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Notion de Groupe : caractéristiques et formation des groupes restreints Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychologie sociale

Proposé par Stephane Desbrosses, le 20-12-2007



La formation d'un groupe peut obéir à de nombreux critèresUn groupe est constitué d'un certain nombre d'individus poursuivant un objectif commun. Il s'appuie sur une organisation permettant la distribution des rôles et des statuts, la création des valeurs et des normes du groupe ainsi que des modalités de communication et de commandement.

Il se distingue d'un groupement par le nombre restreint de ses membres, limité à une vingtaine, mais qui en comporte habituellement une douzaine, ce qui facilite, entre eux, des relations interpersonnelles, intimes et régulières.

1. Formation des groupes

Plusieurs hypothèses ont été formulées afin d'expliquer ce qui pousse les gens à former ou à s'intégrer dans un groupe.

Le modèle utilitaire repose sur une logique de l'action, au sens où l'entendait le philosophe français Sartre (1960). Selon cette conception, l'individu prend conscience que les contradictions de l'environnement ne peuvent être surmontées que par une lutte collective, ce qui le conduit à établir des rapports d'interdépendance avec ceux partageant des intérêts communs.

Schachter (1959) a montré, quant à lui, que l'affiliation à un groupe repose sur des besoins de sécurité et d'affiliation, principalement dans les situations génératrices d'anxiété.

Le modèle de la cohésion sociale met l'accent sur la dimension affective constituée par l'attirance, fondée sur les particularités personnelles, qu'exercent les individus, les uns sur les autres. Ce modèle affirme que plus l'attirance est forte, plus la cohésion dans le groupe est importante. Si une telle cohésion renforce la participation aux tâches communes, elle peut également entraîner un changement dans les attitudes au profit de ce qui est valorisé dans ce groupe, ce qui a pour conséquence d'accentuer la conformité de chacun aux normes du groupe.

Le modèle de l'identification sociale considère que c'est l'attirance sociale, plutôt que l'attirance interpersonnelle, qui amène l'individu à se rapprocher d'autant plus des autres qu'ils présentent des attributs appartenant au prototype des catégories auxquelles lui-même s'identifie. Selon un tel modèle, le meneur d'un groupe est particulièrement idéalisé, par le fait qu'il est le plus représentatif des valeurs et des normes du groupe, surtout s'il est vu comme celui qui est chargé de mener un projet à bon port, pour le bien de tous.

L’influence déterminante est ici celle de K. Lewin et de son école. Lewin eut le grand mérite d’appliquer des méthodes rigoureuses, dérivées des techniques de la psychologie expérimentale, à l’analyse des liaisons entre comportement individuel et situation de groupe. Il dirigea en particulier, avec ses élèves, de nombreux travaux pour déterminer les effets que pouvaient avoir divers modèles de commandement sur les relations à l’intérieur de groupes expérimentalement constitués. L’expérience la plus connue est celle de R. Lippitt et R. White relative aux répercussions des types de commandement autoritaire, démocratique et «laissez-faire» sur la structure interne des groupes d’enfants. Des différentes conclusions tirées par les auteurs, la principale est que seul le climat démocratique permet aux enfants de se constituer en véritable groupe, c’est-à-dire en unité d’interaction orientée vers des fins, indépendamment du leader adulte, et de se donner d’authentiques normes. Ainsi, d’artifice expérimental le groupe tendait à devenir une réalité sociale: on saisissait sur le vif certaines conditions de formation d’un groupe primaire.

2. Communication dans le groupe

A. Bavelas et H. J. Leavitt ont étudié un problème voisin dans leurs analyses des effets de l’organisation du groupe (modèles de la chaîne, du cercle, de la roue) sur les réseaux de communication; mais, cette fois, les conclusions ne valent qu’au niveau du petit groupe et ne sauraient être généralisées aux groupes primaires, dans leur situation naturelle. Il semble que les mêmes réserves sont à faire pour les travaux de R. Bales: leurs résultats ne sauraient être appliqués, sans vérification approfondie, à des groupes réels; ces études, pourtant, ont le mérite d’apporter à l’analyse du groupe primaire des instruments d’observation souvent raffinés et tout un indispensable appareil conceptuel.

3. Training-Group

Le T-group (abréviation de basic skills training group ; en français: groupe de diagnostic ou groupe de base) a été mis au point au cours d’un séminaire tenu à Bethel (Maine, États-Unis) pendant l’été 1947. Lewin l’avait organisé avec ses premiers disciples juste avant sa mort, qui l’empêcha d’y participer. Le T-group réunit, en une douzaine de séances étalées sur plusieurs jours, une dizaine de personnes qui, en principe, ne se connaissent pas à l’avance. Il n’y a ni ordre du jour, ni président de séance, ni organisation des débats. Les participants parlent entre eux de ce qu’ils veulent. Le moniteur a pour seul rôle d’analyser avec les participants les processus psychologiques qui surviennent. De tels groupes permettent de sensibiliser les participants à la psychologie des relations interpersonnelles et des groupes et de provoquer chez eux des changements dans les attitudes envers les autres et envers les tâches (cf. L. P. Bradford; M. Pagès).

4. En conclusion...

La dynamique de groupe se particularise différemment selon les types de groupe: la famille (H. Touzard, Y. Castellan), la classe scolaire (M A. Bany et L.V. Johnson), la bande de délinquants (A. Aichhorn; F. Redl), les groupes Balint pour la Formation psychologique des médecins généralistes (A. Missenard), etc. Elle ne se limite pas non plus à la méthode et à la théorie de Lewin. La sociométrie de J. L. Moreno mesure la distribution des affinités au sein des groupes et leur incidence sur la cohésion et le moral de ceux-ci. Les douze catégories de R. Bales permettent l’observation qualitative et quantitative des interactions dans les réunions de discussions. C. Flament a appliqué la théorie mathématique des graphes à l’étude des réseaux de communications. S. Moscovici a insisté sur le rôle souvent décisif des minorités actives dans les groupes.

Si intéressantes soient-elles, ces expériences ne sont pas faciles à interpréter. D’une part parce que certaines variables essentielles, comme la discussion, la décision, la perception des opinions d’autrui n’ont pas été isolées expérimentalement et que cette insuffisance du plan de recherche nuit à la profondeur de l’interprétation; d’autre part parce que Lewin n’explique en rien pourquoi les groupes de discussion accueillirent favorablement ces tentatives d’influence. Il reste toutefois des réponse à apporter aux deux questions fondamentales: quels types de changement peuvent être acceptés et par quels types de groupes? Quelle différence y a-t-il, pour l’exercice de l’influence, entre un groupe éphémère, composé d’individus réunis pour une session et se séparant ensuite, et un groupe durable, où les relations sont intimes, c’est-à-dire, en fait, entre un groupe expérimental et un véritable groupe primaire? On est ainsi amené à prendre conscience des limites inhérentes aux recherches expérimentales sur les petits groupes et à mesurer l’importance des études consacrées aux groupes primaires dans leur situation naturelle.


Source : Cours de Psychologie Sociale - Dijon
   

Mots-clés : caractéristiques, concepts sociaux, formation, groupe



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