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Duncan (1976) : Peux-t-on réellement être exempt de préjugés? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychologie sociale

Proposé par Stephane Desbrosses, le 20-12-2007



Les préjugés sont coriaces et insidieux! peut-on réellement en être exempt?Pour une personne bien pensante, il s'agit d'être ouvert, de ne pas se laisser aller à s'accorder d'opinions prédéfinies, d'être en quelque sorte "exempts de préjugés". Nombre sont ceux qui vous le diront, une bonne moralité passe par une absence de préjugés envers autrui.

Facile à dire, facile à être, ou bien?

Il semblerait bien que les préjugés soient tenaces, parfois tellement enfouis en nous que nous n'en sommes abslument pas conscient, et croyons même en notre sincérité lorsque nous nous clamons exempts de ces croyances néfastes, que nous avons tôt fait de reconnaître chez nos voisins ou dans notre entourage... Lors d'une expérimentation, au départ, banale, Duncan présenta un film à des étudiants blancs américains se disant exempts de préjugés vis-à-vis des personnes noires. Pourquoi cette exéprience? Lors d'un questionnaire donné précédemment à ces étudiants, Duncan se rendit compte que le premier trait qu’ils attribuaient au noirs, était la violence... Une bien curieuse constatation qui le laissa perplexe.

Le film consistait en une discussion entre deux personnages : la discussion s'envenimait modérémment, et à la fin du dialogue, l’un des deux donnait une tape dans le dos de l’autre. Le geste à l'écran était toutefois volontairement ambigu : Impossible de savoir réellement s'il s'agissait là d'une tape amicale, histoire de dire que la conversation est terminé et "bah, oublions l'incident et retrouvons-nous une prochaine fois!", ou bien, s'il s'agissait d'une marque manifeste d’agression d'un personnage frustré et coléreux envers celui qui le défiait verbalement.

L’idée de Duncan était que ce geste serait perçu de façon à conforter les stéréotypes : Si le personnage donnant une tape est considéré comme violent, il y a fort à parier, que les étudiants diront que la tape est une marque d'hostilité plutôt qu'une marque amicale... Ceci dit, rapellons que les étudiant disent ne pas avoir de préjugés envers les noirs, il n y a aucune raison alors pour qu'ils considèrent ceux-ci comme violent, plus que des blancs...

Duncan avait en fait réalisé plusieurs films, pour chaque situations testée (4 situations): plusieurs acteurs noirs et blancs ont joué, chacun le rôle tour à tour d’«agresseur » et d’«agressé ». Tout acteur se retrouva donc tantôt dans le rôle de celui qui tapait dans le dos de son interlocuteur, tantôt, dans le rôle de celui qui subissait la tape.

Après avoir visionné l'un des films, les étudiants devaient estimer le degré d'agressivité du geste, sur une échelle d'attitude (de "1/geste très amical - 2/geste un peu amical - ...etc... jusqu'à "franchement agressif)

Bien que se considérant exempts de préjugés, les étudiants n'en était pas moins adhérents aux stéréotypes ambiants... Les résultats de l'expérience laissent perplexe! Lorsque "l'agresseur" fut noir, nombre d'étudiant voyaient en son geste une marqu manifeste d'hostilité... Qu'un blanc donne une légère tape dans le dos d'un autre blanc ou d'un noir, par contre, cela ne pouvait être qu'une petite tape amicale, bourrue mais en définitive absolument bienveillante...

résultats Duncan et al, racisme et préjugés


Il n'est bien sûr pas évident de juger de la sincérité des sujets lorsqu'ils se clamaient exempts de préjugés : beaucoup le font, nous le savons, sous la pression sociale... mais certains le croient vraiment. Au vu des résultats, il semble (statistiquement parlant) que l'effet de distorsion perceptive (du au préjugés et stéréotypes) soit présent autant chez ceux qui se disent exempts de préjugés sous une pression morale, que chez ceux qui se croient réellement exempts de préjugés, par choix personnel.

