ce titre sera réservé aux médecins psychiatres, aux psychologues cliniciens (Master ou DESS), et à eux qui ont exercé la psychothérapie pendant plus de 5 ans.

Notons enfin qu'il est demandé aux candidats une formation de 100 heures et un stage de 2 mois s'ils sont Psychologues Cliniciens, et ni stage ni formation pour les médecins psychiatres.

Pour les autres professionnels n'étant ni médecins, ni psychologues, ni psychanalystes, il leur faudra effectuer une formation de 400 heures ainsi qu'un stage de spécialisation de 5 mois.

Le détail du décret ici : http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf/common/jo_pdf.jsp?numJO=0&dateJO=20100522&numTexte=00024&pageDebut=00024&pageFin=

Fabrice

avr 20
2010

Une problématique d’abandon : Eric et Pauline Comment une institution peut-elle porter et supporter

Ecrit par E.G. dans Untagged 

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Pour illustrer quelques aspects de nos interventions en particulier dans des situations d’abandon, nous présentons brièvement une situation, où nous avons dû travailler entre autre, sur nos possibilités à utiliser le groupe comme garant pour maintenir une identité et pour lutter contre l’effondrement. Cette situation, est certes relativement banale, mais elle nous semble mettre en évidence, l’importance pour une institution de savoir penser et créer et de pouvoir mettre à l’épreuve les dispositifs qu’elle met en place pour ses prises en charges éducatives.

 

Présentation clinique : Eric et sa sœur Pauline

 

Eric (4 ans) et sa sœur Pauline (6 ans) sont placés suite à des violences entre les deux parents, à des carences affectives et éducatives importantes. Issus d’une fratrie de 7 enfants, leur placement intervient à la suite du placement de leurs deux frères aînés dans une famille d’accueil.

A la suite de violences envers Madame et de maltraitances envers ses enfants, Monsieur est condamné à une peine de prison. Lors du placement des enfants, madame vit donc seule avec sa dernière fille âgée de 1 ans et se trouve dans un situation précaire matériellement. Les enfants retournent un week-end sur deux en famille et reviennent souvent inquiets et pas bien.

Eric et Pauline, sont admis sur le même groupe. Pauline est une petite fille blonde, très discrète, voire triste, mais qui arrive cependant à s’intégrer au groupe.

 

Eric, jeune garçon blond, est à l’inverse plus « bruyant », n’hésitant pas à dire ce qu’il pense, à manifester son mal être, et peut faire preuve d’une grande maturité. Une de ses particularité est sa voix : une voix grave, venant des profondeurs, que l’on ne retrouve pas souvent chez un enfant de son âge. L’écoute de cette voix, a beaucoup interrogé ; parfois l’impression qui se dégageait était celle d’un petit garçon désireux de grandir plus vite, parfois l’impression donnée laissait entrevoir la voix de désespoir….

Les deux enfants sont très liés, donnent même l’impression de ne pas pouvoir vivre l’un sans l’autre. Comportement qui n’est pas sans rappeler ce qu’écrit Anna FREUD[1] à propos des fratries : «  Ils n’avaient d’autre désir que celui d’être ensemble et étaient bouleversés quand ils étaient séparés même pour de courts moments » (p. 114)

 

Lors de l’admission nous rencontrons la mère et nous lui présentons notre démarche dans le cadre du travail avec les familles. Madame est très fermée, voire même fuyante, n’accepte pas le placement et refuse d’admettre ses difficultés. De plus, sa colère envers Monsieur est quand même très présente, ce qui nous amène d’emblée à envisager l’hypothèse qu’à travers sa colère, elle manifeste cependant un certain attachement à Monsieur.

 

Les premiers mois du placement se dérouleront selon l’organisation prévue par le juge en particulier pour les week-end. Madame vient assez régulièrement aux différents rendez-vous, mais ne semble pas se montrer disponible pour ses enfants. A la fois présente et absente, elle apparaît assez préoccupée par elle-même, ce qui l’amène parfois à ne pas avoir des attitudes adaptés envers ses enfants. Elle est présente physiquement, pendant que ses enfants attendent chacun à leur manière : Eric en allant jouer seul dans son coin, Pauline essayent de capter désespérément le regard maternel en restant collée à sa mère, presque agrippée.

 

Puis progressivement quelques alertes discrètes de la part des enfants lors de leur retour de week-end, commencent à interroger l’équipe qui en fait part aux services concernés. La première année se termine par une audience où il est demandé de prévoir le retour en famille pour l’année suivante.

