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mars 09
2009

La semaine du cerveau ; Lyon

Ecrit par Stephane dans neurosciencescerveau

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La Société des Neurosciences et l'Institut Fédératif des Neurosciences de Lyon (IFNL) organisent du 16 au 22 mars, à Lyon, une série d'animations (ateliers, expositions, conférences) afin de sensibiliser le grand public à l'importance de la recherche en neurosciences. C'est l'occasion d'y parler du Neurodon , organisation ayant pour but de collecter les dons qui serviront entre autre à la recherche sur les maladies neurologiques. Cette année, la semaine du cerveau est centrée sur le thème de la maladie d'Alzheimer.

Un site enthousiasmant a été construit pour l'évènement : http://www.semaineducerveau.fr/

janv. 26
2009

Comportements et communication des animaux de compagnie

Ecrit par Stephane dans psychologie animaleéthologiecommunication

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Trouvé au hasard de lectures à propos d'éthologie et de comportement animal, cet excellent site tenu par un vétérinaire comportementaliste s'est révélé très bien fourni en renseignements utiles quant à la cognition, la communication ou les comportements des animaux, principalement les animaux de compagnie. Bien qu'encore en construction, Vetopsy présente dors et déjà plusieurs articles très intéressants et bien documentés. Autre caractéristique, l'approche comportementale, au sens béhavioriste, et systémique : le web fourmille d'avis divers et d'articles assez subjectifs, concernant les animaux de compagnie, mais il existe somme toute, assez peu d'information rigoureuse sur le sujet, aussi cette ambition de Vetopsy à fournir ce type d'information méritait d'être soulignée.

Vous pourrez par exemple y découvrir les différences et nuances des diverses approches étudiant le comportement animal, ou apprendre comment votre compagnon domestiqué communique.

déc. 29
2008

Journée d'étude K-ABC-II

Ecrit par Stephane dans Pratique clinique

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Les éditions du Centre de Psychologie Appliquée organisent le 19 janvier une journée d'étude à Lyon pour présenter la deuxème édition du test K-ABC, ré-étalonnée et ré-augmentée. L'utilisation de cette batterie pour l'examen psychologique de l'enfant est conseillée de 3 à 13 ans environ.

Selon l'Ecpa :

De par ses échelles complémentaires et ses bases théoriques plus développées, le K-ABC II apporte bien plus qu’un simple nouvel étalonnage au K-ABC.

• Le K-ABC II s’appuie sur un important élargissement des fondements théoriques.
En plus de l’évaluation des processus séquentiels et simultanés, le K-ABC II permet l’évaluation de toutes les composantes du modèle de Luria. Cette nouvelle version comprend, en effet, une mesure des capacités d’apprentissage et une mesure de planification. Par ailleurs, une seconde référence théorique est proposée : le modèle CHC qui combine le modèle multifactoriel de Cattel-Horn et le modèle hiérarchique de l’intelligence de Carroll. Cinq grands facteurs de ce modèle sont évalués dans le K-ABC II. Le psychologue peut donc choisir son modèle de référence, en fonction de sa sensibilité et des objectifs de l'examen psychologique.

• Le K-ABC II propose une échelle non verbale renforcée.
Composée de subtests dont les consignes, ainsi que les réponses, peuvent être données par gestes, elle permet l’évaluation du fonctionnement intellectuel des enfants malentendants, des enfants présentant des difficultés plus ou moins sévères de langage et des enfants non francophones, par exemple.

• Dans le K-ABC II, la validité des épreuves a été améliorée. Cela se traduit par la suppression ou la modification d’anciennes épreuves et l’introduction de nombreuses tâches. [...] Plus d'information et fiche d'inscription sur le site de l'Ecpa
nov. 20
2008

Stats du site

Ecrit par Stephane dans Untagged 

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Depuis bientôt 11 mois, Psychoweb et la communauté qui s'est forgée autour de ce projet, ont permis plus de 300.000 lectures. Chaque jour, de nouvelles inscriptions suggèrent que ce site répond à un réel besoin d'information et que la communauté poursuit son oeuvre avec légitimité. De nombreux collaborateurs se sont investis en temps pour apporter des réponses et des informations aux visiteurs, tandis qu'en fond, une équipe soudée et dynamique travaille à rendre accessible ce que chacun souhaite partager. Ce n'est pas du temps perdu : ce mois-ci, Psychoweb a dépassé la barre des 20 000 visites par mois, montrant ainsi l'utilité de ce projet. Le site bénéficie désormais d'une forte audience et d'un bon impact, sur d'autres sites d'information, sur d'autres plateformes...

Une constante progression qui nous encourage à continuer sur la lancée, et que l'on doit à tous les auteurs et réguliers, qui travaillent avec conviction en communauté afin d'élaborer et améliorer cet espace d'information, de savoir, de partage, de discussion et de détente. Grâce également, à tous les nouveaux arrivants qui s'intègrent et voient en ce projet un potentiel énorme tant du point de vue informatif que communicatif, pour les psychologues, professeurs, étudiants, mais également professionnels d'autres disciplines telles que médecine, orthophonie, biologie... De nombreux projets ont pu être initiés grâce aux acteurs de Psychoweb, tels que de nouveaux sites personnels d'enseignants et professionnels, de nouveaux outils de recherche, de suivi de l'actualité, de partage de documents...

Pour la transparence du site aux visiteurs et à ceux qui s'investissent activement à son amélioration, voici les statistiques pour ce mois et depuis le début du projet.

statistiques pour le mois en cours

Statistiques pour le mois en cours

statistiques depuis le début du projet

Statistiques depuis le début du projet

Souhaitons que la progression se poursuive avec l'arrivée de nouveaux acteurs dynamiques!

oct. 22
2008

Un résumé de la critique du déterminisme freudien.

Ecrit par vdrpatrice dans Untagged 

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Introduction. Pour comprendre la position freudienne sur le déterminisme :

 

Comme pour la plupart des critiques d'une autre nature, comme par exemple les critiques historiques, les propos de Freud sont d'une importance capitale pour comprendre sa pensée et en restituer l'essentiel, en les replaçant dans leur contexte.

Au sujet des positions de Freud sur le déterminisme, le nombre et le contenu même des citations révélant les options sans équivoque de Freud, a pour objectif de démontrer à quel point il tenait à cette version du déterminisme qu'il défendra avec âpreté jusqu'à la fin de sa vie. (Sur ce point précis, Frank Sulloway, écrit dans « Freud biologiste de l'Esprit », Fayard, p. 87 : « Dans le travail scientifique auquel il consacra toute sa vie, Freud se caractérise par une foi inébranlable dans l'idée que tous les phénomènes de la vie, y compris ceux de la vie psychique, sont déterminés selon des règles inéluctables par le principe de la cause et de l'effet. (...) Qui plus est, que les réponses du patient fussent vérité ou fantasme, elles étaient toujours déterminées psychiquement, comme Freud l'expliquait devant la Société de psychanalyse de Vienne en 1910. »).

Les citations que l'on trouvera dans le présent article s'inscrivent directement dans ce contexte du déterminisme puisqu'elles sont tirées, pour la plupart d'entre elles du chapitre 12 de la « Psychopathologie de la vie quotidienne » (c'est-à-dire le dernier du livre) qui s'intitule : « Déterminisme, croyance au hasard et superstition ». Qui plus est, Freud introduit ce chapitre fondamental par les propos suivants :

Freud, dans « Psychopathologie de la vie quotidienne », Paris, P.U.F., 1980, Chapitre 12, p.257 :

« La conclusion générale qui se dégage des considérations particulières développées dans les chapitres précédents peut être formulée ainsi : certaines insuffisances de notre fonctionnement psychique [...] et certains actes en apparence non-intentionnels se révèlent, lorsqu'on les livre à l'examen psychanalytique, comme parfaitement déterminés par des raisons qui échappent à la conscience. »

On remarque ici que Freud parle de « certaines » insuffisances et actes, donc, à priori, pas « toutes » les insuffisances et actes. L'on pourrait croire, par conséquent, que le postulat célèbre du déterminisme psychique absolu ne s'appliquerait que dans certains cas concernant la causalité psychique et non dans tous les cas. Autrement dit que l'individu n'est pas, selon Freud, entièrement soumis au principe du déterminisme qu'il propose. Mais après la lecture des diverses citations qui vont suivre, aussi et surtout de l'avis même d'un psychanalyste de renom, en la personne de Pierre-Henri Castel, l'on s'apercevra qu'il n'en est rien, considérant le fait que toute la thérapie psychanalytique ne s'intéresse qu'au psychique qui s'exprimerait par le biais des « associations libres » du patient...

