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Groupe B - Personnalité Antisociale Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychopathologie

Proposé par Stephane Desbrosses, le 19-12-2007



La personnalité antisociale, à l'origine de ombreux crimes et délitsGroupe B - Personnalité Antisociale

1. Résumé des principaux critères du DSM-IV

Mode général de mépris et de transgression des droits d'autrui, représenté par au moins 3 des 7 manifestations suivantes :
  • incapacités à se conformer aux normes sociales
  • tendance à tromper par profit ou par plaisir (par exemple, mensonges répétés ou escroquerie)
  • impulsivité ou incapacité à planifier des actions
  • irritabilité ou agressivité (bagarres, agressions,...)
  • mépris pour sa sécurité ou celle d'autrui
  • irresponsabilité persistante (incapacités d'assurer un emploi stable ou d'honorer des obligations financières,...)
  • absence de remords ou indifférence après avoir blessé, maltraité ou voler autrui.

2. Données épidémiologiques (ratio/prévalence)

la prévalence est estimé entre 2.1 et 4.3% de la population (variable en fonction des pays). La personnalité antisocial est presque exclusivement masculine.

3. Caractéristiques psychopathologiques du trouble

3.1. Symptômes

Impulsivité et intolérance aux frustrations : les sujets sont incapables de différer l'accomplissement de leurs désirs, d'anticiper la conséquence de leurs actions, autant pour eux-mêmes que pour les autres. Ils sont également incapables de tenir compte des expériences passées. Il cherche la solution à ses conflits plutôt dans le passage à l'acte que dans la mentalisation ou la médiation avec les autres figurants des conflits. Transgressions des lois, règles sociales et morales, sans honte ni remords. Ces personnes vont au contraire se poser e victimes de la société, en rejetant volontiers la responsabilité et la culpabilité sur les autres, en les accusant de faire obstacle à la réalisation immédiate de leur plaisir. Présence d'un comportement agressif verbal et/ou physique, qui prend ses sources dans le mépris que le sujet éprouve pour les autres. Absence de ressenti émotionnel (émotions), égocentrisme : le sujet établi des relations superficielles souvent limitées à la recherche d'autosatisfaction immédiate. Un point très important est que l'ensemble de ces manifestations est présent depuis l'enfance de l'individu (très précoces), avec des comportements de l'enfant comme de grosses colères, fréquentes, de l'agressivité (envers les autres enfants ou les animaux) et une opposition précoce aux parents. Ces comportements antisociaux sont souvent renforcés au moment de l'adolescence, avec des bagarres multiples, des fugues et un refus de toute discipline. La scolarité est marquée par une grande instabilité, une qualité médiocre malgré un niveau intellectuel normal. A l'âge adulte, l'instabilité se ressent en premier lieu dans le domaine professionnel.

3.2. Relations interpersonnelles

Qualité médiocre

3.3. Expressions affectives, émotionnelles ; style cognitif

La vie sentimentale et affective est souvent une suite d'aventure sans lien durable. Les émotions effraient les personnalités antisociales (ils redoutent les expressions affectives : amour, haine,... car elles sont vues comme des faiblesses. Il y a un mépris des autres, sans soucis de leurs émotions : il y a un problème de perception et de reconnaissance des émotions. Le style cognitif est l'affirmation de soi (les sujets ont une image valorisée d'eux-mêmes). Ils se décrivent comme forts, autonomes, conquérants et dominateurs.. Les autres sont considérés comme des outils qu'ils peuvent exploiter.

4. Adaptation et évolution des troubles

Adaptation : les patients consultent rarement d'eux-mêmes, puisqu'ils pensent aller parfaitement, il n y a pas de souffrance subjective exprimée. Ils sont en fait souvent amenés par la justice. L'évolution se caractérise par une baisse progressive de l'agressivité et de l'instabilité avec l'âge, et de l'impulsivité (mais pas pour tous)

5. Hypothèses explicatives

Quels sont les liens avec les comportements criminels ? Des études longitudinales ont été réalisées avec des enfants répondant à 5 ans à certains critères de cette personnalité. 16% des enfants présentant des comportements antisociaux à 5 ans ont eu des problèmes avec la justice lorsqu'on les revoit 10 ans plus tard. Les auteurs ont montré également que ceux qui ont eu des problèmes sont ceux qui ont les niveaux intellectuels les plus bas. Les auteurs ont donc fait deux interprétations possibles : - un niveau intellectuel élevé permettrait de se protéger et de ne pas développer de comportements antisociaux. - Un niveau intellectuel élevé permettrait... de ne pas se faire prendre quand on a commis un délit. Globalement, on peut comprendre cette expérimentation comme montrant qu'il n y a pas de réel lien de causalité entre les comportements antisociaux de l'enfant et la personnalité antisociale adulte. On peut noter la présence de facteurs environnementaux prédisposant , comme le divorce des parents, dont l'interprétation peut être qu'il y a une absence d'autorité parentale conduisant l'enfant puis l'adolescent à se représenter un modèle d'identification stable. Une deuxième interprétation est l'absence ou le mauvais développement du surmoi (conscience morale). Une troisième hypothèse est l'existence de problème précoces relationnels, d'où une carence affective. Les modèles cognitifs et neuropsychologiques soulignent deux déficits dans le traitement de l'information : une perception et une reconnaissance des émotions altérées, et (a confirmer) une perception déficitaire des états mentaux chez autrui (intention ou croyance) Du point de vue génétique, les études gémellaires ou familiales montrent une part importante de ce facteur génétique, mais qui ne prendrait son importance que dans certaines influences environnementales.

6. Prise en charge et Objectif thérapeutique

Elle est difficile du fait de la nature du trouble : les sujets ne pensent pas avoir besoin d'un traitement. Ces sujets sont de plus très manipulateurs, y compris avec le thérapeute. La psychothérapie a pour but de mener le sujet a une réflexion sur soi et les autres, également à développer les faculté empathiques et l'analyse des situations interpersonnelles.

Source : Cours de psychopathologie - Licence - Université de Dijon
   

Mots-clés : antisociale, personnalité, troubles de la personnalité



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