 

La deuxième année commence, avec toujours le même rythme de week-end. Eric a 5 ans et Pauline 7 ans. Mais à un moment donné, Madame ne vient plus aux rendez-vous, ne téléphone plus, ce qui met les enfants en grande détresse. Suite à des absences répétées, un rapport est adressé aux services. Les week-end sont suspendus. Madame ne donne aucune explication sur ses absences. Absences qui semblent être aussi bien du registre de l’agir que d’une séparation brutale, mais qui restent cependant très incohérentes de par la situation dans laquelle elles placent les enfants comme les adultes : Dans le silence. La prise en charge des enfants devient difficile, en raison de la difficulté à expliquer l’absence de la mère, ce qui illustre la réflexion de Winnicott[2] «  lorsque nous ne pouvons pas donner d’explications, nous devons nous attendre à une certaine perte de confiance. »

 

Lors de la signature du contrat individuel de prise en charge, Madame accepte de venir. Elle tente d’expliquer sa perception de la situation dans un discours banalisé : veut que ses enfants reviennent à la maison car elle « peut être là pour eux », veut bien « venir les voir le mercredi matin », mais déclare ne pas comprendre pourquoi Eric et Pauline ne peuvent plus venir le week-end à la maison. Tout ceci reste pour elle étrange, et elle ne réalise pas que ce jour là, qu’elle n’a pas vu ses enfants depuis trois mois. A aucun moment elle n’en fera une allusion, et elle ne demande pas des nouvelles de ses enfants.

Les quelques souhaits émis restent très dans le factuel : « qu’Eric aille mieux dans sa tête » que Pauline « aille voir un psy », qu’elle soit présente à tous les rendez-vous concernant ses enfants, mais progressivement nous constatons que Madame éprouve des difficultés à parler en particulier de sa fille et reste très floue dans son discours.  Madame ne parvient pas à se positionner en tant que mère, oscillant en permanence entre l’envie d’être conforme, donc une bonne mère, possessive et intrusive,  et en même temps en étant dans  l’agressivité à l’égard de ses enfants qui lui demandent son attention et sa tendresse.

Attitude qui n’est pas sans évoquer une réflexion d’Anna Freud[3] sur l’oscillation des mères : « C’est la mère oscillant entre rejet et possessivité qui cause le plus irréparable dommage en retenant son enfant dans une association stérile dans laquelle il ne peut pas développer des capacités d’amour objectales » (p.197) En d’autres termes, la difficulté dans laquelle ses enfants se trouvent, c’est d’être face à leur impuissance pour se séparer d’une image parentale interne traumatique, pour pouvoir ensuite faire le deuil d’une mère idéale devenue absente. Cette attitude paradoxale, où la présence et l’absence sont manifestement indissociables, va, suite à la signature du contrat individuel de prise en charge, avoir une influence importante.

 

 

 

Les jours et heures de visites continuent à être fixés à Madame, qui après être venue une fois, s’enferme brutalement dans l’absence. Attitude qui nous apparaît être en relation avec celle qu’elle a eu lors de la signature du contrat de prise en charge. Plus elle demande à être présente, plus elle est absente.

A chaque fois les enfants sont prévenus, attendent, mais en vain et restent dans un profond désarroi face à l’absence maternelle et à l’absence de paroles. Les enfants le manifeste par des comportements divers, énurésie pour Pauline, parfois une allure extérieure triste, qui peut laisser entrevoir une tendance à l’amaigrissement, isolement, agressivité, en définitive une expression de la souffrance muette de l’absence ; Des pleurs pour Eric, où des expressions de colère. Réactions qui ne sont pas sans incidence auprès des équipes éducatives qui malgré elles en arrivent à être «  désireuse que les enfants aillent bien »[4] (Winnicott)

 

A travers cette situation nous aborderons les différents espaces que nous avons mis en place pour permettre à ses deux enfants de vivre  d’instaurer une relation de confiance avec les adultes, et de ne pas se laisser envahir par leur désarroi. Nous avons dû adapter les moyens dont nous disposions et ce, afin de protéger les enfants et de garder un lien avec la mère afin qu’elle ne disparaisse pas « sans laisser d’adresse ».