 

1. Une grille de lecture : la critique du « déterminisme scientifique » de Karl Popper :

1.1. La définition de Karl Popper :

Dans son livre « L'univers irrésolu, plaidoyer pour l'indéterminisme », Karl Popper, démontre, l'impossibilité pour toute forme de déterminisme absolu et aprioriste (prima faciae), qu'il nomme « déterminisme scientifique », d'avoir une quelconque valeur explicative, descriptive, et prédictive. Pour Popper, cette forme de déterminisme, n'est absolument d'aucune utilité pour la science car elle ne peut avoir strictement aucune valeur explicative. Voici comment Popper définit le déterminisme aprioriste et absolu dans ce même livre, Pages 25 et 27 : « On peut décrire ce que j'appelle le caractère prima faciae déterministe de la physique classique le plus aisément en prenant appui sur le Démon de Laplace. (...) Laplace introduit (...) la fiction d'une intelligence surhumaine, capable de déterminer l'ensemble complet des conditions initiales du système du monde à un instant donné, quel qu'il soit. A condition de connaître ces conditions initiales, ainsi que les lois de la nature (les équations de la mécanique), le Démon serait en mesure, selon Laplace, de déduire tous les états futurs du monde. A condition, par conséquent, que les lois de la nature soient connues, le futur du monde serait implicite dans chaque instant de son passé. La vérité du déterminisme serait donc établie. (...) J'introduis cette désignation afin de caractériser certains aspects de la théorie de Newton, de Maxwell, ou d'Einstein, par opposition à d'autres théories connues comme la thermodynamique, la mécanique statistique, la théorie quantique, et peut-être aussi la théorie des gènes. Je suggère la définition suivante : Une théorie physique est prima faciae déterministe si et seulement si elle permet de déduire, à partir d'une description mathématiquement exacte de l'état initial d'un système physique fermé décrit dans les termes de la théorie, la description, avec n'importe quel degré fini de précision stipulé, de tout état futur du système. Cette définition ne requiert pas des prédictions mathématiquement exactes, mêmes si les conditions initiales sont supposées être absolument exactes. »

On remarque donc que lorsque Popper parle du caractère « prima faciae » que peut revêtir le déterminisme qu'il définit (qui est en fait la version la plus forte du déterminisme, qu'il nomme « scientifique » et qu'il va totalement invalider), il explique que cet apriorisme dépend uniquement (« si et seulement si... ») de conditions initiales mathématiquement exactes, lesquelles permettraient, comme il l'écrit, une « description mathématiquement exacte de l'état initial d'un système physique fermé décrit dans les termes de la théorie ». Ceci nous semble tout à fait comparable à ce qu'écrivait Freud à propos du déterminisme psychique, excluant tout hasard et tout non-sens. Il est donc parfaitement clair que pour Popper, toute forme de déterminisme qui exclurait le hasard (comme le fait explicitement Freud), en revendiquant des conditions initiales mathématiquement exactes (ce qui revient au même), est forcément « prima faciae », c'est-à-dire aprioriste.

Si donc il était possible de détenir une théorie permettant la réalisation de tels projets déterministes de prédiction, elle ne pourrait que trouver partout des confirmations de ce qu'elle dit, et jamais des réfutations, puisqu'il lui serait impossible d'échouer aussi faiblement que ce soit dans un quelconque projet de prédiction qu'elle pourrait tenter. Par conséquent, il serait totalement inutile d'avoir recours à la moindre expérience pour tenter de la corroborer puisque elle serait capable de contenir, à elle seule, tout le savoir ultérieur. Si l'on tient compte maintenant de l'affirmation de Freud selon laquelle, tous les individus, qu'ils soient névrosés ou normaux, sont soumis à la règle stricte d'un inconscient psychique lui-même fondé sur un déterminisme qui exclut tout hasard et tout non-sens, alors, effectivement, c'est dans l'histoire passée de chaque individu, que se trouveraient les causes strictes, et absolues, qui ne devraient rien au hasard, de tous ses comportements présents, ainsi que de toute son activité psychique. En paraphrasant Popper, (le présent) et le futur de toute personne serait donc implicite dans chaque instant de son passé. Comme l'affirmait aussi Freud, « le moi n'est pas le maître en sa maison ».

L'un des arguments critiques essentiels de Karl Popper contre le « déterminisme scientifique » réside dans la démonstration magistrale du philosophe que tout projet de prédiction qui voudrait respecter, à la lettre, les injonctions d'un tel déterminisme, devrait se soumettre à ce qu'il nomme, « le principe de responsabilité renforcé ». Selon ce principe, un projet de prédiction qui serait régit par le « déterminisme scientifique », doit pouvoir rendre compte, avant la réalisation de la prédiction, ne n'importe quel degré de précision dans les mesures possibles à partir desquelles peuvent se calculer les conditions initiales de la prédiction. Ceci, afin de priver le prédicteur du droit de plaider que si son projet échoue, c'était parce que les conditions initiales « n'étaient pas suffisamment précises ». Mais, remarque Popper, il est impossible de calculer apriori, un degré infinitésimal de précision dans une mesure, sachant qu'il est tout aussi impossible de mettre deux points parfaitement en coïncidence dans le monde empirique. Personne ne peut calculer, apriori, l'infinitésimal.

Dans « La logique de la découverte scientifique », Popper écrit : « L'on dit souvent que tout mesure consiste à déterminer des coïncidences de points. Mais toute détermination de ce type ne peut être exacte que dans certaines limites. Il n'y a pas de coïncidences de points au sens strict. Deux points physiques, peuvent au mieux être étroitement rapprochés. Ils ne peuvent coïncider, c'est-à-dire se fondre en un point. » (« La logique de la découverte scientifique ». Section 37 : Domaines logiques. Notes sur la théorie de la mesure. Page 125).

1.2. Le déterminisme et les buts de toute science :

L'un des plus importants aspects critiques, de nature épistémologique, basé sur les thèses de Karl Popper, concerne donc la question fondamentale du déterminisme. En effet, comme l'explique Popper, dans « La logique de la découverte scientifique » la démarche scientifique, vise à la corroboration de lois universelles dont le but est de permettre la prédiction, l'explication, ou la description des phénomènes qu'elle se donne comme objets d'étude. Tout cela dans le but d'édifier des classifications sans lesquelles le monde resterait inconnaissable puisqu'en permettant de discriminer les objets et les phénomènes ainsi que les lois qui les régissent, les classifications scientifiques permettent aussi de les reconnaître et donc aussi de les connaître.

 

2. Différentes versions du déterminisme et leur utilité respective pour la découverte scientifique :

En conséquence, la science vise donc à l'édification de lois précises, ou causales (donc déterministes) ou de lois fréquentistes (Popper explique que ces deux types de recherche ne sont nullement incompatibles. Voir Popper, in « La logique de la découverte scientifique », chapitre 9, section 78, « métaphysique indéterministe »). Il en résulte que toute doctrine, tout corpus théorique prétendant à la scientificité (comme la psychanalyse) se doit de se positionner clairement par rapport à la question du déterminisme, dans la présentation de ses engagements ontologiques (ce que les scientifiques considèrent comme réel, et donc ce sur quoi doit porter l'effort de recherche).

Il faut donc rappeler que, d'un point de vue général l'idée philosophique du déterminisme affirme qu'il n'y a pas de phénomène sans cause, ou que tout effet à une cause, c'est-à-dire que tout effet est « régit » par une loi causale plus ou moins précise, conception qui s'oppose aux lois probabilistes de la mécanique quantique.

2.1. Déterminisme aprioriste (prima faciae) et déterminisme après-coup (post faciae) :

Ensuite, on peut distinguer deux catégories :

Un déterminisme aprioriste (prima faciae ou avant tout test ou tout recours à l'expérience) et un déterminisme après-coup (post faciae ou après tout test ou recours à l'expérience). En quoi consistent-ils ? Que peuvent-ils signifier, concrètement, pour un usage scientifique (ou non) ? Que « disent-ils » ? Nous considérons que le déterminisme prima faciae dit ceci : « cet objet qui se présente directement sous nos yeux, est déterminé par telle(s) cause(s) ». On affirme donc une connaissance apriori de l'objet. Mais, en reprenant la célèbre formule de Kant (« nous ne connaissons apriori des choses que ce que nous y mettons nous-mêmes »), nous nous rendons compte que les tests sont nécessaires, ainsi que le démontra Karl Popper, critique de l'apriorisme kantien. Ceci nous amène logiquement à définir le déterminisme post faciae (après-coup) qui nous dit donc ceci : « après les tests que nous venons d'effectuer, nous constatons que cet objet est déterminé par telle(s) loi(s) universelle(s) corroborée(s), que nous supposions, prima faciae, mais que nous venons de mettre à l'épreuve ».

2.1.2. Déterminisme prima faciae absolu :

Une fois ces deux distinctions effectuées entre déterminisme prima faciae et déterminisme post faciae, l'on peut encore identifier deux autres distinctions pour chacune des précédentes. On aurait, d'une part, un déterminisme prima faciae absolu, et le même déterminisme dans une version relative, et, d'autre part, un déterminisme post-faciae absolu, et ce même déterminisme dans sa version relative.

Commençons par le déterminisme prima faciae et absolu (celui de Freud en est l'exemple type). Il signifierait ceci : « notre connaissance apriori de l'objet est absolue et exclut toute forme de hasard. Par conséquent elle exclut, apriori tout risque d'être contredite par les faits, y compris ceux du hasard. Nous n'avons donc pas besoin de tests ultérieurs pour augmenter notre connaissance laquelle sera donc toujours confirmée par les faits ». D'où peut-être, la célèbre réponse de Freud à Saul Rosenzweig : « la profusion d'observations fiables sur lesquelles reposent ces assertions psychanalytiques les rendent indépendantes de toute vérification expérimentale ». (Lettre de Freud à Rosenzweig). On trouve un autre exemple illustratif chez Henri Atlan. Il écrit dans son livre « La science est-elle inhumaine » : « Dès que l'on peut prédire un événement futur par une loi, cet événement existe en quelque sorte déjà dans la connaissance qu'on en a et le futur d'apportera rien de plus ». Cette forme de déterminisme est la plus radicale, elle correspond à ce que Popper nomme « déterminisme scientifique » dans son livre « L'univers irrésolu, plaidoyer pour l'indéterminisme », et, comme il le démontre, elle n'est absolument d'aucune utilité pour la science, puisqu'elle ne peut donner lieu à la réussite d'aucun projet de prédiction, d'explication ou de description qui soit falsifiable. Il nous paraît indiscutable que la psychanalyse toute entière s'inscrit indissociablement dans cette forme de déterminisme, selon les propres termes de Freud, et qu'elle n'est donc qu'un apriorisme.

