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Aronson et Mills (1959) : Les rites initiatiques de nos adolescents Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychologie sociale

Proposé par Stephane Desbrosses, le 20-12-2007



Les tatoos sont des rites initiatiques dans certaines anciennes tribusLes rites initiatiques sont des pratiques anciennes, ils servaient dans les cultures ancestrales, généralement de former l'enfant et de le faire entrer dans la vie adulte. Ces rites n'ont pas disparu mais se sont transformés : on se retrouvent de nos jours sous des forment diverses, souvent des comportements à risques pour entrer dans un "groupe", de simples épreuves comme le bac, ou d'autres formes de rituels d'entrée comme le bizutage, par exemple...
Les rites sont généralement des comportements couteux, en ressources, en temps ou du point de vue émotionnel (s'humilier en public, ou travailler dur pour une épreuve nationale). Plus on a investi dans ses rites, plus, lorsqu'ils sont passés, ils sont perçus comme une étape importante, indépendamment de ce qu'ils y gagne réellement...

Dans une expérimentation visant à le démontrer, Aronson et Mills (1959) conduisent des étudiantes à émettre un comportement coûteux pour accéder à une situation qu’elles estiment source d’intérêt.

L’hypothèse des auteurs est que pour les sujets, la dissonance cognitive sera d’autant plus forte qu’un comportement coûteux a été émis alors même que la situation visée n’était pas conforme aux attentes. Dans ce cas, comparativement aux sujets n’ayant pas eu à émettre de comportement coûteux, ces sujets devaient entamer un processus de réduction de la dissonance qui devait les conduire à juger plus favorablement la situation visée.

Autrement dit, lorsqu'une personne émet un comportement coûteux pour arriver à un but, cela va rendre à ses yeux, ce but, une fois atteint, beaucoup plus important que si le comportement qu'il lui avait fallu pour l'atteindre n'était pas aussi difficile. Quand on fait beaucoup d'efforts pour avoir quelque chose, en quelque sorte, on l'apprécie plus que si on n'a pas de difficultés à l'avoir... en voici la preuve expérimentale!

Les étudiantes sont recrutées sous le prétexte d’une participation à des groupes de discussion (il y en a souvent aux USA). Les auteurs leur disent que c’est un groupe de discussion de Psychologie Sexuelle, et que pour y participer, les étudiantes doivent savoir parler de sexe en public.

Trois groupes d'étudiantes sont formées : dans le premier groupe, les étudiantes doivent lire en public une liste de mots obscènes et lire le récit de 2 actes sexuels (Pour la morale américaine, ceci est choquant, et représente une initiation sévère, avec un coût initial de comportement, assez élevé). Dans la 2ème condition, les étudiantes doivent lire une liste de mots de sens sexuel mais non obscène (initiation légère). Pour la 3ème condition (contrôle), il n y a pas d’initiation.

Une fois le comportement effectué, on annonce aux étudiantes qu’elles sont aptes et vont participer à la première séance, dont on fait en sorte qu’elle soit totalement inintéressante. Elles doivent visionner un film sur le comportement sexuel des animaux, suivi d’un débat.

On demande ensuite à tout le monde de noter l’intérêt de la discussion : elles doivent attribuer un score à chacun des participants au débat. L’hypothèse est que les sujets ayant subit une dissonance sévère devraient trouver plus intéressant la séance. Plus on a fournit d'effort pour participer à cette discussion, mieux on devrait l'apprécier, même si elle est objectivement ininteressante...

Les résultats sont conformes aux hypothèses : lorsque la dissonance est sévère, les étudiantes disent de la séance qu’elle est plus intéressante, que les participants au débat sont plus intéressants comparativement à la condition à faible dissonance (l’effet est encore plus flagrant lorsqu’il n y a pas de dissonance). Si l’effort est disproportionné, la réduction de dissonance se traduit par une surévaluation : le groupe d'étudiantes qui a eu à lire des mots obscènes, trouve curieusement le sujet passionnant alors que les autres reconnaissent qu'il est ennuyeux...

Selon Callia, les femmes utilisent déjà ce principe en se forçant à résister à leur prétendant ^^

Source : Aronson, E., MiIls, J., (1959), The effect of severity of initiation on linking fora group, Journal of Abnormal Social Psychology, 59, 177-181.
   

Mots-clés : dissonance cognitive, initiation, rites, réduction de dissonance, surévaluation



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