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La Facilitation Sociale - Définition et origines du concept Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychologie sociale

Proposé par Stephane Desbrosses, le 20-12-2007



La facilitation sociale : la seule présence d'autrui nous influence

Mise en exergue dès les premières expérimentations de psychologie sociale (Ringelmann, Féré, Binet...), l'influence du groupe sur les comportements individuels donne très tôt naissance (voir : Les débuts américains en psychologie sociale) à un champs de recherche prolifique organisé autour de l'influence de la seule présence d'observateurs ou de co-acteurs, sur les performances de l'individu, décrit sous le terme de Facilitation sociale (et plus tard, de détérioration ou inhibition sociale).

1. L'influence du groupe sur les performances individuelles

Dès 1882, Max Ringelmann étudie expérimentalement les effets du groupe sur la performance individuelle, et remarque un effet qui portera son nom (effet Ringelmann), selon lequel plus le groupe est important (en nombre de membres), plus la performance individuelle semble s'amenuiser, lors de tâches collaboratives simples.

Aux Etats-Unis, pourtant, Norman Triplett (1897) remarque l'effet inverse : la performance individuelle est augmentée par la seule présence d'autrui effectuant la même tâche simple, mais cette fois, lorsque la tâche est individuelle.

Cette première opposition marque les débuts de l'étude de la facilitation sociale et de l'inhibition sociale (aussi appelée détérioration sociale), et reflète le cheminement de ces concepts au cours du siècle suivant à travers les questions de l'origine et de la nature de ces effets : pourquoi et dans quelles circonstances la présence ou la co-action d'autrui sont-elles bénéfiques ou au contraire, amènent-elles une diminution des performances?

2. Définition de la Facilitation sociale et origines du concept

Le phénomène de facilitation sociale renvoie au fait que la simple présence d'autrui lors de l'accomplissement d'une tâche a une influence directe sur nos performances. Précisément, la présence d'autrui (réelle ou imaginée) augmente les performances individuelles dans des tâches simples ou routinières.
 
Ce phénomène a été mis en évidence dès 1897 et 1898, lorsque Norman Triplett démontra expérimentalement que les performances motrices d'un sujet pouvaient être améliorées si ce sujet était mis en présence d'un autre individu effectuant en même temps la même tâche. Tout est parti d'un constat, en apparence anodin : en 1897, Triplett observe l'entraînement de coureurs cyclistes, et remarque qu'un coureur seul réalise son parcours d'entraînement moins vite que lorsqu'il est accompagné par un autre coureur (ou plusieurs).
 
Désirant objectiver cette constatation, Triplett demande à des enfants d'enrouler le plus vite possible des moulinets, en les plaçant dans deux situations distinctes : les enfants sont soit seuls, soit accompagnés d'un camarade qui effectue la même tâche. Bien que la réalisation de l'expérience fut par la suite sujette à caution (voir : Non, Normal Triplett n'est pas le premier!), Triplett en déduit à l'époque, que la performance à une tâche simple est meilleure lorsque les enfants sont placés par paires dans la même pièce, plutôt que seuls.
 
Autrement dit, la simple présence d'autrui effectuant les mêmes actions (situation de co-action), amène chaque participant à réaliser de meilleure façon cette action : plus rapidement, et avec moins d'erreurs, moins d'hésitations... Cette augmentation des performances due à la seule présence (ou co-action)d'autrui, prendra le nom de facilitation sociale.
 
Des études ultérieures peaufineront cette analyse et permettront de distinguer deux effets spécifiques dans la facilitation sociale. Meumann (1904) observe que la seule présence, et non plus la co-action, suffit à améliorer les performances physiques de ses étudiants, lors d'exercices tels que soulever un poids le plus longtemps possible (en présence ou non, d'un observateur passif). Les recherches en matière de facilitation sociale se ditingueront donc notamment en fonction du rôle d'autrui, observateur passif (effet d'audience) ou actif (effet de co-action).

3. l'effet d'audience

L'effet d'audience renvoie au fait que la simple présence d'observateurs passifs a une influence sur la performance de l'individu observé.

Bergum et Lehr (1963) réalisent une expérimentation pour mettre en évidence cet effet, sur des recrues de l'armée américaine. Ils leur proposent une tâche, longue et fastidieuse, et manipulent l'ambiance dans laquelle les recrues se trouve : tandis qu'à certains, leur est dit que des supérieurs passeront surveiller leurs performances, à d'autres, rien n'est dit.

Les deux groupes de sujets voient leurs performances diminuer sensiblement avec le temps, ce qui correspond à une diminution normale de l'attention. Toutefois, ce phénomène naturel n'est pas reproduit à l'identique pour les deux groupes : les sujets du premier groupe (effet d'audience) ont un taux de bonnes réponses de 80% à la fin de l'expérience. Pour le deuxième groupe ce taux chute à 40%.

Cette epérience suffit à démontrer ce que nous savons de façon intuitives : lorsque l'on se sent surveillé, nos performances augmentent... sauf cas particulier de personnalité contestataire!

4. l'effet de coaction

L'effet de coaction renvoie au phénomène décrit au départ par Triplett : la présence d'autres personnes effectuant la même tâche que le sujet a une incidence directe sur la performance de ce dernier.

Floyd Henry Allport réalisa dès 1924 une expérimentation sur les effets de coaction. L'auteur comparait la performance à une série de tests d'un ensemble de sujets dans des situations isolées ou en coaction. (exemples de tâche : multiplication de nombres à deux chiffres, tâche d'association de mots en chaîne, tâche consistant à barrer toutes les voyelles contenues dans un texte, etc.).

Ce faisant, il plaçait les sujet, soit en situation simple, soit en situation de rivalité (co-action). Il mesurait les performances des sujets aux tests, pour en déduire tout simplement que la rivalité est un excellent moyen d'augmenter les performances des sujets.

Allport constate ainsi que les performances sont améliorées lorsque les sujets sont en situation de coprésence (coaction). Cet effet facilitateur dans ces situations de coaction est dû selon l'auteur à deux facteurs essentiels :

1/ La vue des mouvement effectués par autrui accroîtrait la production des mouvements du sujet (par imitation).

2/ La présence d'autrui serait source d'une rivalité, d'une compétition entre les deux sujets ce qui aurait une incidence directe et améliorerait les performances.


Source : Connaissances générales


Dossier : La facilitation sociale
   

Mots-clés : définition, effet de coaction, facilitation sociale, influence, processus sociaux



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