2.1.3. Déterminisme prima faciae relatif :

Le déterminisme prima faciae et relatif, pourrait signifier ceci : « cet objet qui se présente devant nos yeux et que nous nommons, est sans doute déterminé par telle(s) loi(s) causale(s). Des tests seront nécessaires à notre verdict ». Cette forme de déterminisme est indispensable pour la science, parce qu'aucune recherche ne peut démarrer sans la formulation d'hypothèses. Aucune hypothèse ne peut naître sans tentative de description sélective apriori. Et aucune description sélective n'est possible sans la possession apriori de termes et d'énoncés universels au sens strict, donc d'un savoir acquis déjà corroboré par des tests précédents, ou alors orientée par une conjecture purement métaphysique (d'où la notion de préscience de Karl Popper). Sans l'usage de cette forme de déterminisme, aucune recherche scientifique ne peut débuter. C'est ce que Karl Popper n'a eu de cesse de démontrer dans toute son œuvre épistémologique. Personne ne peut reprocher à Freud d'avoir formulé des conjectures, y compris des conjectures métaphysiques. Ce n'est pas Popper, en tout cas qui lui en aurait fait le reproche, mais plutôt les positivistes du Cercle de Vienne, dont le projet avéré était d'éliminer complètement et dès le départ, tout énoncé métaphysique de la Science. Dans son livre « Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance », Popper, qui fut « l'opposition officielle » aux thèses du Cercle de Vienne (sans jamais être adepte du positivisme logique, mais au contraire, s'accusant, dans « La Quête inachevée » d'avoir « tué le positivisme »), est bien entendu d'accord sur le fait que les énoncés métaphysiques doivent progressivement être éliminés de la Science, puisque son critère de démarcation est justement un critère, comme il le précise, entre science et métaphysique, et qu'il considère que les énoncés infalsifiables sont métaphysiques (comme les tautologies ou les énoncés existentiels au sens strict). Mais il démontre que la plupart des sciences prétendument « exactes » comme la Physique, ont toutes débuté à partir de conjectures métaphysiques, qui, grâce au rationalisme critique, ont pu être reformulées en hypothèses falsifiables puis se prêtant à des tests empiriques, indépendants, et intersubjectifs. Le reproche que l'on doit faire à Freud est donc d'avoir pris une position sur le déterminisme qui fut totalement métaphysique, pour une position capable d'avoir des conséquences empiriques, et aussi, une valeur scientifique.

2.1.4. Déterminisme post faciae absolu :

Le déterminisme post faciae et absolu pourrait signifier ce qui suit : « Les recherches que nous venons d'effectuer démontrent que nous venons d'achever notre quête de la vérité certaine sur la connaissance de cet objet. Nous sommes donc sûrs et certains des lois qui déterminent le comportement de cet objet, lesquelles excluent toute forme de hasard donc d'imprécision possible dans la mesure ». Nous citerons encore une fois Henri Atlan pour illustrer cette version du déterminisme post faciae et absolu : « (...), en ce sens, la biologie semble achever cette conquête du déterminisme absolu et, par conséquent, éliminer complètement la réalité de notre expérience de libre choix efficiente ». Cette forme de déterminisme est logiquement impossible à atteindre, contrairement à ce que croit Henri Atlan. Parce que les théories scientifiques sont obligatoirement des énoncés universels au sens strict, donc des énoncés toujours potentiellement réfutables, donc incertains et imparfaitement déterminés. Popper, en distinguant formellement la Vérité certaine, et la Vérité relative, identifiant cette dernière à la corroboration, ou aux degrés de corroboration des théories scientifiques (donc à leurs degrés de falsifiabilité) a bien montré que les scientifiques avaient toujours besoin d'une idée métaphysique de la Vérité certaine, car ce qui pousse les hommes à toujours imaginer de nouveaux tests, c'est justement cette insatisfaction permanente, logique et naturelle, en face de l'imperfection et la faillibilité logique de tous les résultats authentiquement scientifiques. Mais les théories scientifiques sont « fausses » si on les compare à la Vérité certaine. Les théories scientifiques qui se présentent comme « vraies » par rapport à cette vérité, parce qu'elles seraient soutenues par un déterminisme strict, ne sont pas scientifiques, et n'ont donc aucun pouvoir d'explication sur le monde. Les hommes doivent donc se contenter de la corroboration, qui n'est que le degré d'assujettissement de leurs théories universelles à des tests. Freud n'a jamais échafaudé le moindre test qui respecte strictement toutes les exigences de la logique de la découverte scientifique, même si certains déclarent dernièrement que Freud aurait soi-disant été « plus poppérien que Popper » (Laplanche).

On peut imaginer une deuxième forme de déterminisme post faciae et absolu qui dirait ceci : « comme les lois universelles que nous venons de corroborer lesquelles donnent une explication et une description sur les déterminants de cet objet, ne peuvent être logiquement certaines, et comme nous recherchons des explications et des descriptions toujours meilleures, parce toujours plus précises et s'accordant mieux avec les faits, la vérité certaine ne peut être qu'un guide, une inaccessible étoile ». Une citation de Karl Popper l'illustre parfaitement : « La science ne poursuit jamais l'objectif illusoire de rendre ses réponses définitives ou même probables. Elle s'achemine plutôt vers le but infini encore qu'accessible de toujours découvrir des problèmes nouveaux, plus profonds et plus généraux, et de soumettre ses réponses, toujours provisoires, à des tests toujours renouvelés et toujours affinés ». Ce déterminisme post faciae et absolu est indispensable pour la découverte scientifique. L'exemple des mutations génétiques en est la preuve. En effet, certaines théories constitutives de vaccins, et qui semblent bien établies (corroborées), peuvent toujours être réfutées par des mutations génétiques lesquelles nécessiteraient leur reformulation.

2.1.5. Déterminisme post faciae relatif :

Cette dernière forme de déterminisme que nous identifions pourrait dire ceci : « les tests que nous venons d'effectuer nous renseignent sur les déterminants de notre objet de recherche. Mais comme tous les tests sont relatifs et ne peuvent être absolus, et comme toute loi universelle est logiquement réfutable, il nous faudra de nouveaux tests pour nous approcher, au mieux, de la vérité certaine sans jamais pouvoir l'atteindre ». En somme ce déterminisme représente, ni plus ni moins que les résultats fournis par les tests scientifiques. Concrètement, il représente donc l'ensemble des occurrences logiquement interdites par une théorie, ou, pour reprendre la terminologie de Popper, l'ensemble des énoncés de base ou « falsificateurs virtuels » de la théorie. Bien sûr, l'œuvre de Popper illustre bien cette forme de déterminisme. Cette ultime version du déterminisme est indispensable pour la science, parce que la science doit produire des résultats, c'est-à-dire qu'elle doit aussi réussir à corroborer des théories. Ces résultats sont avant tout, et in fine, des classifications, lesquelles dépendent des lois universelles corroborées à l'issue de tests. Puisque les classifications qui permettent de discriminer les objets et les phénomènes dépendent de lois universelles, elles ne peuvent être que relatives et non définitives ou absolues. Freud n'a jamais corroboré la moindre classification scientifique des phénomènes qu'il a étudiés. Si son déterminisme lui permet justement d'appréhender apriori, les « associations libres », c'est donc que ces associations ne peuvent être classifiées. Il est donc permis d'en tirer logiquement tout ce que l'on veut.

3. Analyse plus détaillée du déterminisme freudien et de ses conséquences sur la psychanalyse :

Or, pendant toute sa carrière, Freud a revendiqué le statut de science à sa psychanalyse en postulant un « déterminisme psychique absolu », excluant tout hasard et « valable sans exception », mais aussi, aprioriste (ce problème de l'apriorisme est le trait distinctif crucial du déterminisme freudien, comme l'on remarqué des philosophes tels Timpanaro, ou Jacques Bouveresse. Voir, Freud, in « Psychopathologie de la vie quotidienne » , chapitre 12 : « Déterminisme, croyance au hasard et superstition » ; in « Cinq leçons sur la psychanalyse », la troisième leçon ; in « Introduction à la psychanalyse »).

