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L'article 52 : psychothérapeute et psychothérapie en danger? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : news, Catégorie : rumeurs-et-faits

Proposé par Yoann, le 25-07-2008



L'article 52, la mort des psychothérapeutes?Un communiqué relayé notamment par la SNP et la FFPP s'élève ce mois-ci contre l'usage nouvellement proposé du titre de psychothérapeute. Cet article reprend les communiqués de ces deux grands regroupements de psychologues. Il expose également l'article 52 incriminé... Incriminé à tort ou à raison?


Communiqué FFPP

Qui veut la peau des psychologues ?

Projet de cahier des charges relatif au décret d’application de l’article 52 :

 usage du titre de psychothérapeute

 

Début juin, un nouveau projet de décret d’application est soumis au CNESER. (Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche). La note de présentation  (annexe 2 du document) souligne « qu’il ne s’agit pas de créer une nouvelle profession, ni d’encadrer la formation et la pratique de la psychothérapie, mais de préciser les conditions dans lesquelles il peut être fait usage de ce titre ». Un cahier des charges est en voie  de rédaction.

Par un étrange concours de circonstances,  le cahier des charges, encore sous le sceau de la confidence, est divulgué  sur la toile début juillet. . Y est stipulé  que pour accéder à la formation il est exigé un niveau licence   avec une formation théorique de 400 heures et un stage pratique de 5 mois.

 Ainsi, le bas niveau du pré requis et la formation minimale en psychopathologie clinique pour prétendre au titre de psychothérapeute, rend caduc l‘esprit de la loi qui est de protéger le public.

Doit-on comprendre que ce titre de psychothérapeute est le premier palier dans l’introduction de ces nouveaux métiers émergeants comme celui de psychométricien « kiné du cerveau » évoqué par Madame Pécresse il y a quelques mois dans le cadre du plan Alzheimer ?

Doit-on conclure que l’acte psychothérapique revient à la simple démonstration d’une technique où il suffira d’appliquer une méthode psychothérapique ?

La FFPP à l’occasion des nombreuses réunions de concertation, auxquelles elle a participé,  a toujours souligné avec force que son objectif était d’offrir des garanties aux usagers par des pré requis exigeants de formation et que la psychothérapie devait être conçue comme une des fonctions qu’exercent les psychologues, d’où l’importance de ne pas en faire une profession. C’est le message essentiel qu’elle a soutenu lors de l’audience accordée par le  Ministère de la Santé à la délégation FFPP / SFP/ SNP, suite à la parution officieuse du projet de décret en mars 2008 .

 

La FFPP appelle à se rassembler pour barrer la mise en place d’une nouvelle profession : « psychothérapeute »,  avec un niveau de formation ridiculement bas au regard des responsabilités engagées. La politique gestionnaire de réduction des coûts trouve ici le moyen de contourner la pénurie des psychiatres et de passer au dessus des psychologues qui ont toujours rappelé l’importance de l’autonomie professionnelle dans la prise en charge du sujet. Les enjeux autour de l’article 52, de son décret d’application et du cahier des charges ravivent les conflits d’intérêts idéologiques  liés à la formation en psychopathologie clinique.

La FFPP, dénonce l’introduction d’une  nouvelle profession qui  touche certes à l’identité du psychologue mais bien au-delà à la liberté individuelle des tous les citoyens. Mobilisons nous pour que le niveau d’entrée à la formation en psychopathologie clinique  ne soit pas celui de la licence mais bien d’un MASTER

La FFPP entend bien le faire savoir par tous les moyens dont elle dispose et appelle au rassemblement.

 Communiqué SNP

Un nouveau projet de décret relatif à l’usage du titre de psychothérapeute et un document de travail interministériel relatif au cahier des charges de la formation définissent les orientations retenues par les ministères de la santé et de l’enseignement supérieur pour l’usage du titre de psychothérapeute.
Pour le SNP, ces projets de décret et d’arrêté ne proposent aucune nouvelle garantie pour le public et révèlent un mépris de la profession de psychologue et une méconnaissance des formations existantes.

