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Fonctionnement de la facilitation sociale Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychologie sociale

Proposé par Stephane Desbrosses, le 20-12-2007

Effets et fonctionnement de la facilitation socialeIl apparaissait à la suite des expérimentations présentées précédemment, que dans les situations d'audience et de coaction, on aurait systématiquement une augmentation de la performance, une facilitation qui serait due à la simple présence d'autrui. Ce n'est cependant pas toujours le cas.

1. Facilitation ou frein?

L'explication apparaissait simple et séduisante mais d'autres recherches ont montré que les effets de coaction et d'audience n'étaient pas toujours positifs c'est-à-dire facilitateurs. Dans certains cas on observe en effet des effets négatifs dans ces situations d'audience et de coaction. Dashiell (1930) montrera ainsi par exemple qu'en situation de coaction les sujets répondent certes plus vite toutefois il y a nettement plus d'erreurs que lorsque les sujets effectuent ces tâches isolément.

Ainsi, les expérimentations réalisées sur ces deux effets montrent que la présence d'autrui (actif ou passif) lors de l'effectuation d'une tâche a des effets qui sont parfois positifs et parfois négatifs. Dès lors on ne peut parler dans tous les cas de facilitation sociale : elle ne serait pas automatique comme on le pensait au préalable. A partir de ce constat, on verra poindre un moindre intérêt pour la facilitation sociale. Le débat sera relancé par deux auteurs qui tenteront de rendre compte de ces résultats pour le moins contradictoires. Dès lors deux explications théoriques seront avancées qui rendront compte des facteurs qui facilitent la performance ou qui au contraire constituent un frein. Ces deux explications seront avancées d'une part par Zajonc (1965, 1967)' et d'autre part par Cottrell (1972).

Zajonc, dans ses explications, met l'accent sur les caractéristiques individuelles des sujets évalués. Il se réfère aux théories de l'apprentissage de Hull (1943) et Spence (1956) et rend compte des effets d'audience et de coaction en fonction de la maîtrise de la tâche par le sujet. Cottrell met l'accent, lui, sur les caractéristiques de l'individu qui assiste à l'exécution de la tâche (de façon passive dans les situations d'audience ou de façon active dans les situations de coaction).

2. L'explication de Zajonc (1965)

L'auteur fera appel au concept de motivation et aux lois de l'apprentissage de Hull (1943) et Spence (1956) : le fait d'être dans une situation de compétition entraîne une série de conséquences psychologiques qui se retrouvent à un niveau physiologique.

- Au niveau psychologique on constate une augmentation de l'attention, de la vigilance et de la motivation.

- Au niveau physiologique cela se traduit par une intensification de l'activité corticosurrénale.

Or, (si on se réfère aux lois de l'apprentissage) on sait que l'augmentation de l'attention et l'intensification de l'activité physiologique a pour effet direct d'accroître la probabilité d'apparition de la réponse dominante dans le répertoire comportemental de l'individu. La qualité de la réponse dominante dépend de la maîtrise de la tâche par le sujet.

Si l'individu maîtrise bien la tâche qu'il doit accomplir (parce qu'il a une certaine expérience, ou parce qu'il a été soumis à un entraînement) la réponse dominante sera une bonne réponse. Dans ce cas les effets d'audience et de coaction seront bien facilitateurs (ils augmenteront la performance) et on pourra parler de facilitation sociale.

Par contre, si l'individu maîtrise mal la tâche qu'il doit accomplir (parce qu'il n'a pas d'expérience, ou parce qu'il n'a pas été soumis à un entraînement) la réponse dominante sera une mauvaise réponse. Dans ce cas les effets d'audience et de coaction constitueront un frein (ils diminueront la performance) il n'y aura pas de facilitation sociale.

Zajonc met donc l'accent sur les caractéristiques individuelles du sujet évalué : le sujet a ou non une certaine compétence, et la présence d'autrui facilite ou au contraire freine l'émission des réponses adéquates et donc l'adaptation à la situation problème. Ces deux effets contraires ne sont pas dus aux caractéristiques d'autrui mais à la compétence du sujet évalué : s'il est compétent les effets d'audience et de coaction sont facilitateurs, s'il est non compétent, on n'observe pas d'effets facilitateurs.

Zajonc traite ainsi la facilitation sociale comme un phénomène inné déclenché automatiquement par la présence d'autrui seulement dans certains cas le sujet est compétent ce qui a des conséquences bénéfiques, alors que dans d'autres il ne l'est pas ce qui n'a pas de conséquences positives. Cottrell quant à lui traitera ce phénomène comme étant la résultante d'un apprentissage social.


Source : Connaissance générale

   

Mots-clés : Cotrell, facilitation sociale, processus sociaux, Zajonc

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