3.1. Un déterminisme « absolu », et « valable sans exception » :

Quelques citations importantes de Freud, au sujet de sa conception du déterminisme, illustrant son caractère absolu, prima faciae (aprioriste) et excluant tout hasard (et aussi tout non-sens psychique) :

Freud, dans « De la psychanalyse » (1910), Œuvres complètes, Paris, P.U.F., 1993, X, p.36 (Cité par Jacques Van Rillaer, in « Le livre noir de la psychanalyse », page 417) :

« Deux obstacles s'opposent la reconnaissance des cheminements de pensée psychanalytique : premièrement, ne pas avoir l'habitude de compter avec le déterminisme, rigoureux et valable sans exception, de la vie animique, et deuxièmement, ne pas connaitre les particularités par lesquelles les processus animiques inconscients se différencient des processus conscients qui nous sont familiers. »

Freud, dans « Psychopathologie de la vie quotidienne », Paris, P.U.F., 1980, Chapitre 12, p. 273 :

« On sait que beaucoup de personnes invoquent à l'encontre d'un déterminisme psychique absolu, leurs convictions intimes de l'existence d'un libre arbitre. Cette conviction refuse de s'incliner devant la croyance au déterminisme. »

3.2. Les nombres et les mots isolés, sont « les meilleurs exemples » du déterminisme freudien :

Vient ensuite la fameuse position de Freud vis-à-vis des nombres et des mots isolés. Comme on le constatera, ces éléments se révèlent dans la position freudienne, comme tout à fait centraux et déterminants. En effet, l'interprétation sur les nombres et les mots isolés était considérée par Freud comme exempte de l'accusation selon laquelle il pourrait suggérer les réponses à ses patients dans le sens de ses théories. Trois citations fondamentales :

Freud, dans « Psychopathologie de la vie quotidienne », Paris, P.U.F., 1980, Chapitre 12, page 265 :

« Je veux insister sur les analyses de « cas de nombres «, car je ne connais pas d'autres observations qui fassent apparaître avec autant d'évidence l'existence de processus intellectuels très compliqués, complètement extérieurs à la conscience ; et, d'autre part, ces cas fournissent les meilleurs exemples d'analyses dans lesquelles la collaboration si souvent incriminée du médecin (suggestion) peut être exclue avec une certitude à peu près absolue. »

L'importance des nombres isolés, comme preuve de la « puissance combinatoire » de l'inconscient fut également soutenue par Jacques Lacan :

« C'est à celui qui n'a pas approfondi la nature du langage que l'expérience d'association sur les nombres pourra démontrer d'emblée ce qu'il est essentiel ici de saisir, à savoir la puissance combinatoire qui en agence les équivoques, et pour y reconnaître le ressort propre à l'inconscient. En effet, si des nombres obtenus par coupure dans la suite des chiffres du nombre choisi, de leur mariage par toutes les opérations de l'arithmétique, voire de la division répétée du nombre originel par l'un des nombres scissipares, les nombres résultants s'avèrent symbolisant entre tous dans l'histoire propre du sujet, c'est qu'ils étaient déjà latents au choix où ils ont pris leur départ ». (In : J. Lacan, Ecrits, Paris, Seuil, 1966, p. 269.).

Freud, dans « Psychopathologie de la vie quotidienne », Paris, P.U.F., 1980, Chapitre 12, p.269 :

« Nous ne serons pas étonnés de constater que l'examen analytique révèle comme étant parfaitement déterminés, non seulement les nombres, mais n'importe quel mot énoncé dans les mêmes conditions. »

On note que dans la précédente citation, Freud ne précise, à priori, aucune classification des nombres ou des mots (même si, dans le reste du livre, il s'attache à étudier l'oubli des noms propres de manière séparée, il en conclut, dans le chapitre 12, à l'extension d'un déterminisme psychique absolu à tous les mots), sachant que l'expression les nombres, implique logiquement tous les nombres (quel que soit le nombre de chiffres pouvant les composer), et que l'expression n'importe quel mot, implique aussi tous les mots, quel que soit leur sens, leur composition en syllabes, et le nombre de lettres. C'est ainsi que dans la « Psychopathologie de la vie quotidienne », Freud prend l'exemple du mot « taganrog » (ibid, page 269). Ce mot, de prime abord absurde et dénué de sens, appartient au genre de mot qui intéresse Freud au premier chef, puisqu'il permet de justifier l'emploi de l'interprétation pour en dégager le sens psychique inconscient lequel devient logiquement signifiant jusque dans l'agencement même des syllabes les unes par rapport aux autres, si l'on tient compte de l'affirmation de Freud selon laquelle tout hasard et tout non-sens doivent être exclus dans la détermination d'un tel mot.

De telles affirmations ont, bien malgré Freud, des conséquences absurdes. En effet, si tous les nombres sont bien déterminés sans aucune part possible pour le hasard, alors Freud se doit d'expliquer causalement, (mais aussi de prédire comme le souligne Jacques Bouveresse) des nombres composés de n'importe quel nombre de chiffres, d'une part, et, d'autre part, de se livrer, comme il le fait dans « Psychopathologie de la vie quotidienne «, à l'interprétation de la place de chaque chiffre dans un nombre, les uns par rapport aux autres. Considérant, en outre, que c'est bien une science de l'inconscient que prétendait fonder Freud, on est en droit de demander non seulement des explications de la formulation de tous les nombres, mais aussi des prédictions avec n'importe quel degré de précision stipulé à l'avance dans le calcul des conditions initiales de la prédiction. A l'aide de son déterminisme psychique aprioriste et absolu, Freud doit logiquement pouvoir expliquer et prédire n'importe quel nombre ou mot composé d'autant de membres que l'on voudra, et ce, en excluant toute erreur aussi minime soit-elle.

3.3. Le déterminisme freudien est uniquement « psychique ». Freud exclut tout « hasard intérieur » :

Dans « Introduction à la psychanalyse » Freud explique les objectifs de la psychanalyse, en écrivant « qu'elle veut donner à la psychiatrie la base psychologique qui lui manque ». Mais pour bien préciser la nature exclusivement psychique du déterminisme, Freud affirme que « pour parvenir à ce but, elle [la psychanalyse], doit se tenir à distance de toute présupposition d'ordre anatomique, chimique ou physiologique, ne travailler qu'en s'appuyant sur des notions purement psychologiques (...). ». (Freud, ibid, introduction, « les actes manqués », page 11).

Freud, ibid, page 275 - 276 (dans cette citation très importante, on remarquera comment Freud précise bien que le déterminisme auquel il croit est exclusivement psychique). On remarquera surtout le fait que Freud exclut le hasard dans toute causalité psychique. On a donc bien un déterminisme psychique absolu excluant toute forme possible d'imprécision ou d'erreur de calcul par l'inconscient. C'est la raison pour laquelle Freud et aussi Lacan estimèrent que les mots isolés ainsi que les nombres étaient les meilleurs exemples de ce déterminisme psychique absolu.

« Ce qui me distingue d'un homme superstitieux, c'est donc ceci : je ne crois pas qu'un événement, à la production duquel ma vie psychique n'a pas pris part, soit capable de m'apprendre des choses cachées concernant l'état avenir de la réalité ; mais je crois qu'une manifestation non-intentionnelle de ma propre activité psychique me révèle quelque chose de caché qui, à son tour, n'appartient qu'à ma vie psychique ; je crois au hasard extérieur (réel), mais je ne crois pas au hasard intérieur (psychique). (...) »

3.4. Caractère aprioriste de la position freudienne sur le déterminisme :

Le déterminisme psychique absolu est aussi apriori. Ce statut est en effet nécessaire pour pouvoir permettre une technique thérapeutique fondée sur l'interprétation des associations dites libres, puisque pendant l'analyse, selon Freud le patient doit dire tout ce qui lui passe par la tête. (Pour Jacques Bouveresse, ibid, p. 107 : « La croyance au déterminisme mental est évidemment le préalable qui justifie la confiance de Freud dans la méthode dite de l'association libre »).

Si c'est donc bien l'ensemble des associations verbales, [ou non verbales comme par exemple des dessins ou des œuvres d'art] que la psychanalyse se propose d'interpréter mais aussi d'expliquer à l'aide de ses lois causales strictes, en tant que ces associations seraient appréhendées comme libres, alors il est nécessaire pour la psychanalyse de disposer d'une théorie fondée sur un tel déterminisme permettant d'appréhender, a priori et sans aucun risque d'erreur, (puisqu'elle exclut le hasard), le libre jeu apparemment [comme Freud l'annonce] indéterminé et libre de toutes les associations verbales ou non verbales que peut faire n'importe quel patient. D'après Karl Popper, et aussi Jacques Bouveresse, aucun déterminisme de ce type, ne peut en réalité, permettre à la psychanalyse ou même à tout autre doctrine de réaliser les objectifs qu'elle se donne que ce soit sur le plan théorique, ou thérapeutique. Et comme nous l'avons écrit plus haut dans les commentaires de la définition du déterminisme prima faciae que donne Karl Popper, toute version du déterminisme qui prétendrait pouvoir réussir un projet de description à partir d'un calcul mathématiquement exact de ses conditions initiales, (donc qui exclurait le hasard, comme le fait Freud), ne peut qu'être une version prima faciae et absolue, donc non valide, et complètement inutile pour tout projet scientifique quel qu'il soit.

Le déterminisme freudien, qui éradique dans l'œuf toute créativité humaine et tout libre arbitre, n'est donc ni humaniste, ni scientifique, et ne peut qu'échouer, par nature, avant même d'avoir pu commencer. Il constitue même le postulat le plus délirant de toute la psychanalyse en l'inscrivant, dès le départ, sur un chemin diamétralement opposé à la voie de la Science. Avec une telle foi déterministe, on ne voit pas comment un esprit rationnel pourrait ranger la psychanalyse dans ce que l'on a coutume d'appeler : les « Lumières ». Il s'agit plutôt, comme le souligna Hayek, de « superstitions », ou de « mythologie », ou d'une autre méthode d'inspiration hégélienne de corruption de la Raison. Ou enfin de « magie concrète », comme le dira Timpanaro, édifiée par un gourou mégalomane et manipulateur.

Finalement, c'est sans aucun doute le mot de Schopenhauer au sujet de la philosophie hégélienne, qui conviendra le mieux à la psychanalyse (et particulièrement à celle de Jacques Lacan) : « encore un rêve de dément, issu de la langue et non de la tête ».

Concernant l'apriorisme freudien, Jacques Bouveresse (ibid, page 116), en évoquant Timpanaro, écrit :

« Timpanaro caractérise la psychanalyse comme étant « simultanément une doctrine qui n'a jamais abandonné certains principes matérialistes et une construction métaphysique et même mythologique ». Et il propose une explication marxiste tout à fait classique des raisons pour lesquelles le deuxième aspect l'a emporté de plus en plus sur le premier. Mais il ne considère pas, comme on le fait souvent, que c'est seulement dans la dernière phase de son évolution que Freud abandonné l'exigence de scientificité pour l'apriorisme. »

Il semble donc clair, que pour Timpanaro, Sigmund Freud ait opté assez tôt pour l'apriorisme métaphysique plutôt que pour la «Voie de la Science ».

