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Category >> langage

oct. 11
2008

Langage et surdité : deux feedbacks pour la production de la parole

Ecrit par Stephane dans surditéneuroscienceslangage

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On sait depuis longtemps que l'écoute et la parole sont intimement liées, le pouvoir de s'entendre parler, permettant par rétroaction d'affiner notre production de parole. Cela explique que des patients devenant sourds perdent l'usage de la parole. Pourtant, cette perte est progressive, et dure même dans certains cas, de nombreuses années. On pouvait croire que la parole étaient une habitude, sans réellement comprendre comment des personnes devenues sourdes, conservaient aussi longtemps la faculté de parler intelligiblement.

Une étude publiée le mois dernier dans Nature Neuroscience, apporte une explication nouvelle : le feedback de la parole, permettant d'avoir une idée de ce que l'on dit, n'est pas seulement pris en charge par l'audition, mais également par un complexe mélange de sensations provenant des organes producteurs de la parole.

Pour le montrer, David Ostry et Sazzad Nasir de l'Université McGill au Canada, ont réalisé une expérience d'apprentissage moteur de la parole chez 5 sujets devenus sourds profonds une fois adultes et 6 autres sans problèmes d'audition, d'âge comparable.

Les personnes sourdes étaient porteuses d'un implant cochléaire mais le dispositif avait été mis hors circuit pour l'expérience.

Les participants devaient émettre de courtes syllabes alors que le mouvement de leurs mâchoires était légèrement contrarié par un appareillage, provoquant tout d'abord une déformation des sons. Mais après des centaines de répétitions, les participants étaient capables d'adapter leurs mouvements pour corriger ces erreurs, sourds et entendants montrant la même faculté d'adaptation.

Selon les chercheurs, ces travaux montrent que la production de la parole est à la fois reliée à l'audition et à des récepteurs des muscles, de la peau, et des tissus mous du conduit vocal, qui gardent en mémoire des sensations.

Cette expérience apporte de nouvelles informations quant à l'apprentissage de la parole : lorsque l'on apprend à parler, non seulement notre audition, mais également le système proprioceptif, interviennent pour nous permettre d'adapter notre production de parole. Devenir muet pourrait donc provenir de la défaillance d'un des deux systèmes seulement, comme c'est le cas lors de surdité. L'autre système étant toujours viable, cette expérimentation pose les bases de nouvelles formes de thérapies du langage basées sur l'amélioration du système proprioceptif, afin de permettre aux patients sourds de conserver la faculté de parler. Elle permet également de comprendre un peu mieux les mécanismes qui sous-tendent la production de la parole.

Source : communiqué AFP

avril 10
2008

On ne voit que ce que l'on dit!

Ecrit par Claire Langier dans visionnewsneurophysiologielangage

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L'idée selon laquelle le langage pourrait influencer la pensée et la perception remonte aux années 50 : Benjamin lee Whorf, dans son livre "Langage, pensée et réalité" (1956) lançait la voie sur laquelle furent menées de nombreuses recherches à propos de cette hypothèse surnommée tout simplement par la suite, l'hypothèse Whorfienne. Peu de résultats probants ont toutefois été émis en faveur ou contre cette hypothèse.

Une observation pourtant avait porté ses fruits : l'une des tribus d'Amazonie, les Pirahãs, ne possède pas de mots pour désigner précisément des nombres supérieurs à 2. Vraisemblablement en conséquence, leur habileté à conceptualiser des nombres précis supérieurs était quasi nulle... Bien que cette observation fut évocatrice, il n y avait pas jusqu'à maitenant de résultats basés sur l'observation neurophysiologique.

Dans une série d'expériences visant à tester cette hypothèse, des chercheurs de l'Université de Hong Kong ont étudié les relations entre langage et perception des couleurs, à l'aide de techniques de neuro-imagerie. Ils ont dans un premier temps pu montrer que les régions langagières sont sollicitées lors de la perception des couleurs...

Dans l'une de ces expériences, on demandait à 70 sujets de décider si deux carrés qu'on leur présentait étaient de la même couleur. Parfois les carrés étaient remplis d'une couleur facile à déterminer du point de vue du langage (jaune versus vert, bleu versus rouge, etc...), d'autres, beaucoup plus difficilement exprimables par le langage (vert kaki-marron tout bizarre versus vert brun-vaseux tout étrange. Vous imaginez? non? c'est bien que c'est difficile à se représenter...)

Les résultats en neuro-imagerie montrent que quelle que soit la couleur, les aires visuelles déjà ultra-connues sont activées. Cependant, les couleurs faciles a nommer suractivent deux autres zones cérébrales beaucoup plus que ne le font les couleurs difficiles à nommer, deux zones liées à la recherche de mots et donc au langage. Bien que cela semble évident à postériori, ça n'avait pas encore été démontré via neuro-imagerie. 

Tan  Li-Hai, professeur de linguistique à l'Université de Hong Kong, estime qu'il s'agit là d'un indice concluant en faveur de l'hypothèse Whorfienne. De nombreux philosophes s'étaient d'ores et déjà penchés sur les limites à la pensée qu'impose notre langage et le vocabulaire qui le compose. Cet état de fait se retrouve pour la discrimination perceptive de nombreux aspects. Par exemple, les peuples du Gröenland ont de nombreux mots pour désigner la neige : craqueleuse, sèche et en cristaux fin, etc, etc... Ils sont ainsi capables de percevoir directement des nuances que des habitants de climats tempérés distinguent difficilement...

Et s'il en est ainsi de la perception, qui fonde les processus de construction de la pensée, alors, il est tout à fait envisageable d'en déduire que la pensée est modelée, du moins nettement influencée, par notre langage, ce que d'aucuns ont bien remarqué depuis fort longtemps dans la sphère psychanalytique.

Source: Li Hai Tan, Alice H.D. Chan, Paul Kay, Pek-Lan Khong, Lawrence K.C. Yip, and Kang-kwong Luke, "Language affects patterns of brain activation associated with perceptual decision".  Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), Mars 2008.

Université de Hong Kong.


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