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Troubles de l'expression Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychopathologie

Proposé par Stephane Desbrosses, le 19-12-2007

Les troubles du langage reflètent parfois les troubles de la penséeParmi les troubles de l'expression, on distingue les troubles psychomoteurs et les troubles du langage.

1. Les troubles psychomoteurs

Il existe trois types d'états

1.1. Les états d'agitation

Ils sont caractérisés par une augmentation de l'activité physique et psychologique.

  • sur le plan moteur, il y a une augmentation de la gestuelle pouvant aller jusqu'à la déambulation permanente, voire jusqu'à l'incapacité de se coucher ou de s'asseoir
  • plan émotionnel : désinhibition (hypermimie) : l'expression faciale est exagérée avec une hypersyntonie (les patients sont syntone à l'ambiance, c'est-à-dire qu'ils collent à l'ambiance dans laquelle ils se trouvent). On note une accélération des activités psychologiques.
  • Le plan de la pensée est lui aussi caractérisé par une augmentation, et une hypervigilance.

L'état d'agitation peut évoquer plusieurs diagnostics : Pathologie à étiologie (origine) organique, par exemple, certaines maladies neurologiques ; Pathologie à étiologie toxique (alcoolique, médicamenteuse,...) ; Surtout, les pathologies thymiques : l'état d'agitation se rencontre dans la phase maniaque.

1.2. Le ralentissement psychomoteur.

Il peut aller d'un sentiment de fatigue intense jusqu'à une inertie totale (inactivité marquée par la clinophilie, difficulté à réaliser des actes de la vie quotidienne.

  • Plan moteur : ralentissement des gestes - plan émotionnel : hypomimie (baisse voire absence d'expressions faciales émotionnelles)
  • Plan psychique : ralentissement des processus de pensée. Les sujets décrivent la présence de ruminations mentales (pensées occupées majoritairement par 2 ou 3 thèmes le plus souvent à tonalité triste). Les patients présentent une difficulté d'enchaînement d'idées (difficultés d'association), d'où un sentiment d'appauvrissement intellectuel souvent renforcés par des troubles de concentration et de mémoire.

Le Ralentissement psychomoteur est un des éléments essentiels de la pathologie dépressive. S'il prend une importance extrême, il peut évoquer d'autres diagnostics comme des états de confusion mentale ou une schizophrénie catatonique.

1.3. La catatonie.

Il s'agit d'un trouble de l'activité motrice volontaire. Dans sa forme complète, elle regroupe 3 signes cliniques :

  • le négativisme : résistance voire opposition aux sollicitations extérieures (par exemple, refus de la main tendue du clinicien)
  • la catalepsie : persévération d'attitude imposée ou spontanée. Le patient reste dans une position inconfortable.
  • Hyperkinésie et stéréotypies : l'observation de ces symptômes est maintenant très rare en psychopathologie.

2. Les troubles du langage

On oppose les troubles qui touchent la dynamique du discours à ceux qui touchent son contenu.

2.1. Les troubles de la dynamique du discours.

Ce sont des troubles qui accompagnent les états d'agitation et de ralentissement :

  • en lien avec les états d'agitation : il y a une logorrhée (accélération du débit verbal) qui correspond à une surabondance de parole. Le discours est difficile à suivre en raison de sa rapidité, et souvent en raison de son manque d'organisation thématique.
  • A l'opposé, la bradyphémie correspond à un ralentissement du flux verbal, un discours monothématique caractéristique du patient déprimé.
  • L'écholalie est une répétition en écho de mots ou de phrases venant d'être entendues par le sujet. C'est une manière de dialoguer privilégiée chez les autistes.
  • Les persévérations verbales : à différents moments du discours, le sujet va répéter des mots ou phrases qui appartiennent à des moments antérieurs du dialogue.
  • Le mutisme est l'absence totale de production langagière on le trouve parfois dans les troubles dépressifs.

2.2. les troubles du contenu du discours.

  • Néologismes : sans signification apparente, que le sujet crée pour son usage personnel et auquel il donne un sens
  • Les paralogismes sont des mots existants que le sujet utilise dans un sens inhabituel. On trouve ces deux catégories abondamment dans le discours du schizophrène, ce qui a fait évoquer le concept de schizophasie, à savoir un langage incompréhensible produit par un sujet schizophrène.

Source : Connaissances générales
 
Edition : Deux termes quasi homonymes sont à différencier, ainsi que nous l'a indiqué une lectrice avisée.
La  Bradyphrénie  correspond à un Ralentissement des fonctions mentales qui s'accompagne souvent d'une diminution de l'activité motrice. 
La bradyphémie est un ralentissement élocutoire.
 
Merci à Valérie! 
 
   

Mots-clés : expression, trouble, personnalité, symptôme

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