3.5. Conséquences sur la pratique thérapeutique du déterminisme freudien. Freud exclue tout libre-arbitre :

Freud, dans « Cinq leçons sur la psychanalyse », Paris, petite bibliothèque Payot, 2001, Troisième leçon, page 53 (dans cette citation, le mot arbitraire, est relatif au libre arbitre pour Freud, c'est-à-dire à la possibilité d'un contrôle conscient) :

« Vous remarquerez déjà que le psychanalyste se distingue par sa foi dans le déterminisme de la vie psychique. Celle-ci n'a, à ses yeux, rien d'arbitraire ni de fortuit ; il imagine une cause particulière là où, d'habitude, on n'a pas l'idée d'en supposer. Bien plus : il fait appel à plusieurs causes, à une multiple motivation, pour rendre compte d'un phénomène psychique, alors que d'habitude on se déclare satisfait avec une seule cause pour chaque phénomène psychologique. »

Dans cette précédente citation, on remarque, une fois encore, comment Freud exclu de la « vie psychique », toute possibilité d'arbitraire (c'est-à-dire, pour lui, de quelque chose de soumis au contrôle du libre-arbitre, donc de la conscience), et de fortuit, (c'est-à-dire, le hasard). Mais en excluant de façon aussi explicite (et répétée dans son œuvre) le hasard au niveau d'une causalité inconsciente, Freud exclu aussi, logiquement, toute erreur de calcul que puisse faire l'inconscient, dans les déterminations qu'il imposerait à la « vie psychique ». Et ceci implique à son tour, qu'il soit également exclu tout comportement, tout fait, toute imprécision, aussi infinitésimaux soient-ils, dans ce qui pourrait constituer les déterminants de cette « vie psychique ». Ce sont de telles implications logiques, issues en droite ligne du déterminisme prôné par Sigmund Freud, qui en font un déterminisme plus laplacien encore que ne le fut celui de Laplace lui-même. Cette version du déterminisme, est entièrement réfutée par Karl Popper.

3.5.1. Le jugement d'un psychanalyste renommé : Pierre-Henri Castel :

On citera, Pierre-Henri Castel, (chargé de recherches au CNRS (Institut d'Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques-Université Paris 1-École Normale Supérieure) et au Centre de Recherche Psychotropes, Santé mentale et Société, (CNRS-INSERM-Université Paris 5), psychanalyste, membre de l'Association Lacanienne Internationale), sur le déterminisme freudien :

« (...) La position de Freud, pour être conséquente, doit donc interpréter tous les phénomènes considérés en général comme fortuits, comme des produits du déterminisme psychique. Il n'est plus ici question du rêve ou du mot d'esprit, mais de la liste par définition indéfiniment ouverte des ratages qui attestent l'action d'un refoulement. » [http://pierrehenri.castel.free.fr/5conf1.htm#ZG].

Puis ceci :

« (...) Mais quels que soient les aspects étranges que présentent les actes manqués et leurs corrélats, il reste que le déterminisme psychique qu'ils illustrent, s'étendant à tant de manifestations différentes, paraît changer de nature. Il se métamorphose en principe métaphysique. Car pour la science, on l'a dit, il se résume à affirmer que si tel phénomène est donné, alors tel autre suit, selon telle loi. Son expression est donc conditionnelle. En outre, la nécessité de l'enchaînement est manifestement une nécessité pensée, et introduite du dehors dans les phénomènes par le jeu des hypothèses et de leurs confirmations empiriques. Mais que se passe-t-il, quand rien n'échappe, dans le réel même des connexions mentales, aux lois d'un inconscient déterministe? La conditionnalité de l'enchaînement disparaît : tout est déterminé de façon fatale, au sens où la succession des causes et des effets ne peut nulle part être réorientée dans un sens ou dans un autre. Notre sentiment de spontanéité ne pèse alors pas plus lourd, selon le mot de Kant, que l'opinion d'un tournebroche sur sa liberté d'action. Il est difficile, ainsi, de concilier l'ambition déterministe, donc la réalité de lois causales contraignantes dans la vie psychique (y compris dans ses manifestations ordinairement considérées comme contingentes), et l'idée d'une guérison de la névrose qui remettrait entre les mains du malade quelque chose, un mécanisme sur lequel il pourrait agir, en opérant les choix (moraux ou esthétiques) dont Freud parlait la veille. »

Castel remarque bien le caractère métaphysique du déterminisme de Freud et ses conséquences rédhibitoires tant pour la théorie que pour la pratique thérapeutique, puisque selon Castel, une telle ambition déterministe, en privant le malade de toute possibilité de choix, le prive aussi de redevenir acteur et maître de sa propre vie après l'analyse.

3.5.2. Le point de vue de Karl Popper sur les possibilités pratiques du « déterminisme scientifique » (absolu et aprioriste) :

En invalidant totalement cette version du déterminisme par la démonstration qu'aucun projet déterministe de ce type de ne pourra jamais rendre compte, avant la prédiction, de n'importe quel de degré de précision dans « les mesures possibles à partir desquelles peuvent se calculer les conditions initiales », posant de cette manière les bases du « principe de responsabilité renforcé » (Popper, ibid, page 11), Popper prend l'exemple de la psychanalyse. Il écrit, page 20 :

« Un psychanalyste, au cours de longues années d'étude (...), pourra déterrer des «causes» en tout genre - (...) - enfouies dans l'inconscient de son patient. Ira-t-on pour autant jusqu'à croire que l'analyste, avec toute la science qu'il a des motifs de son patient, serait en mesure de prédire avec précision le temps que celui-ci mettra pour monter les escaliers ? Le psychanalyste affirmera peut-être pouvoir effectuer même cette prédiction, à condition de disposer de suffisamment de données. Mais il sera incapable d'énoncer les données qui seraient suffisantes à cet égard, et d'en rendre compte. Car d'une théorie qui permettrait à l'analyste de calculer le degré de précision requis des données, il n'existe pas même le soupçon. »

Certes, l'intérêt d'une analyse n'est pas de se lancer dans de telles prédictions. Mais il reste que toute tentative thérapeutique est un projet de prédiction puisque l'on prédit que par l'application de certaines techniques thérapeutiques soutenues par la corroboration de certaines théories universelles, le patient guérira de ses névroses, ou alors trouvera un nouveau sens positif à sa vie. Mais comme la psychanalyse postule explicitement le genre de déterminisme insoutenable invalidé par Karl Popper, on serait en droit de lui demander de réaliser des prédictions avec n'importe quel degré de précision stipulé à l'avance sur l'évolution d'une névrose.

 

Conclusion :

L'invalidation du « déterminisme scientifique » est sans aucun doute la démonstration la moins contestée de toute l'œuvre de Popper. Comme toute la psychanalyse, des fondements théoriques, jusque dans la pratique thérapeutique dépend directement de cette forme de déterminisme intenable prônée par Freud, il s'en suivrait des conséquences fatales pour toute la doctrine. (Voir, Jacques Bouveresse, in «Mythologie, philosophie et pseudoscience, Wittgenstein lecteur de Freud», aux éditions l'Eclat). En effet, dans ce dernier livre, Bouveresse démontrerait, en s'appuyant (notamment) sur la critique du déterminisme « scientifique « élaborée par Karl Popper, que les théories freudiennes supposées détenir une valeur explicative, ne pourraient en réalité fournir les causes aussi strictes impliquées par l'affirmation d'un déterminisme psychique absolu et aprioriste (prima faciae), et, encore moins, donner lieu à de quelconques prédictions sur le psychisme humain, puisque la capacité revendiquée par Freud de fournir les causes d'un phénomène implique logiquement celle de pouvoir les prédire, comme nous le rappelle Bouveresse dans son livre. Bouveresse écrit, page 98 :

« indépendamment des questions que l'on peut se poser à propos de la nature et de l'origine de la causalité, il semble, en effet, qu'un processus qui peut être prédit avec certitude est d'une manière ou d'une autre causalement déterminé et qu'inversement le caractère causalement déterminé d'un processus implique la possibilité de le prévoir, pour un observateur qui aurait une connaissance complète de toutes les circonstances qui concourent à sa production et rendent inévitable son occurrence. »

Puis, page 105 :

« (...)De toute façon, même si l'on était tenté de croire que Freud a effectivement réussi, comme il le suggère, à soumettre à des lois causales rigoureuses, des événements qui sembleraient jusque là inexplicables ou fortuits, on devrait tout de même admettre que la connaissance des causes, que la psychanalyse prétend détenir, est d'une manière générale bien incapable d'autoriser le genre de prédiction qu'exigerait la thèse du déterminisme scientifique, si on la comprend à la façon de Popper. »

Freud, écrit lui-même, à propos de l'oubli des noms propres, dans « Psychopathologie de la vie quotidienne », page 6 :

« Celui qui cherche à se rappeler un nom qui lui a échappé retrouve dans sa conscience d'autres noms, des noms de substitution, qu'il reconnaît aussitôt comme incorrects, mais qui n'en continuent pas moins à s'imposer à lui obstinément. On dirait que le processus qui devait aboutir à la reproduction du nom cherché a subi un déplacement, s'est engagé dans une fausse route, ou bout de laquelle il trouve le nom de substitution, le nom incorrect. Je prétends que ce déplacement n'est pas l'effet de l'arbitraire psychique, mais s'effectue selon des voies préétablies et possibles à prévoir. (...). »

Cependant, et malgré les critiques qui ont été faites à Freud sur son déterminisme, et sa croyance en la numérologie (bien illustrée dans le fait que les nombres isolés sont pour lui « les meilleurs exemples » du déterminisme psychique absolu), on trouve une persistance de telles croyances encore aujourd'hui chez certains psychanalystes. Voir par exemple le projet de ces deux psychanalystes voulant démontrer que « l'inconscient peut calculer la date de naissance », ici [2], en voici également, l'hypothèse centrale :

« (...) pour bien des femmes la date involontairement prévue pour la naissance sera une date non venue du hasard, mais commémorative d'un autre événement du passé et dont la réapparition comme date de naissance de l'enfant prend valeur de répétition ».