 

 

Le groupe et L’investissement de l’équipe :

 

Au cours de ces deux années, l’équipe a investi massivement les deux enfants, et a accepté d’être un objet transférentiel des parents idéaux.  Les deux enfants ont également investi leurs éducatrices. Une relation chaleureuse et de qualité a pu s’instaurer. Eric a pu investir son éducatrice référente, au point que parfois les absences de celle-ci était source d’un désarroi presque similaire à celui laissé par l’absence de la mère. Cet investissement mettait en évidence la relation de dépendance que tout enfant instaure avec sa mère : « certains enfants deviennent très dépendants de l’infirmière et ne peuvent supporter de la laisser partir en congé sans lui dire au revoir. Ils veulent aussi savoir exactement quand elle reviendra. » (Winnicott)

 

Nous pensons que cette qualité relationnelle et cette relation de dépendance ont été dans ces moments là une force pour lutter contre l’effondrement. La « personne secourable » décrite par Winnicott représentée par l’équipe éducative et de manière plus individualisé par son éducatrice, a permis aux deux enfants de ne pas sombrer dans des angoisses massives et destructrices. Le groupe en tant qu’enveloppe contenante, garant d’une identité, voire d’une appartenance,  a permis d’assurer une protection narcissique et corporelle en particulier pour Pauline pour qui « l’ombre de l’objet (mère) est tombé dans le Moi » (FREUD 1915)[5] et qui se trouvait menacée par ce que certains auteurs appellent le néant.

 

Cet étayage voire même ce contenant, a cependant provoqué quelques réactions : La capacité des adultes à s’identifier à l’enfant entre autre, a provoqué des réflexions d’indignation de leurs parts, réactivée par les sollicitations sur leur capacité à être mère : Ainsi, la rédaction de notes et de rapport pour informer les services sociaux, étaient souvent soutendus par des réactions de révolte exprimées à la place des enfants incapables de les exprimer. L’équipe devenait ainsi le porte parole, capable de dire ce qui était indicible pour les deux enfants devenus en quelques sortes muets sur leur souffrance. En parallèle, le désir de protéger les enfants d’une mère perçue comme destructrice, proche du fantasme sauver/guérir décrit par FREUD, provoquait un effet inverse de cette fonction protectrice : les réactions des équipes induisaient des comportements proches de ceux de la mère : possessives, parfois intrusives, où comme la mère qui de par ses absences attaque les origines et entretient le vide.

 

Cette volonté de protéger a suscité quelques vives réactions entre les équipes en particulier avec l’équipe du Pôle Famille chargé d’assurer les rencontres mère enfants. Conflits qui en définitive menaçaient l’unité du groupe support de l’identité des enfants.

Cette situation a nécessité un travail d’élaboration en groupe, notamment en équipe afin de dégager le sens que l’on pouvait donner aux absences maternelles. Et ce, afin de permettre à l’équipe de faire fonctionner sa capacité de rêverie (au sens de Bion) et de permettre aux enfants de pouvoir mettre en mots leurs affects.

 

 Un espace tiers : Le temps d’explication et d’échanges :

 

Il s’agissait de créer, une aire de transition pour dégager l’enfant d’une image parentale traumatique qui entrave la séparation interne de l’enfant avec ses parents.

Ce temps d’explication a été instauré afin de créer une barrière de protection pour les enfants, et pour essayer de nous dégager de la confusion dans laquelle nous mettaient les absences maternelles. Ce temps étaient en définitive un tiers faisant lien entre le groupe et le Pôle Famille chargé d’assurer la relation avec la mère. En d’autres termes, de faire lien entre le dedans et le dehors.

C’est donc la chef de service, avec parfois la psychologue, qui recevait les enfants dans son bureau pour leur expliquer les démarches qui étaient entreprises auprès de la mère, et qui annonçait les rendez-vous. Les enfants étaient accompagnés de leurs éducatrices référentes. Ce dispositif ainsi posé constituait une enveloppe supplémentaire, qui permettait aux enfants de pouvoir se faire une idée de leur situation, et de rester en quelques sortes réservés sur leur désir de voir leur mère. La venue de cette dernière pouvait être possible, mais elle n’était pas certaine. Quant à nous, nous restions présents même si la mère ne venait pas. Mais le cadre posé résistait.

