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Théorie de la dissonance cognitive : Paradigmes de recherche Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychologie sociale

Proposé par Stephane Desbrosses, le 20-12-2007



Plusieurs paradigmes de recherche sont nés des études sur la dissonnance cognitiveThéorie de la dissonance cognitive : Paradigmes de recherche

1. Le paradigme de la soumission forcée

Ce paradigme mis en place dès les années 50, consiste à amener le sujet à produire un comportement qu'il n'aurait pas eu en temps normal. On va jouer sur le récompense attribuée au sujet (ou la punition) afin de provoquer, par le biais du comportement, un changement d'attitude. Un sujet qui aura eu une récompense forte ou une interdiction forte, pourra y trouver là la raison de son acte. Lorsque la récompense est faible ou la punition faible, il ne peut que déduire que son comportement provient de ses propres convictions, et va alors ajuster ces attitudes en fonction de son comportement... On trouve trois types de recherches avec ce paradigme d'étude.

1.1. Recherches dans lesquelles on manipule le degré d'implication du sujet

le sujet est très impliqué lorsqu'il émet en public un discours contraire à ses convictions, et se trouve beaucoup moins impliqué lors d'une simple exposition à ce discours.

Une des premières expérimentations de ce type fut réalisée par Janis et Mann en 1965 : Une Dissonance cognitive pour arrêter de fumer. Les sujets étaient amenés à tenir des propos qui vont à l'encontre de leur comportement, en public. Les résultats montraient que le fait de discourir en public contre un valeur qui est la nôtre, réoriente notre attitude en faveur de la cause défendue publiquement.

On demande parfois aux fumeurs, lorsqu'ils vont arrêter de fumer, de parler autour d'eux et de prévenir leurs proches de leur intention d'arrêter de fumer, cela les aide en les engageant dans un comportement et des convictions exprimées, vis-à-vis d'autrui. le principe est similaire.

D'autres expériences ont été réalisées sur ce principe. Ainsi, Culbertson (1957 : Changement d'attitude par la dissonance - lien à venir) avait-il provoqué un changement d'attitude en ce qui concerne les préjugés raciaux.

1.2. Recherches dans lesquelles on manipule la hauteur des récompenses attribuées au sujet pour émettre un discours contraire à ses convictions.

L'expérimentation de Brehm et Cohen (1962 : Récompense et dissonance) révèle lors d'un évenement particulier s'étant produit sur un campus américain, la tendance des sujets à expliquer de manière interne un comportement contraire à leur conviction, qu'ils ont eu, et la tendance à ajuster ses attitudes à ce comportement : l'ingérence de la police sur le campus remplissait les étudiants d'animosité envers celle-ci. Brehm et Cohen ont demandé à des étudiants de produire un texte dont l'argumentaire défendrait la police, en échange de quoi, ces étudiants seraient payés. Lorsque la récompense était forte, les étudiants y voyaient la raison de leur comportement (produire un texte en faveur de la police). Lorsque la récompene était faible, ils atténuaient leur attitude anti-police, voire l'orientaient totalement en attitude pro-police..

1.3. Recherches dans lesquelles on manipule le degré d'interdiction d'un comportement

Comme celle d'Aronson et Carlsmith (1962 : Interdiction et dissonance) dans laquelle les auteurs manipulent la formulation de l'interdiction au sujet, d'émettre un comportement qu'il aurait souhaité avoir. Desn enfants se voient ainsi interdir de jouer avec un objet qu'ils trouvent attractif. Lorsque la menace de punition est forte, les enfants ont tendance plus tard à vouloir encore plus jouer avec l'objet attractif. Si la punition est faible, et que l'enfant obéit tout de même, l'objet perd alors à ses yeux de l'interêt. Il est a noter que cette expérience fut reprises plusieurs fois et confirmèrent que le changement d'attitudes était plus global : des enfants ayant obéis lorsque la menace était faible, trichaient beaucoup moins lors d'un jeu conduit dans une expérience ultérieure... Une norme de conduite générale avait été intégrée.

2. Le paradigme de la décision

Il a donné lieu à des recherches dans lesquelles on manipule le degré de liberté de choix effectué par le sujet : si un sujet émet un comportement contraire à ses opinions, tout en étant libre, il ajuste ses attitudes en fonction du comportement. Une contrainte exercée, ou un sentiment de liberté amoindrie, entraîne une déresponsabilisation du comportement, qui est alors expliqué par des causes extérieures à l'individu, lequel n'a plus alors à ajuster ces attitudes, puisqu'il a été "forcé" dans son comportement.

Une de ces expérimentations est réalisée par Brehm (1956 : Liberté de choix et dissonance) : les sujets sont amenés à faire un choix entre deux options. Le taux de dissonance va varier selon l’attractivité de ces deux produits : s’ils sont également attractifs, le taux de dissonance sera fort. Cependant, il y aura une dissonance dans tous les cas et le sujet va dans tous les cas surévaluer l’intérêt de l’objet qu’il a choisi.

N'importe quel choix exclusif entraîne un dissonance, provenant du fait qu'un des objets n'a pas pu être choisi. On a alors tendance à ajuster nos attitudes de manière à justifier notre choix : l'objet que l'on a choisi est de mieux en mieux, l'autre est de moins en moins bien.

Un phénomène que Festinger qualifie par le cours aphorisme : "My garden is smaller than my neighboor's, but my grass is greener!"

Qui traduit le fait que l'on trouvera toujours une justification à ses choix, en dénigrant l'option non choisie et en surévaluant celle que l'on a choisie.

3. Le paradigme de l’initiation ou de l’attente non confirmée

Ca paradigme à donné naissance aux recherches dans lesquelles on manipule le coût du comportement du sujet pour accéder à une situation qu’il estime désirable, partant du principe que si l'on fait beaucoup d'efforts pour obtenir quelque chose, on va d'autant plus apprécier cette chose que si on l'avait eu pour rien.

une expérimentation très représentative fut réalisée par Aronson et Mills (1959 : La dissonance dans les rites initiatiques). ils sont partis d’études réalisées en Ethnologie, pour lesquelles ils constataient l'existence de rituels d’initiation, par exemple pour le passage de l’étape adolescente à l’âge adulte. Certains de ces rituels sont d’ailleurs très violents !

Quelle en est leur signification, leur but? L’importance de ce rituel donne la conscience du nouveau statut atteint (le but est de le faire ressentir fortement), les initiés vont accorder plus de valeur à ce statut, d’autant plus qu’il aura été dur à acquérir…plus le rituel est marquant, donc, plus la dissonance est forte (l’initié a fait d’énormes efforts pour un résultat qui n’est pas si important). Il y a une surévaluation du statut adulte, compte-tenu de la dissonance entre le bénéfice du statut acquis et l’effort réalisé pour atteindre ce but. En fait, le sujet réduit justement cette dissonance en surévaluant l’intérêt du nouveau statut.

De même, à chaque nouvelle année, les étudiants qui ont beaucoup travaillé pour y aller considèrent que cette année est très importante, et surévaluent leur statut. De même, l'auteur de ce site considère son travail bien mieux qu'il ne devrait le faire objectivement, et surévalue son importance. Autant de cas dans lesquels chacun peut se reconnaître.

Source : Connaissances générales
   

Mots-clés : dissonance cognitive, manipulation, paradigmes, recherches, soumission



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