On remarquera que, tout au long de ce compte rendu de recherche, il n'est question que de l'inconscient de la mère, celui du père demeurant totalement absent comme cause possible du calcul de la date de naissance...

Enfin, contre le déterminisme absolu de Freud, outre Karl Popper, on peut évoquer Lévi-Strauss et Timpanaro (voir, Jacques Bouveresse, in « Philosophie, mythologie et pseudoscience. Wittgenstein lecteur de Freud », Paris, l'Eclat, 1991, page 121) :

« Comme l'ont souvent fait remarquer les anthropologues (en particulier Lévi-Strauss), la pensée magique ne se caractérise pas par la négation du déterminisme, mais plutôt par l'adhésion à une forme universelle et particulièrement rigoureuse de déterminisme. Elle exclut le hasard et l'accident de façon beaucoup plus définitive et radicale que ne pourrait le faire la croyance scientifique à l'existence de lois naturelles qui déterminent le cours des événements. »

« (...) Timpanaro soutient avec raison que, dans le cas de Freud, les convictions déterministes invoquées, comme il se doit, au niveau de la « science abstraite « n'empêchent pas par elles-mêmes les explications causales détaillées qui sont proposées pour des cas particuliers de relever, somme toute, beaucoup moins de la science proprement dite que de la « magie concrète. »

oct. 22
2008

Méphisto Phélès, Freud et le Démon de Laplace.

Ecrit par vdrpatrice dans Untagged 

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Avant de vous présenter ce dialogue entre le Diable et une internaute nommée Kasia, voilà une citation de Renée Bouveresse, tirée de son Que sais-je ? intitulé « les critiques de la psychanalyse » (c'est le N° 2620). En lisant les propos de Renée Bouveresse on a envie de penser que pour ce qui est du Diable, elle aurait pu être, contre Kasia, son avocat...

« (...) L'autre postulat pratique que la psychanalyse a beaucoup contribué à diffuser est celui selon lequel on ne peut résoudre les difficultés de l'existence si l'on n'a pas commencé par faire l'effort de se découvrir et de se comprendre soi-même. C'est là un préjugé qui tend à faire oublier cette évidence que dans la majorité des cas la solution de nos problèmes passe par une transformation réelle des situations dans lesquelles nous sommes placés, et que cette transformation ne peut s'obtenir que par l'action. L'auto-analyse, utile dans certains cas particuliers, peut être dans d'autres cas superflue ou même démobilisatrice, quand elle ne devient pas dans certaines circonstances source de difficultés psychologiques spécifiques : il y a des hommes qui souffrent de trop se regarder, et qui cherchent en vain évidemment, à échapper à cette souffrance par un surcroît de conscience. Le rêve d'une connaissance de soi garantissant le succès dans l'existence semble bien être un rêve idéaliste et naïf, inspiré par le désir d'éviter certains risques vitaux qu'il paraît pourtant nécessaire à tout homme d'assumer. » (Page 86).

Diabolique, Madame Bouveresse ! Et merci pour votre clarté de vue ! Autorisons-nous un très bref commentaire : si, d'une part, c'est par l'introspection de son propre inconscient psychique, guidée par un sherpa freudien, que l'on dénouerait les liens inconscients et refoulés qui nous empêchent de vivre (comme aiment à l'ânonner les analystes et ceux pour qui ça a marché), et si, d'autre part, il est tout à fait rationnel de critiquer la psychanalyse dans ce rêve idéaliste et naïf d'une connaissance si profonde de soi-même, on peut aussi demander aux analystes de comprendre ce qui les poussent à croire à un tel rêve idéaliste et naïf lequel est justement au fondement de leur théorie ! Ainsi l'argument de l'inconscient se retourne exactement contre lui-même : l'inconscient tel que l'a conçu Freud dévore la psychanalyse avant même qu'elle n'ait pu naître ! Est-ce possible ? Bien sûr que non, nous voulons dire, en jouant, certes, sur une ambiguïté, qu'il n'est pas possible pour une théorie d'être réfutée sans d'abord avoir pu vraiment proposer un contenu qui puisse l'être. Il n'est donc pas possible que la psychanalyse ait pu seulement exister avec cette théorie de l'inconscient, c'est-à-dire, en étant réellement capable d'être dotée de pouvoirs descriptifs, explicatifs et prédictifs qui soient testables, donc réels. Ce qui se passe donc, comme nous l'avons si souvent martelé sur ce blog, c'est que la psychanalyse est un projet qui échoue, par nature, avant même d'avoir pu commencer.

Laissons maintenant la parole à Merleau-Ponty (cité par Renée Bouveresse dans son indispensable ouvrage), afin de mieux comprendre le piège de la méthode qui consisterait à prétendument pouvoir faire le vide en soi pour mieux préparer un travail introspectif dans l'inconscient psychique, qui soit épuré de toute suggestion, et surtout de toute co-fabrication entre l'analysé et l'analyste :

« C'est des deux côtés la même illusion rétrospective, on introduit en moi à titre d'objet explicite tout ce que je pourrai dans la suite apprendre de moi-même ». (In : Phénoménologie de la perception, p.436).

Merleau-Ponty semblait donc, lui aussi, nous dire ceci : lorsque l'on cherche en soi des refoulés freudiens, on ne risque pas de ne pas trouver ce que l'on cherche. Si je veux chercher en moi des conflits jungiens, je suis sûrs d'en trouver. Tous les faits que j'observe en moi, et qui ne sont lus qu'à la lumière de la théorie qui me permet justement de les relever, ne pouvaient donc m'être étrangers dès le départ. Si donc les freudiens peuvent toujours trouver ce qu'ils cherchent dans les pensées de tout individu et qui soit conforme à leur théorie, c'est donc que leur théorie n'a aucune valeur prospective (donc aussi prédictive, descriptive et explicative), elle n'est qu'une illusion.

 

Méphisto Phélès et Kasia au sujet du « vide »...

Réponse à Kasia, au sujet de votre prétendue capacité à « faire le vide » pour mieux « ressentir », et, in fine, comprendre ce qu'est l'analyse.

Oh, Kasia, du fin fond des enfers je te parle, je t'appelle, et j'exhorte ta clémence. Daigne m'écouter un instant. N'aie pas peur, approche, et discutons un moment.

Tu as parlé du « vide ». Instinctivement, j'ai compris le « Néant » (que j'adore, moi, le Prince des Ténèbres). Mais laissons cela de côté et revenons à cette « matière » bien plus terrestre qu'est ce « vide » dont tu parles, oh, Kasiaaa...

Ainsi, vous, les humains, vous seriez capables de faire le « vide » en vous-mêmes, pour justement mieux ressentir ce que vous avez...en vous-mêmes. Mais n'allez pas plus loin, ce que vous avez de plus sûr, en vous-mêmes, je le dis en passant, c'est Moi, votre Maître, et non mon frère et sa pitoyable inspiration.

Mais supposons que je vous laisse en paix, derechef, et que cette fois, vous soyez seuls, et pour de bon, avec « vous-mêmes » et ce vide qui y règnerait.

Si donc vous êtes enfin parvenu (et par le biais de ma très haute bienveillance), à faire « le vide » en votre âme, c'est donc qu'il n'y reste strictement plus rien, oh, Kasiaaa..Vous touchez enfin au « Néant », et, sans que vous le sachiez vraiment, aux Ténèbres aussi. Vous voyez, tout nous rapproche toujours. Ah, Kasia, je vous comprends, « pourquoi la chose, plutôt que rien ». Tiens, tiens, de Freud à Heidegger, n'y aurait-il qu'un pas, ma chère Kasia ? Curieux non ?...

C'est aussi pour cela que je suis le Maître. Car, comme Freud, mon royaume est irréfutable. Car dès que l'on croît utiliser un moyen autonome pour m'éviter, on finit toujours par me retrouver sur son chemin. Si Freud ou ses modestes et serviles gnomes vous demandent de « faire le vide », afin de mieux « ressentir », c'est parce qu'il croît, qu'ainsi « vidés », vous serez le réceptacle idéal pour ses fantasmes et ses délires. Et, Diable, il a raison !

Croyez-vous ?... Hélas, même Freud ne peut rien contre moi, Méphisto Phélès, Prince des Ténèbres.

Si donc vous réussissiez vraiment à faire ce vide qui vous importe tant, je vous le redis, il n'y aurait donc plus rien en vous. Ni émotions, ni souvenirs, ni mots, ni chants, ni pleurs, ni crainte, ni désir, ni attentes, ni théories, ni opinions, plus rien, oh Kasiaaa...Le Nihilisme individuel le plus totalitaire. Aaahh....j'aime ça !!

Il n'y aurait donc aussi, plus aucune conscience, et plus aucun inconscient. Plus rien. Le vide. Où donc Freud pourrait-il alors chercher cet inconscient, ce refoulé, oui, cet « autre » qui ne serait pas moi, et qui, de ce fait, m'insulte, chère Kasia...