Les enfants pouvaient poser leurs questions, et on leur précisait en quelques sortes les conditions : Par exemple, un rendez-vous était prévu avec leur mère, qui l’acceptait mais à travers cette acceptation il pouvait y avoir un refus. Refus qu’on ne pouvait pas en tant qu’adulte prévoir. Nous n’avions pas la maîtrise sur l’autre. Si la mère était absente, ce temps de visite était transformé en un temps où les deux enfants pouvaient se retrouver hors du groupe, mais dans le cadre du Pôle Famille.

Au cours de ces temps les enfants adoptaient des comportements différents. Ainsi, Pauline, restait agrippée aux paroles et au regard de la chef de service qui avait dans cet instant une fonction parentale et d’autorité. Son regard était littéralement collé à la chef de service. A l’inverse Eric s’agitait, se recroquevillait, se bouchait les oreilles, et n’hésitait pas à dire lorsqu’on parlait d’une éventuelle visite : « C’est une blague ». L’un comme l’autre avait à la fois un espoir, contre lequel ils luttaient pour se préserver.

 

 

Le rôle du Pôle Famille : le tiers entre dedans et dehors, entre l’enfant dans l’institution et l’enfant dans sa famille.

Les temps entre la mère et ses enfants ont mis en évidence une attaque massive du cadre des visites. Madame était à la fois présente et absente, incapable de rassembler ses enfants, et d’énoncer une parole apaisante. Cette transgression agie et non dite, s’est transformée en absence agie et exportée avec force indifférenciant dans un premier temps adultes et enfants.

 

Les absences ont dans un premier temps étaient difficiles à mentaliser en raison de la soudaineté des attitudes maternelles. Ceci a amené dans un premier temps à avoir une attitude réparatrice envers les enfants. Le temps prévu restait mais parfois on emmenait les enfants au restaurant, où on leur prévoyait un temps individuel.

Puis face au silence maternel, qui devenait difficile, de par le paradoxe dans lequel on s’enfermait, une autre démarche fut envisagée. Dans la mesure, où au de là de ces absences, la mère renvoyait enfermement et indifférenciation il nous fallait sortir de ce système. C’est ainsi,  que la décision fut prise d’aller voir la mère à son domicile.

Cette position active, permettait d’une part d’aller vérifier ce qu’il en était, ce que les enfants auraient aimé faire, et d’autre part permettait de pouvoir dire à la mère que dans la mesure où elle ne venait pas et qu’elle se rendait absente, que nous la rendions présente malgré elle. En parallèle, cela permettait de dire aux enfants que nous pouvions aller voir leur mère et leur dire ensuite ce que nous avions vu et entendu. Cette forme de lien consiste à faire tiers entre les enfants et leur mère mais elle permet également d’étayer une mère dans l’impossibilité de gérer ses relations. Ce dispositif ainsi crée, nous a semblé pouvoir protéger les enfants  à travers un cadre posé. Cadre qui peut comme l’écrit Green,   « offrir toute la garantie de la présence maternelle dans son absence et qui peut être rempli de fantasmes de toutes sortes, jusque et y compris de fantasmes agressifs violents qui ne mettront pas en péril ce contenant. » [6] par la répétition d’expériences de séparation traumatique.

 

 

 

Conclusion :

 

Il est impossible de combler l’absence des parents et de protéger de la souffrance psychique que cette absence peut provoquer. Cependant, il est possible d’accompagner l’enfant dans son travail psychique sur l’acceptation de l’absence, et dans ses possibilités à lui permettre d’investir des objets qui puissent lui permettre de faire le deuil des parents et de ne pas rester agrippé à un objet absent. Ainsi, l’espace aménagé, adapté et malléable que nous avons construit encadre le champ laissé vide par l’absence qui peut être rempli par les investissements relationnels et agressifs sous la forme de représentations qui alimenteront par la suite les investissements à venir.

Ceci ne nous empêche pas, de nous interroger sur les limites d’un tel travail : jusqu’où peut on aller dans un maintien du lien avec les parents qui est précaire, et parfois inexistant ?

 

 

Elisabeth GALLET

Psychologue

Docteur en psychologie Clinique et Pathologique

 

 

 



[1] FREUD Anna : « L’enfant dans la psychanalyse » éditions Gallimard

[2] D. WINNICOTT : « L’enfant et sa famille » éditions Payot p.179

[3] A. FREUD ibidem p.197

[4] D. Winnicott : « L’enfant et sa famille » p. 176

[5] S. FREUD (1915) : « Deuil et Mélancolie »

[6] A. GREEN (1985) « Narcissisme de vie, narcissisme de mort » chap. « La Mère morte p. 246

 

jan 09
2010

Les aires de Brodmann en plugin

Ecrit par Stephane dans Untagged 

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Nous avons récemment travaillé une application présentant les aires de Brodmann sous forme de site et de plugin exportable, que vous pourrez tester à cette adresse :

http://brodmann.psyblogs.net/2010/01/services-widget-cerveau.html

Le site tente d'apporter de manière claire et simple les informations basiques concernant ces aires corticales : Localisation, architectonie, fonctions associées et conséquences de lésions, notes et spécificités.

