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Allport (1920-1924) : l'effet de coaction Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychologie sociale

Proposé par Stephane Desbrosses, le 20-12-2007



La présence d'autrui modifie radicalement le comportement de tout un chacun!Au début du 21ème siècle, la psychologie sociale à peine naissante tente de trouver ses marques méthodologiques ainsi que ces thèmes fédérateurs. Floyd Henry Allport (1920-1924) est l’un des premiers auteurs à étudier à ce qui allait devenir un domaine central de recherche dans la discipline : l’influence sociale. Il s’intéressa plus précisément à l’une des composantes de la facilitation sociale, la coaction.

Introduction : contexte

Après les travaux précurseurs de Triplett (1897-1898), son analyse des performances de cyclistes ou d’enfants en présence de pairs(1), la facilitation sociale constitue un domaine privilégié de recherche pour la jeune psychologie sociale : centrée sur les performances individuelles, elles-mêmes en rapport avec l’entourage social, elle permet à la psychologie sociale de se démarquer de la sociologie, tout autant que des autres disciplines de la psychologie.

C’est dans ce contexte qu’Allport entreprend d’affiner les connaissances en matière de co-action : Triplett ayant étudié les comportements physiques et conclut que ceux-ci sont améliorés en situation de coaction, restait à démontrer qu’il en allait de même pour les travaux intellectuels. Travaillez-vous mieux si vous êtes surveillé ? Avez-vous l’esprit plus vif en groupe que seul sur une tâche intellectuelle? Ou même, seulement si quelqu'un est présent dans la même pièce que vous?
 
Pour répondre à ces questions, l'auteur compare la performance à une série de tests(2), d'un ensemble de sujets placés dans des situations isolées ou en coaction (avec d'autres sujets effectuant la même tâche). Pour exemples de tâche : tâche d'association de mots en chaîne, tests de raisonnement... La tâche en elle même est peu importante : il est juste nécessaire que celle-ci se centre sur la mobilisation des ressources mentales.

Allport met donc ses sujets dans deux situations possibles : soit ils réalisent les tâches seuls, soit ils sont également mis en présence (visible) d'un pair effectuant le même test. L'auteur précise bien aux sujets que ceux-ci ne sont pas dans une situation de compétition. Ainsi, espère-t-il, la rivalité, qui constitue un problème social distinct, sera réduite à son minimum, et les tests permettront d’évaluer le seul effet de la présence d’autrui en train de réaliser la même tâche. L'auteur mesure alors la performance des sujets à ces différents tests.

Méthodologie et Résultats

26 étudiants se prêtèrent à l’expérience, et, sécurité surprenante pour l’époque, un nombre conséquent de variables telles que la place des élèves, les ordres de passation, la luminosité, la consigne, furent contrôlées. L’auteur constata très tôt que les performances aux tests étaient grandement améliorées lorsque les sujets étaient en situation de coprésence (coactive). Les performances intellectuelles bénéficiaient donc de l’effet facilitateur observé par Triplett, lors d’épreuves physiques.

Par exemple, à une tâche de libre association verbale, les sujets placés en groupe écrivaient, en trois minutes, 63,6 mots au lieu de 60,3 lorsqu’ils étaient seuls. Plus important, l’effet semblait systématique (tous les élèves sauf un amélioraient leurs performances à cette tâche).

Pour être certain d’évaluer des processus mentaux supérieurs, Allport fit également accomplir aux étudiants un test de jugement : ils devaient lire un passage d’un argumentaire et trouver ensuite en un temps limité le plus grand nombre d’arguments contre le point de vue lu. Là encore, un effet facilitateur se faisaient sentir : les étudiants écrivaient en moyenne, en 5 minutes, 17,7 arguments en groupe contre 16,6 lorsqu’ils étaient seuls. Le nombre d’arguments reflétait selon l’auteur les capacités d’imagination et d’originalité, mais pas forcément le jugement, aussi une correction de ces tests permit de séparer les réponses pertinentes des élèves, de celles qui l’étaient moins. Après correction, les résultats montreraient bien ces capacités de jugements, considérées à l’époque comme les marques représentatives du fonctionnement mental supérieur. Là encore, ces résultats traduisaient un effet facilitateur : 8,8 arguments pertinents, en groupe, contre 8,0 lorsque les élèves étaient seuls.

Conclusion : la coaction renforce certains processus mentaux

Allport montra donc avec cette expérience, que la coaction dans des tâches d’association libre (trouver des mots à partir d’un thème donné) entraînait un effet facilitateur, pour 63 à 93% des sujets. De la même façon, cet effet facilitateur se retrouvait dans des tâches considérées comme plus représentatives du raisonnement et du jugement.

Cet effet facilitateur dans ces situations de coaction est dû selon l'auteur à deux facteurs essentiels :

1/ La vue des mouvements effectués par autrui accroîtrait la production des mouvements du sujet (par imitation), stimulerait également la créativité et l'imagination.
2/ La présence d'autrui serait source d'une rivalité, d'une compétition entre les sujets, ce qui aurait une incidence directe sur la motivation et améliorerait les performances. Cette rivalité se traduit par l'envie de faire mieux mais aussi et souvent par l'envie de ne pas faire moins bien.

Mais Allport note également des effets inhibiteurs du groupe : distraction, sur-rivalité, intervention des émotions. De plus, si les résultats en groupe montrent une meilleure performance à des tests intellectuels, le groupe semble avant tout favoriser la production d’idées (la quantité), de mots, plutôt que la qualité des idées, en proportion.


Sources :
(1) voir, Du même auteur, "Les débuts américains en psychologie sociale", Psychoweb.fr
(2) Allport, F.H. (1920) The influence of the group upon association and thought; Journal of experimental psychology. 3, 159-182.
Allport, F.H. (1924) Social Psychology. Boston: Houghton-Mifflin, 1924.

Dossier : La facilitation sociale
   

Mots-clés : effet de coaction, expérimentation, imitation



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