Partant de cette situation pour le moins scabreuse, comment feriez-vous donc pour faire émerger du « ressenti », à partir du Néant, sans que l'on vous suggère totalement, les mots, les souvenirs, les mimiques mêmes de ce « ressenti » qui ne sera pas le vôtre, et dans sa totalité ?

Et puis, pour « faire le vide », quel mode d'emploi ? Celui de Freud assurément ! Ah ! J'ai compris, Kasiaaa...Vous êtes diabolique vous aussi ! Qu'est-ce que je vous disais : on revient toujours à moi. C'est fort bien, ça, continuez, continuez...

Vous devez commencer par parler de vos parents, de vos rêves, de votre sexualité ? Ou bien devez-vous dire « tout ce qui vous passe par la tête » ? Autrement dit, faire des « associations libres » ? Mais comment les formuler si, au préalable, vous vous êtes « vidés » de tous vos mots et de votre mémoire, donc de toute possibilité d'expression, vous trouvant ainsi rabaissée au stade de l'amibe, et encore... ?

Vous voyez, Kasia, « faire le vide » est logiquement impossible.

S'il ne vous reste en vos pensées que celles vous indiquant comment vous devez faire le vide, alors, de toute évidence, votre pensée n'est pas vide à cet instant. Votre pensée...se guide par un préjugé méthodologique.

Comme c'est vous-même qui guidez votre propre pensée à se vider, c'est encore vous qui choisirez dans le moindre détail, tout le ressenti que vous créerez pour la circonstance. Mais comment choisirez-vous à partir de rien, Kasia, faut-il le répéter ? Il vous faudra un préjugé, une hypothèse, n'importe quoi d'autre si vous voulez, pour vous aidez dans votre choix. Il n'y a donc pas de « vide » qui pourra servir de base de recherche à votre ressenti, chère amie. Votre mémoire vous sera nécessaire, sauf si vous êtes subitement devenue une grenouille de laboratoire que l'on vient de décérébrer d'un coup d'aiguille, ou bien encore une de ces momies vivantes que l'on peut voir déambuler dans les salles obscures de certaines sectes. Justement, puisqu'on en parle, la psychanalyste Maria Pierrakos, les décrit bien ces gens qui ont été victimes de la psychanalyse lacanienne et qui, je cite, « se sont complètement exilés d'eux-mêmes ». Et cette mémoire dont je parlais, et qu'il vous faut pour vos futures pérégrinations psychiques, rend-elle pour autant « nécessaire » la théorie de l'inconscient telle que Freud la voyait ? Assurément non. Car cet inconscient-là, qui serait régit pour un démon encore plus démoniaque que celui de Laplace, n'est qu'une lubie, le plus grand délire conceptuel de toute la psychanalyse.

Si c'est un guide freudien qui doit vous accompagner dans votre voyage intérieur, il ne vous montrera que ce que son « savoir » lui indique. Si c'est un guide jungien, vous verrez des objets jungiens dans votre mémoire, et ainsi de suite. Car aucun de ces « guides du voyage intérieur » ne peut travailler sur des éléments de preuve indépendante. Et le guide freudien reste le pire entre tous, je le connais bien. Parce que c'est le seul qui prétend ne jamais se tromper en excluant par avance tout le « hasard intérieur » (Freud) et le non-sens.

Avec un tel guide qui prétend justement retrouver exactement la route de votre inconscient vous ne pourrez que vous perdre dans un dédale infini de mots, de symboles, un « univers éclaté » ou toutes les choses peuvent s'annuler les unes par rapport aux autres suivant le bon vouloir de votre guide ou plutôt son aptitude à vous suggérer. Il faut donc que je cite encore Maria Pierrakos, une sacrée diablesse : « On peut dire en effet qu'il s'agit de libérer le sujet des liens qui l'empêchent de vivre. Mais le résultat de certaines analyses n'est-il pas, au bout de bien des années, de voir ces liens remplacés par une toile d'araignée de mots qui peu à peu perdent leur sens premier pour en avoir un double, un triple, une multitude ; et le sujet qui était dans un monde cohérent de souffrance se trouve dans un univers éclaté où le tout et le rien s'équivalent, pour ne pas dire le tout et le n'importe quoi. On est obligé alors d'accepter la définition de la psychanalyse par Houellebecq : "la psychanalyse est ce qui transforme une connasse en pétasse !" Je reprocherai à cette définition d'être trop restrictive : pourquoi les femmes seulement ? L'effet sur certains hommes a été encore plus ravageur. Ecoutons François Perrier parler de ce qu'il appelle les suicides libidinaux : "on a vu errer dans les milieux analytiques, des gens complètement dévastés, acculés à se refabriquer un narcissisme d'emprunt ficelé avec des concepts lacaniens; à se faire une vie libidinale d'emprunt, de type pervers, dans la recherche de l'excitation ou du donjuanisme, et qui se sont complètement exilés d'eux-mêmes ».

L'introspection analytique, n'est donc qu'une invitation au voyage vers la folie. Un voyage hélas sans retour pour certains...

Votre sherpa freudien ne vous mènera, quand il le souhaitera, qu'à trouver des confirmations de ce que vous cherchez...à deux, puisque vous acceptez ses itinéraires dès le départ, dans votre pensée en essayant de l'ignorer. Mais là, vous ne jouez qu'à un jeu que Freud vous demande implicitement (ou souvent fort explicitement) de jouer « à deux » avec vous : celui de l'inconscient, et pourquoi pas aussi, celui de la folie, comme l'écrit si bien un certain Borch-Jacobsen (cf. « Folie à plusieurs »).

On ne peut s'introspecter à partir d'un prétendu « vide ». Il faut un préjugé. Ce préjugé vous indique avant même d'avoir commencé ce que vous devez trouver. Et comme c'est vous-même qui cherchez...en vous, vous ne pouvez éviter de trouver toujours ce que vous cherchez. On est proche du 7° cercle ?...

C'est Kant qui avait bien montré que l'introspection ne mène qu'à la folie. Cette folie, Freud l'a vécue lui-même avec son auto-analyse, dont il admit l'échec complet et qui pourtant est bien connue comme étant la matrice originelle de toute l'entreprise freudienne. Mais cette matrice est, elle aussi, autant viciée que celui qui la porte, selon les termes du psychanalyste Gérard Haddad qui nous raconte un Lacan préoccupé à remettre la psychanalyse sur ses pieds, c'est-à-dire à liquider post mortem, un « morceau de névrose » que Freud n'aurait pas liquidé dans son auto-analyse, laquelle ne serait donc plus pure et immaculée comme le veut la sacro-sainte légende. Faut-il y voir là mon œuvre ? Et pourquoi pas !

Donc Kasia, moi, Méphisto Phélès, je sonne le glas de votre argument.

On ne peut « faire le vide », surtout s'il s'agit de « ressentir ». Car si l'on y parvient, on élimine aussi le matériau à partir duquel pourrait émerger le « ressenti ». Bien sûr vous pouvez piquer quelqu'un pendant son sommeil profond (là où il peut vraiment « faire le vide »), et le faire sursauter. Mais ce n'est pas de cela que nous parlions, bien entendu. Nous parlions de la possibilité de « faire le vide », en étant au départ, totalement conscient.

L'esprit humain, n'est pas un seau vide qui se remplit passivement, contrairement à ce que vous croyez, Kasia. Vous êtes constamment actifs. Et cette action nécessite une mémoire en partie inconsciente, cela, je veux bien en convenir. Seulement, cette mémoire inconsciente, ne peut, comme le croyait Freud, vous déterminer en excluant tout hasard et tout non-sens, c'est-à-dire tout risque d'erreur. Ce sont-là des idées « diaboliques » qui relèvent du Démon de Laplace. Et je m'y connais dans ce domaine. Freud, pauvre créature humaine qu'il fut, n'a pu avoir été aussi fort que moi, Méphisto Phélès. Moi seul maîtrise le hasard, le passé, le présent et l'avenir dans lequel je peux lire !...Seul le Prince des ténèbres que je suis, peut prédire et décider du sens de l'Histoire.

Si vous avez un « autre » qui est en vous et qui agit selon ses propres règles, et à votre insu, cet « autre », ne peut donc être démoniaque (laplacien, ou ultra-déterministe si vous voulez). Il n'y a que moi, qui puisse l'être, dois-je vous le rappeler ?


Aucun homme n'a en lui une intelligence diabolique qui dépasserait sa propre personne, fut-elle « inconsciente ». Nous ne pouvons avoir en nous ce « super-ordonnateur » de nous-même, car, comme le disait ce sale suppôt de la Vérité que fut Karl Popper, aucun prédicteur, ne peut s'auto-prédire lui-même.


Diaboliquement vôtre...


Méphisto Phélès.

oct. 11
2008

Langage et surdité : deux feedbacks pour la production de la parole

Ecrit par Stephane dans surditéneuroscienceslangage

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On sait depuis longtemps que l'écoute et la parole sont intimement liées, le pouvoir de s'entendre parler, permettant par rétroaction d'affiner notre production de parole. Cela explique que des patients devenant sourds perdent l'usage de la parole. Pourtant, cette perte est progressive, et dure même dans certains cas, de nombreuses années. On pouvait croire que la parole étaient une habitude, sans réellement comprendre comment des personnes devenues sourdes, conservaient aussi longtemps la faculté de parler intelligiblement.

Une étude publiée le mois dernier dans Nature Neuroscience, apporte une explication nouvelle : le feedback de la parole, permettant d'avoir une idée de ce que l'on dit, n'est pas seulement pris en charge par l'audition, mais également par un complexe mélange de sensations provenant des organes producteurs de la parole.

