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Freedman (1965) et Lepper (1973) : L'obéissance libre des enfants Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychologie sociale

Proposé par Stephane Desbrosses, le 20-12-2007



On aimerait parfois qu'ils se tiennent tranquilles...Un an avant de faire découvrir au monde le phénomène de Pied-dans-la-porte avec son collègue Fraser, Freedamn réalisait une expérience avec de charmants bambins, sur le modèle d'une étude précédente d'Aronson et de Carlsmith, effectuée elle même sur des enfants.

Ces enfants étaient incités à ne pas utiliser dans leurs jeux, un jouet qu'ils trouvaient particulièrement attractif et qu'on avait pourtant mis à leur portée. On s'était assuré de cette attractivité lors de questionnaires précédent l'expériemntation.

Tout comme Aronson et Carlsmith (seul le cadre théorique de cette partie de l'expérience changeait par rapport à la précédente expérience), l'expérimentateur utilisait deux type de menaces afin de dissuader le bambin : soit, une menace considérée comme lourde, lors de laquelle l'expérimentateur racontait qu'il se rait très en colère et punirait l'enfant si celui-ci s'avisait de jouer avec l'objet particulièrement attractif, soit, une menace plus légère, pour laquelle l'expérimentateur disait seulement qu'il serait déçu si, pendant son absence, l'enfant utilisait le jouet attractif. L'expérimetateur s'absentait ensuite et s'assurait en les observant à leur insu que les enfants respectaient sa consigne.

Dans l'expérience, la pression sociale était sûrement suffisamment forte pour empêcher les enfants de désobéir, quellle que fut la menace. Il s'avérait qu'aucun d'entre eux ne tenta effectivement d'utiliser dans ses jeux le jouet attractif.

La seconde partie de l'expérience se déroula quelques semaines plus tard : ce délai permettait d'éviter aux enfants d'établir un rapprochement entre les deux expériences. Lors de la deuxième, les enfants étaient amenés, le temps d'une pause, à s'amuser seuls. On leur fournissait pour cela quelques jouets... dont le fameux jouet à l'attracitvité si particulière auparavant.

Freedman observa alors qu les enfants ayant subi une menace forte étaient deux fois plus nombreux à s'approprier le jouet attractif pour leurs jeux, que les enfants ayant subi une menace faible (67% contre 29%!)... Tout se passait comme si l'interdiction forte prononcée auparavant incitaient les enfants à choisir ce jouet lors de jeux ultérieurs, tandis qu'à l'inverse, une menace faible faisait perdre beaucoup d'interêt à un jouet précédemment très attractif.

De telles expériences furent réalisées à plusieurs reprises et donnèrent lieu à chaque nouvelle étude, à des résultats sensiblement identiques.

Fort de ces acquis, Lepper construisit en 1973 une suite étonnante à cette expérience. Le principe de la première partie de l'expérience était semblable à celle de Freedman : il étaiet demandé aux enfants de ne pas utiliser un jouet qu'ils considéraient comme très attractif, ce, par le biais de menaces "fortes" ou "faibles".

Mais la seconde partie de l'expérience, réalisée quelques semaines plus tard, révélait un phénomène autrement plus étonnant : on plaçait les enfants face à un test pour lequel les gains étaient réels et très motivants : l'enfant avait ainsi la possibilité de repartir avec des prix interessants, à condition de bien réussir le test. outefois, celui-ci était onstruit de telle sorte qu'ils soit impossible d'obtenir un score élevé, à moins de le falsifier, c'est-à-dire, à moins de tricher vilement...

Et Lepper constata que si les enfants placés en condition de menace forte dans la première partie de l'expérimentation, n'hésitaient pas trop à tricher lors du test, ceux ayant subi une menace faible résistaient davantage à la tentation de falsifier leur score... Un peu comme s'ils avaient intégré une réelle norme de vie morale supérieure. Les enfants avaient appris à se conduire honnètement grâce à la faiblesse de la menace, diront certains. Que s'était-il passé? Une menace forte agit comme une raison suffisante, dans le système de pensée de chacun, pour expliquer qu'on aie choisi de ne pas adopter un comportement qui nous aurions pourtant voulu avoir. Cette interdiction forte partie, il n' y a plus de raison de s'empêcher ce comportement. L'interdiction forte le rend même encore plus enviable. Ce qui est interdit a toujours un côté plus attractif.

A l'inverse, une menace faible ne constitue pas une raison bien valble pour le système de pensée : que l'on se soit retenu d'adopter un comportement alors que son interdiction fut faible, cela ne peut s'expliquer que par les goùts personnels... Les enfants ayant subi une menace faible, pour conserver la cohérence de leur systme cognitif, n'ont eu d'autres choix que de se dire que le jouet attractif ne l'était en définitive pas tellement. Ils ont ainsi ajusté leur système de pensée en fonction de leurs comportements.

Ces expérimentations furent bien entendu réalisées de telle sorte qu'aucun enfant n'eu le sentiment de participer à quelconque expérience, mais plutôt de simplement d'attendre leur parents occupés à d'autres activités pendant ce temps. En ce sens, elles s'approchent de la réalité du terrain. Elles correspondent à des phénomènes quotidiens et concrets, non à des expériences de laboratoire difficiles à reporter sur le plan de la vie réelle.

Elles posent donc là des bases nouvelles pour une pédagogie qui l'est autant : lors de l'expérience, les enfants ayant subi une menace faible semblent avoir ajusté leurs cognitions en intégrant des normes de comportements d'un niveau supérieur, des sortes de règles de vie que l'on a souvent bien du mal à leur faire adopter.. A partir d'un comportement simple (ne pas jouer avec ce qu'il nous plairait de jouer), ils ont intégrer une norme de comportement, l'honneteté ou résister à la tentation d'un comportement malhonnète... et ce, sans qu'on eu besoin d'exercer sur eux une pression excessive, bien au contraire, en fait!

Comme le remarquent Beauvois et Joule : Le plus déroutant est encore que l'on y soit parvenu sans persuasion et sans grand discours. L'adulte n'a pas eu besoin de fournir aux enfants de forts arguments. Des expériences analogues se sont déroulées avec des adultes et montrent bien que pour cet aspect, notre comportement ne se différencie pas foncièrement de celui des sujets enfants de Freedman et Lepper.

Source : Beauvois J-L, Joule R-J, Petit traité de manipulation à l'usage des honnètes gens. Paris PUF, 1983
   

Mots-clés : dissonance cognitive, expérimentation, libre arbitre, manipulation, pression sociale, théorie de l engagement



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