Titre de psychothérapeute : le gouvernement programme la disparition des psychologues…

La loi sur l’usage du titre de psychothérapeute a été adoptée le 9 Août 2004 à la suite d’une première proposition du député Bernard Accoyer, devenu depuis président de l’Assemblée Nationale. Son but est de protéger le public des dérives sectaires auxquelles les exposent des personnes insuffisamment formées dans ce domaine. Les derniers projets d’application de cette loi jetteraient le public entre les mains d’une nouvelle profession labellisée par l’Etat, formée en moins d’un an (400 heures), avec seulement cinq mois de stage. Il est prévu d’exiger des candidats à cette formation un pré-requis de « niveau licence » toutes filières confondues, mais il ne représente qu’une vague garantie de culture générale.
Il y a actuellement environ 38000 psychologues en France dont une majorité exercent dans le dispositif de santé, au regard de 13000 psychiatres et de seulement 6000 personnes exerçant la psychothérapie sans être ni psychiatres ni psychologues. Les psychologues sont depuis des années les principaux praticiens de la psychothérapie dans les structures de soins publiques et privées. Leur formation comprend cinq années d'études minimum dans la filière avec plusieurs stages professionnels, auxquels s'ajoutent les formations complémentaires continues que suivent les psychologues pour exercer la psychothérapie. Or, les projets du gouvernement considèrent que les psychologues ne sont pas mieux formés que les médecins généralistes, dont la formation en psychologie est quasi-inexistante! Les psychologues auraient même à faire la preuve devant des commissions ad hoc de la validité de leur diplôme, alors que le but de la loi est de contrôler les psychothérapeutes autoproclamés, dont les pratiques et leurs éventuelles dérives peuvent s’avérer dangereuses pour les usagers.

… au profit de néo-techniciens sous-qualifiés.

En exigeant de tous les candidats au titre de psychothérapeute qu’ils fournissent – outre les preuves de leur titre professionnel lorsqu’ils en ont déjà un – une attestation de formation en psychopathologie clinique, le gouvernement voudrait faire passer tous les professionnels sous la même toise, celle d’une formation qui privilégie l’approche de type « cognitivocomportementale » et la classification américaine des désordres mentaux (dite « DSM IV »).
Seule une approche de ce type, ainsi avantagée de manière injustifiée, peut se satisfaire d’un volume d’enseignement aussi réduit.
En cherchant à créer de la sorte une nouvelle profession paramédicale – de techniciens d’application formés au rabais en moins d’un an avec un pré-requis très bas – le gouvernement affiche clairement son intention : il s’agit d’éradiquer les psychologues très sérieusement formés et supervisés qui complètent leur formation personnelle pendant des années, et de supprimer leur spécificité qui dérange : celle d’être une profession non-médicale et issue des sciences humaines, à l’égard de laquelle la demande du public est très importante.

Des psychologues malmenés et des usagers en danger

Le ministère de la santé ne peut délibérément autoriser une telle imposture de santé publique qui réduit encore les garanties auxquelles le public a droit. Et le ministère de l’enseignement supérieur, en validant un tel ersatz de formation, engagerait lourdement sa responsabilité quant à l’avenir de la profession de psychologue dont il a statutairement la charge.

Pour le Syndicat national des psychologues, ces projets de décret et d’arrêté relatifs à l’usage du titre de psychothérapeute sont inacceptables. Il considère que ces projets constituent un déni des formations existantes, tout particulièrement celle des psychologues, et qu'ils s’inscrivent à rebours de l’esprit et de la lettre de la loi réglementant l'usage du titre de psychothérapeute dont le but est la protection du public.

Ces deux textes proviennent de communiqués envoyés par la FFPP et la SNP. 


Qu'en est-il au juste de cet article si décrié? Que comprend-il?

 

L'usage du titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes.

