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L'intelligence héréditaire? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : Divers, Catégorie : Le Saviez-vous?

Proposé par Aurelie Lamberet, le 20-11-2008



L'hérédité de l'intelligence chez les ratsLa question de l'intelligence est depuis la naissance de la psychologie, au coeur de ses préoccupations. Le caractère génétique de cette faculté a fait l'objet de nombreuses études généralement sous-tendues par l'idéologie ou l'éthique de leurs auteurs. C'est le cas de cette série d'expériences initiée par Tryon, dans les années 40. Celui-ci désirait déterminer le caractère héréditaire de l'intelligence en contrôlant la descendance de population de rats, certains "intelligents", d'autres "stupides". Tout allait bien, jusqu'à ce que les plus "stupides" deviennent les plus "intelligents"...

Performance et intelligence 

En 1934, Tryon plaça, un par un, et 19 fois, des rats dans un labyrinthe, dans lequel un chemin menait classiquement vers de leur nourriture préférée. Sur 142 rats testés, Tryon sépara les rats qui faisaient le plus de fautes, et mettaient le plus de temps à trouver la nourriture, de ceux qui trouvaient leur pitance plus aisément et rapidement. Ils croisa entre eux les rats qu'ils nommaient "stupides" et ceux qu'ils nommaient "ntelligents", puis testa de même la seconde génération. Encore, une fois, il sélectionna les rats "stupides" pour les croiser entre eux, et les rats "intelligents", c'est-à-dire ceux qui trouvaient la nourriture rapidement et en commettant le moins d'erreur. Il réitéra les tests et les croisement sur de nombreuses générations, et constata :

  • qu'au bout de la 8ème génération, les meilleurs des rats "stupides", commettaient plus d'erreurs que les moins bons des rats "intelligents",
  • qu'il n y avait donc plus chevauchement des populations, et qu'elles étaient clairement délimitées : un couple de rats "stupides" donnerait inévitablement naissance à des rats "stupides", tandis qu'un couple de rats "intelligents" créérait des rejetons aussi doués qu'eux pour la recherche de nourriture dans le labyrinthe. Tryon, et de nombreux autres psychologues, y voyait là la preuve de l'hérédité de l'intelligence...

Rats des labos, rats des champs

Mais les choses ne semblent pas être aussi simples. Searle, un élève de Tryon, testa en 1949 la 22ème génération dans le but de déterminer les caractéristiques psychologiques des rats "intelligents" et des rats "stupides", lorsqu'ils sont placés dans des situations différentes de celle du labyrinthe. Contrairement aux conclusions de Tryon, les rats auparavant qualifiés de "stupides" se révélèrent beaucoup mieux adaptés aux situations nouvelles, notamment, dans des labyrinthes en hauteur, ou lors de recherches de nourriture en espaces ouverts. Les rats "stupides" se montrèrent beaucoup plus spontanés et beaucoup moins timides...

Tout se passait comme si Tryon avait en définitive sélectionné des rats spécialisés dans la tâche de labyrinthe. ceux qui ne reussissaient pas cette tâche étant qualifiés de "stupides", alors que les rats "intelligents", eux, n'étaient en définitive que des rats spécialisés dans cette tâche mais inadaptés à d'autres, comme un autiste, par exemple, pourrait être spécialisé dans le calcul mais incapable d'adaptation aux situations de la vie courante.

Celui qui juge définit les critères de jugement

De fait, les rats "stupides", moins performants en situation artificielle de laboratoire (le labyrinthe) se montraient régulièrement supérieurs aux rats "intelligents" dans des situations proches des situations naturelles... Malheureusement, ce type de comportement ne faisait pas partie de la conception que les psychologues de l'époque se faisaient de l'intelligence chez l'animal...

Outre le fait que cette expérience ne démontre en rien l'hérédité de l'intelligence, notion somme toute assez floue et non encore réellement définie, mais plutôt, l'hérédité de certaines capacités cognitives spécifiques, elle met à jour un problème bien plus sournois : étiquetter des individus à partir de résultats obtenus en situation artificielle, en laboratoire, est il réellement pertinent? Chez les hommes, on dispose d'un très bon exemple de situation artificielle, dans laquelle le petit d'homme est étiquetté de la même façon... L'école peut être vue comme un immense laboratoire où l'on place les enfants face à des problèmes artificiels, peux-t-on raisonnablement encore juger l'intelligence de l'enfant par son niveau d'éducation? N'y'a-t-il pas comme une contradiction inhérente, par exemple, à laisser le jugement de l'éducation au soin de personnes qui se sont si peu frottés à la situation naturelle hors du système éducatif?
 


Tryon, R. C (1940). Genetic differences in maze-learning ability in rats. Yearbook of the National Society for the Study of Education 39:111-119.
Tryon, R. C. (1942). Individual differences. in F. A. Moss (ed) Comparative psychology (Rev. Ed.). Prentice-Hall: NY.
Searle, L.V. (1949). The organization of hereditary maze brightness and maze dullness. Genetic Psychology Monographs, 39, 279 - 325.
   


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