Skip to content

Psychoweb

Ecran diminué  Ecran large  Augmenter la taille de la police  Diminuer la taille de la police  Taille par défaut 
Chemin :    Accueil arrow News arrow Derniers Articles arrow Psychologie Sociale arrow Comparaison sociale : dynamique de la comparaison
Comparaison sociale : dynamique de la comparaison Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychologie sociale

Proposé par Stephane Desbrosses, le 20-12-2007



L'analyse des facteurs de la comparaison socialeComparaison sociale : dynamique de la comparaison

1. Facteurs situationnels de la comparaison sociale

Les activités de comparaison sociale s'inscrivent généralement dans des situations sociales, elles-mêmes sous-tendues par des normes et valeurs. Ainsi, on a montré que la stratégie de comparaison ascendante était principalement utilisée dans les situations où domine une norme valorisant la compétition.

De même, dans le domaine collectif, si le besoin d'évaluation du groupe d'appartenance n'entraîne pas de différence entre la comparaison ascendante et la comparaison descendante, celui de valorisation conduit à préférer la comparaison descendante. Le besoin d'équité provoque, lui, la comparaison ascendante. On constate ainsi l'importance des situations, positions et dimensions de comparaison pour le choix des stratégies.

Pour faire face à une menace (maladie, situation d'échec, etc.), les individus adopteraient spontanément la comparaison descendante. Aussi celle-ci aurait-elle une valeur fonctionnelle, un rôle instrumental destiné à aider momentanément les gens à affronter l'urgence d'une situation inquiétante. C'est pourquoi elle ne se maintiendrait pas au-delà de l'actualité de la menace.

La façon dont les gens se sentent est au moins partiellement déterminée par le contexte dans lequel ils se trouvent. Une part importante de ce contexte tient à la qualité de la performance affichée par autrui. Aussi se compare-t-on de façon à maintenir ou à augmenter une autoévaluation positive (angl. Self-Evaluation Maintenance). Pour cela, deux processus demeurent disponibles, l'un dit « de réflexion » selon lequel les individus ont tendance, pour se valoriser en profitant du prestige d'autrui, à s'assimiler aux gagnants, l'autre classiquement dit « de comparaison sociale ».

Si la performance positive d'autrui concerne une dimension importante pour le soi et son autodéfinition, le processus de comparaison sera activé, mais le soi souffrira d'autant plus de la comparaison qu'autrui sera proche. Ou, encore, si la performance d'autrui est élevée, mais sur une dimension peu importante pour le soi, l'activation du processus de comparaison contribuera, si la proximité est importante, à une auto-évaluation positive nourrie indirectement de l'excellence d'autrui à travers le processus de réflexion.

2. Développement et critiques de la théorie de Festinger

Saisies le plus souvent de façon indirecte à travers le choix ou le rejet de cibles de comparaison (individus ou groupes), les stratégies évoquées jusqu'ici ne sont pas les seules étudiées. En effet, la manipulation de certaines dimensions de la comparaison, comme les aptitudes, les traits de personnalité, les caractéristiques physiques, les activités, permet d'autres approches. Ainsi, la comparaison porte autant sur les individus eux-mêmes que sur les caractéristiques qui les définissent. Pour compenser une infériorité objective, il est possible, par exemple, d'attribuer la supériorité d'autrui à certaines dimensions particulières, ou de créer une différence sur des dimensions non pertinentes dans la situation de comparaison.

Un des principes fondamentaux de la théorie de Festinger est que les individus sont à la recherche de similitudes avec autrui et qu'ils tendent (la plupart des cas) vers la conformité. Or ce qui sera remis en question et surtout modulé c'est le fait que l'individu soit uniquement à la recherche d'uniformité. Pour certains chercheurs comme Codol*, l'individu cherche certes à se conformer, mais il est également motivé par un désir de différenciation par rapport à autrui. Dès lors, l'auteur s'intéressera à la façon dont l'individu peut résoudre ce conflit ce qui l'amènera à développer le concept de « conformité supérieure de soi » Le deuxième principe de la théorie de Festinger est le fait que lorsque l'individu fait appel au processus de comparaison sociale, il limite automatiquement la comparaison aux individus similaires, ce qui a pour conséquence un phénomène d'uniformisation. Or pour Lemaine, la comparaison à autrui peut également se faire en référence à des individus différents et donner lieu au contraire dans certains cas, lorsque l'individu se sent menacé au niveau de son identité, à une accentuation des différences. Dès lors cet auteur cherchera à analyser les cas de figure dans lesquels il y a « compétition » entre les individus parce que l'individu se sens menacé dans son identité, ceci l'amènera à développer le concept de « différenciation sociale ».

    * Codol, J.P., (1975), On the so called superior conformity of the self behavior: twenty experimental investigations, European Journal of Social Psychology , 5, 457-500.

3. Codol (1975) : La conformité supérieure de soi

Pour CODOL l'individu est pris dans une double logique : d'une part le désir de plaire, ce qui le conduit à se conformer aux normes et aux règles adoptées par le groupe, et d'autre part le désir de préserver son identité, ce qui le conduit à un désir de différenciation sociale.

Pour résoudre ce conflit, l'individu essaie de remplir les deux conditions à la fois ce qui l'amène à s'affirmer comme étant en plus grande conformité que les autres à ces normes.. C'est ce que CODOL nomme la « Conformité Supérieure de Soi » ou effet « P.I.P » (« Primus, Inter Pares », (locution latine) signifiant le Premier Entre les Pairs c'est-à-dire les égaux) qui correspond à la seule façon que l'individu a de se présenter comme étant différent d'autrui tout en se conformant aux normes sociales.

Pour mettre à l'épreuve son hypothèse, l'auteur réalise une série de recherches qui se déroulement en deux phases (qui sont passées aléatoirement dans l'ordre 1-2 ou 2-1).

1/ l'auteur fait passer un premier questionnaire dans lequel il demande aux sujets de sélectionner parmi les caractéristiques qui sont présentées, celles qui sont normatives de son propre groupe ou catégorie sociale;

2/ l'auteur fait passer un deuxième questionnaire reprenant les mêmes caractéristiques que celles figurant dans le premier, les sujets sont invités à s'évaluer grâce à ces traits.

Résultats : ils montrent que plus un trait est considéré comme normatif dans un ensemble social et plus les sujets ont tendance à déclarer que ce trait les caractérise davantage que les autres membres de l'ensemble considéré.

Source : Cours de Psychologie Sociale - Dijon
   

Mots-clés : Codol, comparaison sociale, conformité, facteurs situationnels, identité, processus sociaux



Ajouter votre commentaire

Attention, ce site n'est pas un site de psychothérapie en ligne! Avant de commenter, veuillez consulter ces conseils.
Seul les utilisateurs enregistrés peuvent commenter un article.
Aucun commentaire posté
 
< Précédent   Suivant >