Aronson et Carlsmith (1962) supposaient que la menace n'est pas le moyen le plus efficace. Se basant sur la théorie de la dissonnance cognitive, ils pensaient qu'avant tout, pour empêcher un comportement, il était necessaire d'agir au niveau des attitudes du sujet, au niveau de ce qu'il pense...
Ces auteurs ont alors invité 22 parents et leur enfant âgé de 4 ans environ. Ils ont dans un premier temps présenté à chacun des 22 enfants (11 filles et 11 garçons - chacun fut testé seul), 5 jouets, en leur demandant de les classer par ordre de préférence (pour cela, l’expérimentateur demande à chaque enfants quel jouet il préfère, en lui en montrant seulement 2, il réitère sa question plusieurs fois afin d’obtenir un classement des 5 jouets). Cette mesure servait en fait, pour l'expérimentateur, à connaitre le jouet qui serait placé en 2ème position par l’enfant.
L’expérimentateur jouait alors un peu avec l’enfant, puis, au bout d'un moment, annonçait qu’il devait s’absenter quelques minutes et que l'enfant se retrouverait alors seul. Avant de sortir, il disait à l’enfant de ne pas jouer avec le jouet N°2 (celui que cet enfant avait classé en 2ème position de préférence).
L'expérimentateur employait pour cela, soit une menace légère (« je ne serais pas content si tu joues avec ce jouet »), soit une menace forte ("tu ne dois pas jouer avec celui-ci, sinon, tu seras punis"). L’expérimentateur sortait puis observait l’enfant à travers une glace sans tain.
Si l'ensemble des enfants a obéit, que la menace soit faible ou forte, il n'en ressentait pas pour autant les mêmes envie de se servir du jouet n°2. Quelques temps après ce test, on interrogeait de nouveau l'enfant sur ses préférences, de la même façon qu'on l'avait fait lors de la première partie de l'expérience. Puisque l'enfant s'était empêché, à cause de la menace, de jouer avec le jouet n°2, on s'attendait à ce que la position de préférence soit modifiée (le célèbre syndrôme de contradiction : plus un comportement est interdit, plus il est attirant) Les auteurs effectuèrent donc une nouvelle mesure d’attitude ( représentée par le nouveau classement fait par l'enfant) et s'attardèrent sur le classement du jouet N°2, en partant de l'hypothèse générale suivante : « chez une personne que l'on amène à abandonner l'exécution d'un acte qui lui plaît, et ce sous l'effet d'une menace de punition, il devrait y avoir dissonance entre le souhait de cette personne et l'interdiction posée. Cette dissonance devrait être d'autant plus importante que l'action n'a pas été réalisée alors que la punition annoncée était légère. Dans ces conditions la personne sera amenée à trouver des justifications supplémentaires à l'abandon de son projet ce qui devrait l'amener à considérer que finalement ce projet n'était pas si important pour elle »
Plus la menace est forte, plus ce que l’enfant a envie de faire devient attractif. A contrario, c’est à condition que la menace soit faible que l’on obtient le plus souvent un changement d’attitude : si l’enfant encourt un moindre risque, c’est plus efficace. Le sujet constate qu’il a un comportement incohérent avec son attitude. Si la menace est forte, il se servent de cela, comme raison à l'absence du comportement souhaité. Ils ne s'assimilent donc pas cette absence de comportement. Si la menace est faible, ils se disent que l’objet ne les intéressait pas tant que ça.
Un expérimentation analogue fut réalisée par Freedman, dans un cadre théorique différent. Lepper a quant à lui rallongé cette expérimentation en tentant de mettre en parallèle le comportement des enfants et l'intégration d'une norme sociale (Freedman (1965) et Lepper (1973) : enfants librement consentants). Ainsi, pour lui, les enfants ne s'empêche pas seulement d'émettre le comportement non désiré, mais vont jusqu'à s'établir une ligne de conduite pour tous les comportements analogues.