Le plugin existe en version Igoogle (pages personnalisée)  et en version Google toolbar (à insérer directement dans votre navigateur) ce qui vous permettra de l'avoir toujours sous la main si besoin est. Il est également facilement exportable sur votre propre site si cela vous semble utile. N'hésitez pas à améliorer le service en nous communiquant des informations qui pourront le compléter!

oct 05
2009

Développement et prévention de la violence : une perspective épigénétique

Ecrit par Stephane dans Untagged 

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Si violence et agressivité ont toujours accompagné l'histoire des hommes, plus que jamais semblent-elles omniprésentes dans nos sociétés, jetées aux yeux comme elles le sont de nos jours par une multitude de médias avides d'informations chocs.

L'étude des phénomènes violents et des tendances agressives humaines n'est pourtant pas nouvelle, mais un débat perdure : inné ou acquis? Aujourd'hui, la majorité de la communauté scientifique s'accorde sur une position intégrative, reconnaissant l'impact de l'éducation autant que celui de facteurs héréditaires.

Comprendre la genèse de la violence, les facteurs menant à des comportements agressifs, pour la prévenir : cette conférence-débat tenue à Bordeaux ce mardi 20 octobre tentera d'expliquer le développement de ces phénomènes afin d'introduire des solutions préventives à un problème qui nous touche tous.

Conference debat violence et agression

avr 13
2009

La maladie d'Alzheimer

Ecrit par marlène Fouchey dans Untagged 

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La Maladie d'Alzheimer est la cause la plus fréquente de démence ; elle constitue un véritable problème de santé publique. Son évolution se traduit par une diminution notable du volume de certaines régions cérébrales.

La définition anatomo-clinique se caractérise par l'association d'un syndrome démentiel d'évolution progressive (avec des troubles mnésiques importants au premier plan) et des lésions cérébrales caractéristiques.

Le diagnostic pré-mortem reste probabiliste, sauf en cas de biopsie cérébrale qui constitue une intervention très lourde et invasive.

Je vous propose ici un dossier reloativement exhaustif, pour tout savoir sur la maladie d'Alzheimer:

 

Introduction

1. Historique

2. Epidémiologie

 

Caractéristiques de la maladie d'Alzheimer

3. Anatomopathologie

4. Physiopathologie

5. Aspects génétiques

6. Aspects Cliniques généraux

7. Formes Typiques de la maladie

8. Formes Atypiques

 

Troubles rencontrés

9. Troubles Mnésiques dans la maladie d'Alzheimer

10. Troubles des fonctions exécutives

11. Troubles du Langages

12. Troubles gnosiques visuels

13. Apraxies.

 

Diagnostic et prise en charge

14. Diagnostic différentiel de la maladie d'Alzeimer

15. Aspects thérapeutiques et prise en charge de la maladie d'Alzheimer

 

 

mar 28
2009

La pédophilie

Ecrit par marlène Fouchey dans policeagression

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Après une définition de la pédophilie, nous aborderons la description clinique de cette paraphilie, constatant qu'il existe à l'heure actuelle de nombreuses classifications des pédophiles, illustrant le fait qu'il s'agit avant tout d'une pratique tabou dont l'ampleur reste méconnue. Nous reviendrons enfin sur quelques points juridiques concernant les agressions sexuelles sur les enfants.

1. Un peu de vocabulaire

« Pédophilie » est un terme générique désignant un comportement qui se traduit par une attirance érotique à l'égard des enfants dans le cercle familial ou en dehors de lui. Le pédophile est un individu qui est attiré sexuellement et de manière irrépressible par un mineur, le plus souvent impubère.