L'inscription est enregistrée sur une liste dressée par le représentant de l'Etat dans le département de leur résidence professionnelle. Elle est tenue à jour, mise à la disposition du public et publiée régulièrement. Cette liste mentionne les formations suivies par le professionnel. En cas de transfert de la résidence professionnelle dans un autre département, une nouvelle inscription est obligatoire. La même obligation s'impose aux personnes qui, après deux ans d'interruption, veulent à nouveau faire usage du titre de psychothérapeute.

L'inscription sur la liste visée à l'alinéa précédent est de droit pour les titulaires d'un diplôme de docteur en médecine, les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue dans les conditions définies par l'article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre social et les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations.

Un décret en Conseil d'Etat précise les modalités d'application du présent article et les conditions de formation théoriques et pratiques en psychopathologie clinique que doivent remplir les personnes visées aux deuxième et troisième alinéas.


Concrêtement, qu'est-ce que cela signifie? Voici un document de travail, cahier des charges exprimant l'idée de cet Article 52. 

ARRETE DU RELATIF AU CAHIER DES CHARGES DE LA FORMATION CONDUISANT AU TITRE DE PSYCHOTHERAPEUTE

La ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche et la ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative, Vu la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, notamment son article 52 ; Vu le code de l’éducation Vu le décret n° 2008- du 2008 relatif à l’usage du titre de psychothérapeute ; Vu l’avis du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche en date du ARRETENT :

Article 1 : Conformément à l’article 5 du décret n° 2008 susvisé la formation conduisant au titre de psychothérapeute comprend une formation en psychopatologie clinique de 400 heures minimum et un stage pratique d’une durée minimale de 5 mois.

Article 2 : La formation théorique doit rendre compte des diverses méthodes employées, de leurs évolutions et de la démarche de recherche du domaine. A cet effet elle permet d’acquérir ou de valider : - Une connaissance des fonctionnements et des processus psychiques : Qui comprend la connaissance du développement normal de la naissance jusqu'à la fin de la vie, en passant par les grandes étapes du développement, à savoir le bébé, l’enfance, l'adolescence, l'âge adulte et la vieillesse. Les différentes étapes des développements affectif, comportemental et cognitif doivent être connues. La connaissance des déterminants psychosociaux des comportements individuels, notamment des phénomènes d’influence et de manipulation d’autrui. Une connaissance des grandes fonctions comportementales, motrices et cognitives est également nécessaire. De plus, il est attendu que la démarche adoptée soit une démarche intégrative, c'est à dire qu’elle aborde ces notions selon différentes approches, qui seront considérées comme autant d'éclairages distincts, sans se cantonner à un seul point de vue théorique. - Une capacité de discernement des grandes pathologies psychiatriques : C’est-à-dire la connaissance des grandes entités psychopathologiques aux différents âges de la vie, avec la capacité de repérer les troubles psychopatologiques. La connaissance de la symptomatologie relevant de ces différents troubles. Aptitude reconnaître, d’une part, les troubles qui apparaissent aux différents âges de la vie, à savoir les troubles de l’humeur, les troubles anxieux et les troubles psychotiques ; et d’autre part les troubles spécifiques d’une période de la vie. Ainsi, pendant l’enfance et l’adolescence : connaissance des troubles envahissants du développement, des troubles des acquisitions, du retard mental ; connaissance des troubles des conduites, des conduites de dépendance ; à l’âge adulte et au cours du vieillissement : des troubles de la personnalité ; de l’évolution de ces différents troubles, mais également des états confusionnels et des états démentiels. Il est également attendu des connaissances approfondies des conduites addictives, des différents troubles psychopathologiques post-traumatiques ou consécutifs à une atteinte somatique (par exemple : cancers, maladies infectieuses, maladies neurologiques, diabètes, ...). - Une connaissance des différentes théories se rapportant à la psychopathologie : Pour ce faire doivent être maîtrisées les différentes théories qui contribuent à la compréhension et à l’explication de la psychopathologie : d'une part, les hypothèses étiologiques relevant des principaux courants théoriques (psychanalytique, cognitivo-comportemental, systémique, socio-environnemental, biologique) et, d'autre part, les différentes modalités de prise en charge qui peuvent être envisagée pour chaque patient. Une connaissance des outils d’évaluations (échelles cliniques, tests projectifs) suffisante pour permettre la bonne compréhension d’un diagnostic est également attendue. - Une connaissance des principales approches utilisées en psychothérapie Dans ce cadre, il est exigé, non seulement une connaissance théorique des différentes approches utilisées en psychothérapie, ainsi qu’une formation épistémologique permettant de situer les diverses approches psychothérapiques dans leurs fondements conceptuels, leur contexte historique et leurs présupposés philosophiques, ainsi qu’une expérience pratique dans au moins deux approches distinctes. On entend dans ces principales approches (psychothérapies d’inspiration psychanalytique, cognitivo-comportementales, systémiques, humanistes, les techniques de relaxation, qu’elles soient individuelles, groupales, ou institutionnelles). Une présentation de différentes structures et institutions d'accueil des personnes souffrant de troubles psychopathologiques ainsi que les conditions juridiques de leur fonctionnement. Une sensibilisation à l’éthique.

