Facile à dire, facile à être, ou bien?
Il semblerait bien que les préjugés soient tenaces, parfois tellement enfouis en nous que nous n'en sommes abslument pas conscient, et croyons même en notre sincérité lorsque nous nous clamons exempts de ces croyances néfastes, que nous avons tôt fait de reconnaître chez nos voisins ou dans notre entourage... Lors d'une expérimentation, au départ, banale, Duncan présenta un film à des étudiants blancs américains se disant exempts de préjugés vis-à-vis des personnes noires. Pourquoi cette exéprience? Lors d'un questionnaire donné précédemment à ces étudiants, Duncan se rendit compte que le premier trait qu’ils attribuaient au noirs, était la violence... Une bien curieuse constatation qui le laissa perplexe.
Le film consistait en une discussion entre deux personnages : la discussion s'envenimait modérémment, et à la fin du dialogue, l’un des deux donnait une tape dans le dos de l’autre. Le geste à l'écran était toutefois volontairement ambigu : Impossible de savoir réellement s'il s'agissait là d'une tape amicale, histoire de dire que la conversation est terminé et "bah, oublions l'incident et retrouvons-nous une prochaine fois!", ou bien, s'il s'agissait d'une marque manifeste d’agression d'un personnage frustré et coléreux envers celui qui le défiait verbalement.
L’idée de Duncan était que ce geste serait perçu de façon à conforter les stéréotypes : Si le personnage donnant une tape est considéré comme violent, il y a fort à parier, que les étudiants diront que la tape est une marque d'hostilité plutôt qu'une marque amicale... Ceci dit, rapellons que les étudiant disent ne pas avoir de préjugés envers les noirs, il n y a aucune raison alors pour qu'ils considèrent ceux-ci comme violent, plus que des blancs...
Duncan avait en fait réalisé plusieurs films, pour chaque situations testée (4 situations): plusieurs acteurs noirs et blancs ont joué, chacun le rôle tour à tour d’«agresseur » et d’«agressé ». Tout acteur se retrouva donc tantôt dans le rôle de celui qui tapait dans le dos de son interlocuteur, tantôt, dans le rôle de celui qui subissait la tape.
Après avoir visionné l'un des films, les étudiants devaient estimer le degré d'agressivité du geste, sur une échelle d'attitude (de "1/geste très amical - 2/geste un peu amical - ...etc... jusqu'à "franchement agressif)
Bien que se considérant exempts de préjugés, les étudiants n'en était pas moins adhérents aux stéréotypes ambiants... Les résultats de l'expérience laissent perplexe! Lorsque "l'agresseur" fut noir, nombre d'étudiant voyaient en son geste une marqu manifeste d'hostilité... Qu'un blanc donne une légère tape dans le dos d'un autre blanc ou d'un noir, par contre, cela ne pouvait être qu'une petite tape amicale, bourrue mais en définitive absolument bienveillante...
Il n'est bien sûr pas évident de juger de la sincérité des sujets lorsqu'ils se clamaient exempts de préjugés : beaucoup le font, nous le savons, sous la pression sociale... mais certains le croient vraiment. Au vu des résultats, il semble (statistiquement parlant) que l'effet de distorsion perceptive (du au préjugés et stéréotypes) soit présent autant chez ceux qui se disent exempts de préjugés sous une pression morale, que chez ceux qui se croient réellement exempts de préjugés, par choix personnel.
Ecrit par: Leeloo le 23-12-2007
Duncan donne un questionnaire qui fait ressortir que les étudiants trouvent les noirs agressifs...
A partir de là, l'expérience n'a pas besoin d'aller plus loin :
S'il s'agit effectivement de préjugés dans le questionnaire, le film n'apporte aucune information supplémentaire (puisque pour faire le film, il se base sur les préjugés des gens à qui il montre le film)
S'il ne s'agit pas de préjugés dans le questionnaire (ce qui paraît surprenant, mais peut être possible quand même : vécu de situation de la part d'un grand nombre d'étudiants interrogés), alors le film les renforcera dans leur opinion : et on aura le même résultat au sondage...
Il aurait été plus judicieux de s'interesser au premier questionnaire, et d'essayer de savoir pourquoi le résultat était celui-ci, plutôt que de refaire un deuxième questionnaire (car le film revient à ça) qui ne fait que conforter le premier... sans donner de signification aux réponses !
Car le fait est qu'on ne sait pas si les réponses des étudiants aux questionnaires tenaient de préjugés ou de "connaissances".
Tout ça pour dire que poser deux fois la même question, et obtenir deux fois la même réponse, n'expliquera jamais pourquoi c'est cette réponse là.