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Groupe B - Personnalité borderline (état limite) Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychopathologie

Proposé par Stephane Desbrosses, le 19-12-2007



L'instabilité caractérise la personnalité borderlineGroupe B - Personnalité borderline (état limite)

1. Résumé des principaux critères du DSM-IV

Mode général d'instabilité des relations interpersonnelles, de l'image de soi et des affects, accompagnés d'une impulsivité. Pour parler de personnalité borderline, le sujet doit présenter au moins 5 des 9 manifestations suivantes :
  • efforts pour éviter les abandons réels ou imaginés
  • mode de relations interpersonnelles instable et intense (il y a souvent alternance entre des positions extrêmes d'idéalisation et de dévalorisation)
  • perturbation de l'identité avec instabilité de l'image ou de la notion de soi
  • impulsivité dans au moins deux domaines potentiellement dommageables pour le sujet
  • répétition de comportements, gestes ou menaces suicidaires ou comportements d'automutilation
  • instabilité affective due à une labilité de l'humeur.
  • Existence d'un sentiment chronique de vide
  • Colère intense et/ou inappropriée : difficulté à contrôler sa colère.
  • Survenue transitoire, généralement situations de stress, d'une idéation persécutoire ou de symptômes dissociatifs.

2. Données épidémiologiques (ratio/prévalence)

Prévalence : de 0.2 à 3% de la population générale, il s'agit finalement d'un trouble assez fréquent chez les patients hospitalisés en psychiatrie. Il est plus fréquent chez les femmes que chez les hommes.

3. Caractéristiques psychopathologiques du trouble

3.1. Symptômes

Instabilité au niveau des relations interpersonnelles, de l'image de soi et des affects : ces sujets sont dans une quête affective permanente, manifestent un besoin fondamental des autres et de leur présence, mais en se sentant toujours menacé par ces autres. Les sujets sont perpétuellement préoccupés par un abandon et par la crainte d'être abandonné (idée d'abandon réel ou imaginaire) Ces sujets décrivent de manière constante un sentiment de vide intérieur qui les envahit et évoquent des difficultés à trouver un sens à leur existence. L'humeur est labile et fonction des situations rencontrées. La faible tolérance à la frustration explique des colères parfois intenses. Le fonctionnement psychique du sujet borderline se base sur 2 mécanismes principaux : le clivage et l'idéalisation : les sujets vivent dans un monde manichéen (ce qui est bon peut cependant se changer en mauvais bien vite). Le mécanisme de clivage permet d'éviter la confrontation avec l'ambivalence et la souffrance dépressive. Ce clivage peut concerner la perception des autres autant que de soi-même. A certains moments, le sujet se juge incompétent et incapable ; à d'autres, il se sent sûr de lui et confiant. Les autres sont de même perçus soit comme bons, soit comme méchants, les personnes admirées peuvent devenir celles qu'ils détestent. Tout est blanc ou noir, et peut changer d'un moment à l'autre.

3.2. Relations interpersonnelles

Elles sont instables et précaires mais le plus souvent conflictuelles.

3.3. Expressions affectives, émotionnelles ; style cognitif

Les sujets sont avides sur le plan émotionnel et peuvent devenir dépendants des autres. Néanmoins, lorsque cette dépendance devient intolérable par le sujet, il y a rupture ou rejet, d'où un côté paradoxal du trouble. Le style cognitif est aussi marqué par une pensée dichotomique, en ce qu concerne l'image de soi mais aussi la perception des autres.

4. Adaptation et évolution des troubles

De nombreuses études montrent que l'évolution est généralement imprévisible, mais la personnalité borderline est souvent vécue sur un mode chronique. On relève fréquemment des passages à l'acte hétéro ou auto agressifs, avec notamment des épisode d'impulsivité sous la forme de conduites addictives (alcools, drogues,...). L'évolution la plus fréquente est une dérive vers la dépression (épisode dépressif), le plus souvent après une rupture sentimentale, qui vient renforcer le sentiment d'abandon.

5. Hypothèses explicatives

L'existence de mauvais traitements physiques et/ou psychologiques pendant l'enfance est avancée comme facteur de risque dans le développement de cette personnalité : de 20 à 70% des personnalité borderline avérée ont subit des abus sexuels, des pertes ou des séparations précoces, ou des conflits familiaux divers pendant l'enfance. Une autre hypothèse prend pour explication une absence ou des négligences parentales pendant l'enfance. Une troisième se base sur les études familiales, qui montrent que ce trouble est plus fréquent chez les apparentés du même type de trouble.

6. Prise en charge et Objectif thérapeutique

la prise en charge s'axe sur l'affaiblissement de la pensée dichotomique, l'augmentation du contrôle des émotions et le renforcement du sens de l'identité. Certaines études ont montré l'efficacité des tricycliques (antidépresseurs comme l'imipramine).

Source : Cours de psychopathologie - Licence - Université de Dijon
   

Mots-clés : borderline, personnalité, troubles de la personnalité, états-limite



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