Etymologiquement, «pédophilie » vient du grec « pais, paidos » , « enfant » et « philien », « aimer d'amitié », sans qu'il y ait de connotation sexuelle. Il s'agit d'un terme d'emploi relativement récent, datant de la fin du XIXème siècle. Ce terme est différent de celui de « pédérastie ». Il s'agit une notion antique désignant le désir amoureux (sexuel) de l'homme adulte pour un jeune garçon. C'est par un abus de langage qu'au XIXème siècle, le terme pédérastie fut pris pour équivalent du mot homosexualité qui correspond à des relations sexuelles entres adultes consentants de même sexe. La pédérastie, rite initiatique grec afin de perpétuer la transmission de l'identité virile et citoyenne ne peut en aucun cas être prise pour un antécédent des pratiques pédophiles contemporaines.

Les chiffres recueillis sur la fréquence des actes pédophiles sont loin d'estimer la réalité compte tenu du silence qui entoure ce phénomène :

  • 1995 : 5 500 cas de pédophilie avérés par la police
  • 2000 : 5 500 cas de pédophilie avérés par la police

voir la suite...:

http://psychologie-m-fouchey.psyblogs.net/?post/342-La-pedophilie

mar 25
2009

Communiqué de la Documentation française

Ecrit par Claire Langier dans Rapports publicsgouvernement

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De nombreux rapports publics disponibles, dont ceux sur la santé. Toujours bon de connaitre la teneur de ce sur quoi vont se baser les parlementaires.
 
 6 000 rapports publics en accès libre… dans une version réactualisée

La Bibliothèque des rapports publics (BRP) propose sur le site de la Documentation française plus de 6 000 rapports sur tous les thèmes de l’action publique. Depuis la mi-mars 2009,  elle est consultable dans une version rénovée et enrichie.

La présentation de la Bibliothèque a été entièrement revue : les accès par thèmes sont mieux valorisés, le graphisme a été modernisé, la navigation simplifiée et de nouvelles fonctionnalités ont été ajoutées : par exemple, des liens depuis chaque notice vers les autres rapports sur le(s) même(s) sujet(s) ou le(s) même(s) auteur(s) physique(s) sont proposés.

À sa création, la BRP comprenait les rapports officiels remis au Président de la République et aux membres du gouvernement. Depuis janvier 2000 son périmètre s'est étendu aux rapports annuels d'autorités administratives indépendantes (CNIL, Médiateur de la République…), aux rapports de Hautes juridictions (Cour des comptes, Conseil d'État…), aux rapports d'organismes consultatifs (Commission nationale consultative des droits de l'Homme, Haut comité pour le logement des personnes défavorisées…), aux rapports et études des administrations, ainsi qu’aux rapports d’enquête et d’information des assemblées parlementaires.

Accessible également sur les portails service-public.fr et vie-publique.fr, la BRP permet à l'internaute de télécharger gratuitement (sous différents formats) le texte intégral des rapports. Ceux-ci sont accompagnés d’une notice bibliographique et d’extraits significatifs (lettre de mission, synthèse, sommaire notamment), grâce à un moteur de recherche et à des accès thématiques.

Des rapports très consultés

En 2008, 1 103 745 téléchargements ont été effectués et 78 % du fonds a été consulté au moins une fois au cours de l’année 2008.

Les cinq rapports les plus téléchargés en 2008
 

Titres

Nombre de téléchargements

« 300 décisions pour changer la France », Rapport de la Commission pour la libération de la croissance française, présidée par Jacques Attali

32 706

 

« Défense et Sécurité nationale : le Livre blanc », Jean-Claude Mallet

11 255

« Livre blanc sur l'avenir de la fonction publique : faire des services publics et de la fonction publique des atouts pour la France », Jean-Ludovic Silicani

   8 083

« La dépénalisation de la vie des affaires », Jean-Marie Coulon

   7 415

 

« Rapport sur l'avant-projet de réforme du droit des obligations (Articles 1101 à 1386 du Code civil) et du droit de la prescription (Articles 2234 à 2281 du Code civil) », Pierre Catala

   6 080


La BRP c’est aussi une lettre d'information bimensuelle gratuite (derniers rapports mis en ligne, mises en ligne prévues, sélections thématiques en lien avec l’actualité), des fils d’information RSS (qui reprennent, sous forme de liens cliquables et en temps réel, les références des rapports publics récemment mis en ligne), un agenda des missions confiées par le gouvernement et qui pourront donner lieu à la remise d'un rapport, mis à jour plusieurs fois par semaine, et un service de renseignements par messagerie électronique.
Pour consulter la rubrique : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports/index.shtml

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