Article 3 : Le terrain de stage professionnel, d'une durée minimale de 5 mois, s’effectue à temps plein ou équivalent. Il est accompli de façon continue ou par périodes fractionnées. Le terrain stage est proposé soit par l'étudiant, soit par l'équipe enseignante de la formation il est choisi dans un établissement public ou privé…. Il est agréé, y compris dans ses modalités d'encadrement par le responsable de la formation. Le terrain de stage ne peut être le lieu de travail de la personne en formation. Le stage est placé sous la responsabilité conjointe d'un psychothérapeute praticien qui n'appartient pas à l’équipe de formation, titulaire du titre de psychothérapeute, exerçant depuis au moins 3 ans, et d'un maître de stage qui est un des enseignants de l’équipe de formation. Le stage donne lieu à un rapport sur l'expérience professionnelle acquise soutenu devant les responsables du stage mentionnés au 2ème alinéa et un responsable de la formation.

Article 4 : Pour être inscrit dans une formation donnant accès au titre de psychothérapeute le candidat doit justifier d’une formation de niveau licence, ou d’une des validations prévues aux articles L613-3, L613-4 et L613-5 du code de l’éducation.

Article 5 : La liste des formations répondant au contenu défini à l’article 2 visé ci-dessus, est arrêtée après avis de l’agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES), à la suite d’une évaluation périodique, par les ministres chargés de l’enseignement supérieur et de la santé.

Article 6 : Le ministre chargé de l’enseignement supérieur procède périodiquement à un appel à candidatures pour les formations prévues à l’article 2 du présent arrêté. Les dossiers de demandes soumis à l’évaluation comprennent notamment, le descriptif de la formation théorique et pratique délivrée, les conditions d’accès à cette formation et la composition de la commission d’examen des demandes d’inscription, le descriptif du corps enseignant (effectifs, qualité, qualification) les activités et l’adossement à la recherche de l’équipe responsable de la formation, les conditions de validation de la formation, ainsi que la composition du jury de la commission chargée de cette validation.

Article 7 : Les dispenses de formation auxquelles les professionnels visés à l’alinéa 3 de l’article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 peuvent prétendre sont fixées conformément au tableau joint en annexe au présent arrêté. Les professionnels peuvent outre ces dispenses obtenir sur la base de leur parcours personnel, des dispenses complémentaires auprès de la commission instituée au II de l’article 8 du décret n° du La commission statue sur la base d’un dossier précisant l’établissement, le contenu et la durée de formation en psychopathologie clinique.

Article 8 : Le Directeur général de l’enseignement supérieur et la directrice de l’hospitalisation et de l’organisation des soins sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l’exécution du présent arrêté qui sera publié au Journal officiel de la République française. 

   


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