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Conceptions traditionnelles et approches culturelles marginales Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychopathologie

Proposé par Stephane Desbrosses, le 19-12-2007



Les conceptions marginales peuvent nous apporter matière à réflexionNotre médecine classique se fonde sur une approche descriptive, rationnelle et scientifique, elle néglige cependant souvent l'étude des conceptions traditionnelles, dont l'approche est différente. Certains professionnels étudient ces approches afin d'améliorer leur pratique, tirant des enseignements de celles-ci, ou simplement, affinant la compréhension de l'individu qui lui, peut baigner dans une culture qui nous est éloignée.

1. Pourquoi étudier les conceptions traditionnelles de la folie?

En marge de la discipline psychopathologique, telle qu'elle se veut scientifique, existent d'autres conceptions que celles communément admises.

Bien que la validité de ces conceptions soit sujette à caution, il peut apparaître important de les faire connaître. Certains psychologues dont Nathan, les utilisent et les adaptent en fonction du milieu culturel dans lequel baignent ses patients. Cela permet entre autre de créer une atmosphère rassurante et de pratiquer en terrain connu pour ces patients.

Les connaissances de l'effet placebo ou l'effet de la relation thérapeute-malades sont suffisamment fournies pour indiquer qu'il ne faut pas négliger quelconque option. Un patient qui se sent bien avec son thérapeute, constitue le meilleur départ que puisse prendre sa guérison.

2. Quelques conceptions traditionnelles

Les conceptions les plus anciennes de la folie sont des théories de type magique, présentes dès le début de l’humanité, avant l’arrivée des religions monothéistes et avant la naissance de la médecine. Ces conceptions ont été et sont toujours présentes, et jouent un rôle intégrateur dans de nombreuses cultures, mais également un rôle thérapeutique, bien que de nombreux professionnels rejettent ces conceptions surnaturelles.

Par exemple, dans les sociétés d'Amérique du sud, Asie, Afrique… les malades font souvent appel à des guérisseurs ou des shamans. On retrouve plus près de nous, aux marges de la médecine officielle, toutes sortes de voyantes, médiums ou guérisseurs. Il peut être au moins utiles de les connaître, afin de ne pas se laisser surprendre le cas échéant...

- Dans les pourtours méditerranéens, une conception traditionnelle de la maladie est le « Mal de Ojo » ou mauvais œil. Les enfants sont surtout touchés, les symptômes sont : sommeil agité, pleurs sans raison apparente, fièvre, diarrhée,… (notons que cela ressemble grandement à une forte gastroentérite). On explique traditionnellement dans cette culture, cette maladie, par le fait que l'enfant est trop beau et que plusieurs personnes le regarderaient avec envie et même jalousie. Ces mauvais yeux provoqueraient alors la maladie... Certains parents jugeant leur enfant trop beau, vont même jusqu'à le cacher!

- Dans le sud des USA, pour certaines populations d'origine africaine et européenne, une des conceptions magiques récurrentes est le Rootwork : les personnes qui en souffrent ont tous les symptômes là aussi de la gastroentérite (avec vomissements, nausées,…) mais la maladie est attribuée à un sortilège. On fait alors appel à un guérisseur traditionnel pour "sauver" le malheureux maudit.

- Cette même population croit à un état de transe dans lequel ils communiquent avec l’âme des morts. Pendant ces états, ils peuvent changer de personnalité. Ces phénomènes ne sont pas considérés comme pathologiques.

- Le Susto est la peur de la perte de l’âme. On trouve cette croyance en Amérique du sud, surtout chez les indiens Quechuas. Les symptômes en sont d’intenses fatigues psychiques, physiques, le sujet se replie sur lui-même,… cela ressemble fort à la dépression, le sujet a de fréquents cauchemars, des crises d’épouvante la nuit autant que le jour, il va même jusqu’à en pousser des cris, comme dans un état de stress post-traumatique. Les indiens pensent qu’un événement traumatisant a pu faire fuir son âme, et cela est attribué à la terre mère qui organise la vie.

- Le Zar est une conception que l’on peut trouver dans l’est de l’Afrique (Éthiopie, Somalie, Soudan, Egypte,…) mais qui a aussi existé en Europe. Il représente la possession d’un individu par des esprits, le malade peut avoir des comportements agités, tantôt maniaques, tantôt dépressifs comme dans la Psychose maniaco-dépressive. Les sujets tentent de s’adresser aux possesseurs, la maladie n’est pas considérée comme telle.

3. Pourquoi ces croyances?

Le but de ces explications est de proposer un système de causalité, dont une des caractéristiques est que la cause est toujours externe. Bien que ces conceptions magiques entrent en contradiction avec les schémas classiques de la médecine officielle, elles peuvent avoir un réel intérêt et une efficacité relative. Trouver des causes externes à une maladie mentale n'est certes pas un fait inconnu de la médecine classique pour laquelle il arrive de chercher les causes d’une maladie dans un événement externe, par exemple, un événement traumatique.

Une deuxième caractéristique est que la conception magique offre une cause surnaturelle : l’origine des troubles est liée à des divinités, de mythiques esprits, génies ou démons. Par exemple, pour le Zar, c’est un esprit hostile qui a pris possession d’un individu. Il n’y a pas de distinction entre les troubles psychiques et physiques, c’est juste considéré comme un malheur, pas comme une vraie maladie, qui touche non seulement l’individu, mais sa famille et son groupe social. Cela représente une force d'intégration non négligeable : le traitement est traditionnel, l’individu ne le supporte pas seul, mais son groupe et sa famille sont tous concernés. Parfois, il y a de véritables rituels de guérison, et tout ceci peut avoir un fort impact sur la souffrance de la personne concernée.

Les conceptions traditionnelles ne sont pas moins illogiques dans leur approches, que certaines théories dites scientifiques : elle réalisent 4 opérations, et définissent ainsi :

- la maladie (symptômes,…)
- ses mécanismes (comment cela est arrivé et s'est développé,…)
- l’agent de la maladie (quel est le vecteur responsable)
- les origines de la maladie (pourquoi c’est arrivé)

En marge d'un culture résolument scientifique, on trouve en occident de nombreux exemples de médecines se trouvant à mi chemin de ces conceptions : magnétiseurs, exorcistes, guérisseurs... de nombreux témoignages affirment l'existence d'un réel pouvoir de plusieurs d'entre eux. bien que les approches philosophiques ou religieuses, ou surnaturelles, de ces conceptions restent au jugement de chacun, la science, plutôt que de rejeter ces conceptions, a pu les étudier et émettre certaines hypothèses, sommes toutes assez intuitives. Les relations entre bien être et système immunitaire sont connues. L'effet placebo est également incontournable. Par ces effets, les conceptions surnaturelles peuvent aider le patient, ce qui est le but avant toute chose.

Source : Connaissances générales
   

Mots-clés : culture, Introduction à la psychopathologie, maladie, tradition



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