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Psychologie d'ailleurs Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : news, Catégorie : sur-le-web

Proposé par Stephane Desbrosses, le 23-05-2011



Psychologie d'ailleursNos lectures sur la toile nous emmènent régulièrement vers d'amusantes anecdotes ou d'insolites recherches, faisant tantôt lever le sourcil, tantôt réfléchir et apprécier les apports de la psychologie. Sachez que récemment, le monde de la recherche a pu montrer que l'indignation publique est déclenchée par des personnalités immorales plutôt que par de vilains actes, qu'on peut être agoraphobe et tout de même rassembler les foules, et qu'il vaut mieux croiser les bras lorque l'on souffre d'une main!

L'indignation publique serait avant tout, affaire de personnalité.

L'indignation publique face à un homme ou un groupe, semble parfois déclenchée par des actes "immatériels" nuisibles : salaires trop élevés, sexualité inappropriée, opinions inacceptables. Ce sont là des faits dont les conséquences sont (classiquement) relativement mineures (par exemple, les hauts salaires ou les parachutes dorés génèrent l'indignation tout en ayant des conséquences économiques plutôt négligeables, de même que la sexualité débordante d'un politicien n'a en définitive que peu d'impact sur la gouvernance en général). Mais si l'on s'élève avec véhémence devant de tels évènements, ce serait avant tout parce que l'on pense que ces actes sont révélateurs d'une personnalité moralement indigne.

En d'autres termes, ce n'est pas tant des actes et de leurs conséquences dont on s'indigne, mais davantage de la personnalité supposée de l'acteur. Dans cette réaction, le jugement moral des actes se dissocie de celui qui concerne les traits de caractère.

C'est en avançant cette hypothèse qu'une équipe du département de psychologie de Californie (Irvine) explore la réalité de cette dissociation. Deux études montrent en effet qu'en matière d'indignation, il en va d'abord de ce que l'acte révèle sur le caractère de son auteur. Ainsi, pour une majorité des gens, il est plus grave et condamnable de se montrer violent envers un humain qu'un animal. Par contre, pour cette même majorité, l'agression d'un animal témoigne davantage de mauvaises capacités de jugement moral, que l'agression d'un homme - et conséquemment, d'une personnalité plus "mauvaise". Comme si la violence envers l'homme était plus naturelle et moins immorale que celle envers les animaux ?

Par ailleurs, les informations données susceptibles d'apporter des éléments témoignant de ces capacités "morales" d'un individu, ont elles-mêmes une influence sur les actes de ceux qui lui font face : la majorité des personnes à qui l'on demande lequel de deux PDG doit être engagé, préfèrent un PDG plus cher (dont le contrat évoque par exemple un "parachute doré" classique) plutôt qu'un PDG moins onéreux dont l'une des demandes concerne un bonus incongru (par exemple, un avantage en nature selon le type d'entreprise). Ce type de demande révèlerait une personnalité moins "morale" à laquelle les recruteurs fictifs de l'étude furent sensibles.

S'indigne-t-on alors réellement d'actes et de situations ? Pas vraiment : ce sont avant tout les traits de caractère qui hérissent notre poil, qu'importe dans quels actes ils ont été révélés. La dignité, c'est entendu, est affaire psychologique plutôt que comportementale.

Tannenbaum, D., Uhlmann, E.L. Diermeier D. (2011). "Moral Signals, Public Outrage, and Immaterial Harms". Journal of Experimental Social Psychology. (in press)

On peut être agoraphobe et néanmoins, rassembler les foules.

C'est l'expérience que vit actuellement la chanteuse Jemma Pixie Hixon, 20 ans, qui surfe sur la récente vague de la chanson-internet. Plus de deux millions de visites sur l'une de ses vidéos sur le célèbre Youtube, c'est plus qu'il n'en faut pour commencer à susciter l'intérêt des médias ou d'éventuels éditeurs, qui verraient en la jeune femme la sensation Internet susceptible de rassembler des milliers de fans. Le hic, c'est qu'elle est agoraphobe et n'a pas bougé de chez elle depuis deux ans. Ç'en est en fait au point que, demandée pour une interview sur la chaîne BBC, elle n'apparaît finalement qu'en vidéo depuis sa maison. La psychologue Jennifer Wild, invitée pour l'occasion, se propose désormais de traiter l'agoraphobie de Jemma à grand renfort de thérapie comportementale, afin de lui permettre d'ici trois mois de rassembler les foules pour de bons. Comme quoi, la psychologie peut également contribuer à l'art et la culture. Affaire à suivre !

BBC News. (2011) "Singer Jemma Pixie Hixon 'to leave home in three months' ". Online

Douleur aux mains ? Croisez les bras !

Si vous souffrez des mains, croisez tout simplement les bras : cela introduira un peu de confusion dans votre cerveau, ce qui pourrait atténuer le ressenti de la douleur, selon les chercheurs de l'University College de Londres.

Cet effet traduirait les conflits générés à l'intérieur du cerveau par les deux "cartes" cérébrales prenant en charge l'information issue, pour la première de la localisation dans l'espace, et pour la deuxième, de l'emplacement du corps.

En temps normal, votre cerveau sait que la main droite effectue généralement des actions dans l'espace droit. Les régions cérébrales dédiées à la représentation du corps et à la représentation de l'espace fonctionnent généralement de concert et entretiennent de fortes relations. D'habitude, et par exemple lorsque vous prenez un verre, les régions qui prennent en charge la représentation de l'espace droit s'activent avec les régions qui gèrent la représentation de votre main droite. La gestion de vos actions et le ressenti de votre corps s'en trouvent plus performants, et les processus cérébraux à l'œuvre sont clairs et cohérents.

Lorsque vous croisez les bras, les sensations proprioceptives liées à la position du corps vous indiquent que votre main droite est au bout de votre bras droit - donc, du côté droit : C'est bel et bien votre partie droite du corps. Par contre, les sensations liées à l'espace vous indiquent que votre main droite se trouve à la gauche de votre corps (par rapport à son axe vertical de symétrie, et plus précisément par rapport à l'axe vertical médian de l'espace extérieur). Les deux "cartes" de représentation sont alors "déboussolées", les processus cérébraux à l'œuvre sont moins performants… y compris les processus gérant les sensations de douleur !

L'expérimentation le montre grâce à l'EEG, enregistrant l'activité cérébrale d'un petit groupe de personnes, alors qu'on leur applique par laser une courte décharge (4 millisecondes) de douleur à la main. En plus de l'enregistrement EEG, les sujets donnaient verbalement leur impression quant à l'intensité de la douleur qu'ils ressentaient. Or, il apparaît que lorsque les bras sont croisés, le ressenti, mesuré à l'EEG autant que décrit verbalement, est moindre que lorsque les bras sont en position normale.

Une petite astuce qui pourrait suggérer de nouvelles voies de traitement, fondées sur les "erreurs" cérébrales, concernant ici la représentation du corps et de l'espace. La douleur possède une forte composante psychologique (assez peu précise : de 4 à 86% selon les pathologies). Alors soigner ou atténuer les troubles en jouant des défauts du cerveau, pourquoi pas ?

Gallacea, A., Tortab, D.M.E., Moseleyd, G.L., Iannetti, G.D. (2011). "The analgesic effect of crossing the arms". Journal of Pain vol. 152, issue 6.
   


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