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Les conceptions anciennes de la maladie mentale Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychopathologie

Proposé par Stephane Desbrosses, le 19-12-2007



Les bases de la psychopathologie remontent à l'antiquitéBien que la discipline "Psychopathologie" soit récente, l'étude de la maladie mentale, ou du trouble mental, remonte à l'antiquité ; se sont succédées plusieurs conceptions, pour certaines magiques ou maléfiques, tandis que d'autres correspondent à l'ébauche d'une étude scientifique et rationnelle de la maladie.

1. Conceptions médico-philosophique de la maladie dans l’antiquité grecque

Les conceptions de la maladie mentale se rapportant à la philosophie et la médecine de l’antiquité grecque, ont servi de modèle à la médecine pendant très longtemps. De 460 à 375 avant Jésus-Christ, Hippocrate fut un des premiers à renier les conceptions magiques de la maladie, et à intégrer l’idée d’une médecine scientifique. C’est à lui que l’on doit notamment la première classification connue des maladies dans l’histoire occidentale.

Réfutant toute explication surnaturelle de la maladie, il présente l’idée d’une médecine rationnelle basée sur l’observation, la description et le raisonnement, mais fait cependant appel à la philosophie pour rendre compte des passions humaines, afin de trouver certaines explications que les moyens techniques de l'époque ne permettaient pas de mettre à jour.

Selon sa vision, le système humain est considéré comme un équilibre entre les différentes humeurs qui constituent l’individu, la maladie étant une rupture de cet équilibre. Sa théorie des humeurs indique que le corps humain contient du sang, du phlegme, de la bile jaune et de la bile noire. A chacune de ces humeurs correspond un des quatre "tempéraments" humain : sanguin, lymphatique, bilieux et mélancolique. La santé est vue comme l’équilibre de ces 4 humeurs : S'il y a une prédominance de l'une, il convient de rétablir l'équilibre dans le but de soigner.

Hippocrate explique ainsi de manière pseudo scientifique certaines maladies comme la mélancolie, due selon lui à un excès de bile noire ("melas kole"). Cette médico-philosophie permet tout de même d'opérer un changement radical des représentations que l'on se faisait de troubles mentaux : alors qu’avant lui, par exemple, l’épilepsie était considérée comme une maladie sacrée due aux dieux, elle est pour lui une sécrétion excessive de bile jaune qui envahit le cerveau (Il est donc un des premiers également, à faire un lien avec le cerveau) et cause la crise épileptique. Cependant, il reste sur une conception surnaturelle concernant certaines maladies, dont l'hystérie : selon lui, l’utérus des femmes migre vers le haut est cela provoque l’hystérie.

Ces théories perdent beaucoup d’importance en Europe au 5ème siècle, puis reviennent avec leur traduction entre les 9ème et 13ème siècles, pour reprendre une grande importance au 14ème, surtout grâce aux traductions systématiques de grec à l’arabe puis au latin (Avicenne et Rhase).

2. Conceptions de la folie dans le moyen-âge.

Il s'agit d'une période obscure pour la représentation des troubles mentaux... La médecine s’appuie moins sur la rationalité et l’observation, mais accorde plus de place à l’esprit, on parle de conception métaphysique. Plusieurs points de vue ont en fait coexisté, en particulier une théorie de la folie dans laquelle celle-ci est largement tolérée, puis une autre dans laquelle, au contraire, elle est largement réprimée : Avant le 11ème siècle, les malades étaient parfois considérés comme des prophètes, ou considéré comme malades, mais pris en charge par les familles. Point de vue qui se détériora avec les abus religieux.

En référence aux croyances religieuses, celui qui est malade est possédé par le diable, le traitement doit donc être d’ordre religieux, avec des confessions, des repentirs publics,… Il n’existe pas d’établissement asilaire avant l’an 1000, et ceux que l’on nomme les fous vivent dans la communauté avec le soutien et l’assistance du groupe familial et social.

Dans la deuxième partie du moyen âge, on va assimiler la folie à la sorcellerie : les fous vont être les premiers à brûler sur le bûcher. Le contexte social, économique et politique de l’époque, désastreux, s'ajoute : la grande peste noire de 1348 fait des milliers de victime et ébranle ainsi l’autorité des voies divines et humaines. C’est le temps des hérésies : il y a un sentiment général de peur ; pour réprimer les désordres croissants, l’église va autoriser et lancer l’inquisition (pape Innocent III) dès 1499, qui va lutter contre toutes les formes "d’hérésie" par des enquêtes systématiques, très peu rigoureuses, et souvent arbitraires. Cela débouche finalement sur une chasse aux sorcières, l’Europe se couvre de bûchers pour les déviants et les malades mentaux.

Il y'a à cette époque en occident une conception démoniaque de la maladie : toute maladie inconnue est attribuée au diable, reliée à une sexualité débridée et perverse. La femme est ainsi considérée comme une porte d’ouverture du diable.

Celles que l'on nommait sorcières étaient probablement seulement des guérisseuses traditionnelles : bien mal leur en as pris, l'inquisition leur fit subir des supplices et des tortures jusqu’à en obtenir un aveu forcé.
   

Mots-clés : antiquité, conceptions anciennes, Introduction à la psychopathologie, magie, maladie



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