Source : Cours de psychologie sociale - Dijon
   

Mots-clés : attitudes, expérimentation, préjugés, racisme, stéréotypes

2 commentaire(s)

Ecrit par: Leeloo le 23-12-2007

Je ne suis pas sur de bien voir ce que l'expérience démontre (ou veut démontrer) et du coup, de ce que je comprends, je ne la trouve pas très pertinante : 
 
Duncan donne un questionnaire qui fait ressortir que les étudiants trouvent les noirs agressifs... 
A partir de là, l'expérience n'a pas besoin d'aller plus loin : 
S'il s'agit effectivement de préjugés dans le questionnaire, le film n'apporte aucune information supplémentaire (puisque pour faire le film, il se base sur les préjugés des gens à qui il montre le film) 
S'il ne s'agit pas de préjugés dans le questionnaire (ce qui paraît surprenant, mais peut être possible quand même : vécu de situation de la part d'un grand nombre d'étudiants interrogés), alors le film les renforcera dans leur opinion : et on aura le même résultat au sondage... 
 
Il aurait été plus judicieux de s'interesser au premier questionnaire, et d'essayer de savoir pourquoi le résultat était celui-ci, plutôt que de refaire un deuxième questionnaire (car le film revient à ça) qui ne fait que conforter le premier... sans donner de signification aux réponses ! 
Car le fait est qu'on ne sait pas si les réponses des étudiants aux questionnaires tenaient de préjugés ou de "connaissances". 
 
Tout ça pour dire que poser deux fois la même question, et obtenir deux fois la même réponse, n'expliquera jamais pourquoi c'est cette réponse là.

 

Ecrit par: Carnégie le 23-12-2007

J'aurais pu être plus clair et je vais remanier l'article :) 
 
En fait, lors du premier questionnaire, l'ensemble des étudiant tenait pour acquis qu'il n y avait pas réellement de différences entre Noirs et blancs. seules quelques questions laissaient présupposer de l'existence de préjugés. Mais de la même façon qui si l'on te posait un questionnaire sur les Arabes, par exemple, il est probable que toi et moi, dans un tel questionnaire, et sous le joug de la préssionsociale, faisions comme si nous n'avions aucun préjugés. Pas de différence entre Arabes et Français pur souche. C'est ce que veut la "bonne pensée". 
 
Et de fait, les étudiants, dans l'expérience de Duncan, non seulement se disaient exempt de préjugés, mais par le questionnaire, le montraient. Exemple, une question disant "vous embaucheriez plutôt un noir ou un blanc? rep noir - blanc - peu importe" alors tout l'monde répondait "peu importe". Parce que la question était claire... 
 
Le film a seulement servi à relever les vraies pensées de ces étudiants... 75% d'étudiants se disant exempt de préjugés en ont tout d'même, semble-t-il. On peut faire un amalgmae facile : 80% des français, en 1995, s'affirmait anti Le Pen... Ces 80 % sont exactement dans la même situations que les étudiants testés : Il est bien connu que les étudiants sont les premiers à manifester pour les grandes causes, par exemple contre le racisme. cette expérience suggère que 75% de ses étudiants sont tout d'même ancrés dans leur préjugés malgrè ce qu'ils en afficheent. imaginez alors l'impact des préjugés sur une population normal, l'ensemble de la population, en fait... 
 
Probablement, 3 personnes sur 4 se laissent aller à la passivité et aux stéréotypes. Notre histoire nous montre de manière flagrante, d'ailleurs, cette tendance à dissocier les actes des faits : Si je posais la question : "auriez-vous été résistant ou collaborateur pendant la seconde guerre mondiale?". Sans trop m'avancer, je pense qu'une large proportion des français, répondrait "résistant". Une bien plus grande proportion que celle qui a effectivement été, lors de la seconde guerre mondiale.

 


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