Pour le montrer, David Ostry et Sazzad Nasir de l'Université McGill au Canada, ont réalisé une expérience d'apprentissage moteur de la parole chez 5 sujets devenus sourds profonds une fois adultes et 6 autres sans problèmes d'audition, d'âge comparable.

Les personnes sourdes étaient porteuses d'un implant cochléaire mais le dispositif avait été mis hors circuit pour l'expérience.

Les participants devaient émettre de courtes syllabes alors que le mouvement de leurs mâchoires était légèrement contrarié par un appareillage, provoquant tout d'abord une déformation des sons. Mais après des centaines de répétitions, les participants étaient capables d'adapter leurs mouvements pour corriger ces erreurs, sourds et entendants montrant la même faculté d'adaptation.

Selon les chercheurs, ces travaux montrent que la production de la parole est à la fois reliée à l'audition et à des récepteurs des muscles, de la peau, et des tissus mous du conduit vocal, qui gardent en mémoire des sensations.

Cette expérience apporte de nouvelles informations quant à l'apprentissage de la parole : lorsque l'on apprend à parler, non seulement notre audition, mais également le système proprioceptif, interviennent pour nous permettre d'adapter notre production de parole. Devenir muet pourrait donc provenir de la défaillance d'un des deux systèmes seulement, comme c'est le cas lors de surdité. L'autre système étant toujours viable, cette expérimentation pose les bases de nouvelles formes de thérapies du langage basées sur l'amélioration du système proprioceptif, afin de permettre aux patients sourds de conserver la faculté de parler. Elle permet également de comprendre un peu mieux les mécanismes qui sous-tendent la production de la parole.

Source : communiqué AFP

oct. 05
2008

Techniques de manipulations pour oeuvres de charité

Ecrit par Claire Langier dans psychologie socialepsychologie quotidiennemanipulation

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Selon une recherché publiée récemment dans le Journal of Consumer Research, demander aux gens combien de temps ils pourraient donner pour une cause charitable, augmente de façon significative non seulement ce temps… mais également les dons en argent, qu’ils sont susceptibles d’offrir à ces causes.

D’après les auteurs, parce que songer au temps qui passe est associé à des expériences émotionnelles, penser à accorder du temps à des causes charitables, rappelle aux gens le bonheur ou le contentement que l’on peut éprouver à aider autrui. Elles expliquent également pourquoi cet effet ne peut être attribué à la culpabilité : les groupes de personnes testées à qui on a demandé en premier d’accorder du temps (plutôt que de l’argent), acceptent en tous les cas de donner plus de temps ou d’argent que tous les autres groupes.

Cette constatation se fonde sur une série de trois études effectuées en laboratoire et sur le terrain. La première consistait par exemple en un sondage en ligne après lequel les participants lisaient un texte à propos du cancer du poumon. On demandait à la moitié des participants combien de temps ils pouvaient donner à l’American Lung Cancer Foundation, puis combien d’argent ils consentaient à leur donner (en moyenne, ils donnaient 36,44$). L’autre groupe n’était questionné que sur l’argent qu’ils consentiraient à donner (24,46$).

L’expérimentation suivante portrait sur une association à but non lucrative, Hopelab, aidant des enfants atteints de maladies chroniques. La donation (en argent) des personnes à qui l’on demandait en premier lieu, un peu de temps pour aider l’organisation, était presque 5 fois supérieure à celles des personnes à qui l’on demandait directement de l’argent. De plus, le nombre de personnes du premier groupe qui accordaient effectivement du temps était plus élevé, et ce temps, en moyenne, supérieur à celui de l’autre groupe.

La troisième étude répliquaient les deux premières études, et explorait le ressenti des sujets. Bien que plusieurs hypothèses puissent expliquer ces résultats, le fait est là, demander un peu de temps pour des causes charitables, semble augmenter les dons. Une information qui pourrit se révéler précieuse pour certaines associations, si ce n’est qu’elle représente désormais une technique manipulatoire avérée.

Liu et al. The Happiness of Giving: The Time-Ask Effect. Journal of Consumer Research, 2008; 0 (0): 080509091338028 DOI: 10.1086/588699

 

Tout aussi récemment, une autre étude explorait la dynamique de la charité. Deborah A. Small et Uri Simonsohn, de l’université de Pennsylvannie, démontraient une tendance à laquelle on s’attendait : on a tendance à donner plus lorsque l’association à laquelle on offre, a rapport avec une pathologie ou un événement auxquels l’un de nos proches a été confronté. Comme l’indique le vieil adage selon lequel le malheur rapproche les gens, deux personnes ayant vécu le même événement fâcheux sont plus enclines à développer une certaine proximité, laquelle se traduit par une augmentation des dons ou de la coopération.

 

Small et al. Friends of Victims: Personal Experience and Prosocial Behavior. Journal of Consumer Research, 2007; 0 (0): 071213134416001 DOI: 10.1086/527268

 

Ces constatations rapellent facilement la petite technique de manipulation pour susciter la générosité .

sept. 25
2008

DIU de psycho-criminalistique

Ecrit par marlène Fouchey dans Untagged 

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Un nouveau diplome vient d'ouvrir ses portes à l'université de Lyon, le DIU de psycho-criminalistique.

Le programme est le suivant, abordée sur deux années:

Programme PREMIERE ANNEE 2008/2009

  • Axe 1 : Acquisition des bases fondamentales générales (120 heures de cours)

o Aspect historique de l'organisation de la police technique et scientifique

o Notions de base juridique et pénale

o Notions essentielles de médecine et de psychiatrie légale

o Notions de base en matière d'analyse comportementale et cognitive

o Renseignement judiciaire et documentation

o Notions d'anthropologie médicolégale

o Notion de suicidologie

o Eléments de cindynique

o Notions de déontologie et de philosophie en matière médico-judiciaire

o L'analyse criminelle

o L'identification en médecine légale

o L'autopsie médicolégale

o Les empreintes génétiques

Programme - 2ème année 2009/2010

  • Axe 2 : Aspects plus spécifiques et orientés (120 heures de cours)

o La gestion de masse de catastrophe

o L'autopsie psychologique

o La place de l'incarcération

o Les techniques d'audition des suspects

o Les techniques d'audition des victimes

o L'expertise de l'écriture

o La négociation

o La notion de deuil

o La parole de l'enfant

o Qu'est-ce qu'un expert ?

o Les techniques de l'expertise psychiatrique

o Les techniques de l'expertise psychologique

o Les crimes sexuels

o Les enfants criminels

o Le profilage

o Le terrorisme

o Le problème des sectes, le fondamentalisme

Pour plus d'informations...

 vous trouverez toutes les informations necessaires à partir du lien suivant.

 http://psychologie-m-fouchey.psyblogs.net/?post/298-DIU-Psycho-Criminalistique%3A-CEST-LE-MOMENT-DE-SINSCRIRE

sept. 17
2008

Système de récompense et cortex préfrontal : une meilleure compréhension du vieillissement cérébral

Ecrit par Fabrice dans vieillissementrécompensedopaminecortex préfrontalAlzheimer

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Jean-Claude Dreher du Centre de neuroscience cognitive (CNRS/Université Lyon 1) en collaboration avec une équipe américaine du National Institute of Mental Health (Bethesda, Maryland) vient de montrer comment l'activité de la dopamine affecte des circuits neuronaux vitaux impliqués dans la motivation, l'apprentissage… c'est-à-dire les « circuits de la récompense ». Ils ont également démontré comment cette activité change lors du vieillissement. Ces résultats cruciaux pourraient bien, à long terme, mener à des stratégies thérapeutiques pour des maladies liées à un vieillissement anormal du cerveau, comme celle d'Alzheimer. Ces résultats sont publiés en ligne dans la revue américaine the Proceedings of the National Academy of Science (PNAS).

Dans leur étude, Jean-Claude Dreher et ses collègues ont observé le cerveau de 20 jeunes âgés d'une vingtaine d'années et celui de 13 sexagénaires. Ils ont utilisé deux puissantes techniques d'imagerie cérébrale : l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (ou IRMf), permettant de voir les zones du cerveau activées pendant l'exécution d'une tâche ; et la tomographie par émission de positrons (TEP), capable de mesurer la synthèse de dopamine. Ils observaient le cerveau des participants pendant que ces derniers regardaient l'image animée d'une machine à sous, suivie ou non d'une image montrant un gain d'argent ; ces deux images stimulant toutes deux les circuits neuronaux de la récompense.

Les résultats ont montré chez les personnes âgées, un niveau bas de fabrication de dopamine (observé en TEP) est lié à une activation anormalement élevée du cortex préfrontal (observé en IRMf). Cette activation élevée pourrait refléter l'existence d'un système de compensation nous permettant d'avoir un circuit neuronal de la récompense fonctionnant un minimum lors de nos vieux jours ; ce dernier étant vital. De plus, quand les participants apprenaient qu'ils avaient effectivement gagné à la machine à sous, les scientifiques ont noté que deux zones du cortex frontal et pariétal s'activaient moins chez les personnes âgées que chez les jeunes. D'après Jean-Claude Dreher, cela indique que le cerveau des personnes âgées est simplement moins sensible aux récompenses en l'occurrence ici, à l'argent.

Ces données sont très importantes pour la recherche fondamentale et médicale, car jusqu'à présent chez l'homme, seules des preuves indirectes - provenant d'études cliniques - suggéraient une association entre synthèse de la dopamine et le système cérébral du traitement des récompenses. De plus, il n'existait pas de données chez l'humain démontrant l'altération de cette relation lors du vieillissement.

Source : Communiqué de presse du CNRS. http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1418.htm


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