Les études et l'échec, introduction

Section : articles, Catégorie : psychologie du developpement

Proposé par Yoann, le 13-01-2008



L'échec dans les études et la scolarisationLes études et la scolarisation sont des enjeux majeurs de la psychologie de l'éducation. L'échec et la peur qu'il provoque sont au centre d'intérêt de nombreuses études et ont fait l'objet d'une théorisation mettant en jeu plusieurs disciplines de la clinique psychologique.

1. Historique de l’échec :

Au lieu de parler de l’échec, au sens pathologique, nous pouvons avoir une approche différente et penser qu’il s’agit d’un écart séparant le but imaginé de sa réalisation, mais aussi que le problème peut être une insatisfaction. Une insatisfaction qui conduit à la dépression, à l’abandon, ou à des conduites pathologiques.

Laforgue postule qu’en cas de succès l’être réagit comme s’il avait besoin de se faire punir de sa réussite. Freud et Laforgue font jouer un rôle essentiel au sur-moi, insistant sur le rôle pathogène du sur-moi des parents.

  • Freud soumet l’idée que l’échec n’est pas dû au hasard, mais à un conflit inconscient.

Il y a deux types d’échec, métaphysique et névrotique. L’échec métaphysique est étudié par le philosophe et l’échec névrotique est inconscient et méconnu par le sujet.

L’échec de la réussite selon Freud :

Le succès est assimilé à la réalisation des désirs oedipiens. On assiste à l’extension de la défense devant tout ce qui peut signifier réussite pour l’inconscient. Ce n’est plus tel succès précis, investi et désiré consciemment, qui exige punition et annulation en raison de sa signification inconsciente, c’est n’importe quel événement extérieur qui en tant que réussite, éveille l’angoisse inconsciente. Toute satisfaction consciente est assimilée à l’événement initial, cause déclenchante de la névrose d’échec. La névrose d’échec est donc liée au complexe d’Oedipe.

2. L’échec et le cursus universitaire

L’investissement et le sens inconscient du succès ne sont pas proportionnels à la difficulté de l’examen en lui-même ou aux débouchés qu’il offre.

Qu’il s’agisse d’examens ou  de concours, le diagnostic d’échec névrotique sera d’autant plus difficile à porter que le sujet se situe en cours de scolarité dans la moyenne des candidats reçus.

Seul un contact approfondi, une relation poursuivie sur une longue période (plusieurs mois), permettront de faire la preuve que les mauvais résultats scolaires sont liés aux difficultés névrotiques de la personnalité, l’échec n’apparaissant ici que comme l’un des symptômes. Dans d’autres cas l’échec est à rapporter à une attitude de dénégation psychotique de la réalité. L’échec névrotique remplit sa fonction, évite le succès et les conséquences inconscientes de celui-ci. Son caractère pathologique n’apparaîtra bien souvent que plus tard dans l’existence, à propos d’un entretien motivé par d’autres troubles. L’échec constitue la punition, l’autocastration préventive qui à ce prix permettra les succès ultérieurs.

2.1.  Les échecs répétés 

Particulièrement chez l’étudiant, ils attirent l’attention et amènent à consulter, surtout quand ils tranchent avec les résultats antérieurs.

L’échec itératif peut donc se reproduire dans des circonstances identiques (le même examen) ou proches (la situation d’examen). L’échec se renouvelle donc de la même façon à chaque tentative ; les études peuvent être abandonnées et selon le sens, attribué au cursus universitaire. Le comportement d’échec peut s’éteindre plus ou moins définitivement si la vie professionnelle active ne reproduit pas des circonstances extérieures investies comme les épreuves universitaires.

2.2. Le refus par peur de l’échec 

La crainte d’échouer et la fascination consciente exercée par la peur en relation avec le désir inconscient conditionnent l’échec. Tout sera mis en œuvre pour tenter d’échapper à la confrontation.

L’angoisse de la réussite peut nécessiter un besoin d’échec qui ne peut se sceller que dans la mort. Les troubles sont destinés à éviter l’épreuve ou à la compromettre au moyen de manifestations psychologiques ou somatiques parfois sévères. Le plus souvent simple anxiété modérée, panique, impossibilité de concentration, crise d’angoisse…

2.3. L’échec phobique 

L’échec peut traduire un évitement systématique du succès. Il ne s’agit pas d’une recherche de l’échec pour lui-même, mais d’éviter l’angoisse que provoque la menace de la réussite, celle-ci symbolisant la réalisation des désirs inconscients. La phobie de l’examen, des cours, etc… illustre l’extension du mécanisme d’évitement du succès, consciemment désiré, inconsciemment éludé en fonction de ses significations.                

Dans certaines structures phobiques le succès est redouté comme imposant la contrainte insupportable d’un engagement irrévocable de l’existence. Le sujet craint à partir du succès de se sentir obligé de poursuivre, prisonnier d’une activité définitive, dans l’impossibilité de s’échapper ou de changer ; il éprouve une angoisse d’ordre claustrophobique.

On pourrait également mentionner un certain mode de névrose d’échec que l’on rencontre de façon privilégiée chez les étudiants qui sont amenés du fait même de leurs études, à poursuivre celles-ci pendant de longues années. Ainsi la thèse peut être indéfiniment préparée, en raison du refus inconscient d’accéder au statut d’adulte grâce à cet ultime rite de passage.

Cours suivant : Contexte Psychopathologique de l'Echec

   


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