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Notion de Groupe : La Dynamique de groupe Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychologie sociale

Proposé par Stephane Desbrosses, le 20-12-2007



Le groupe, l'homme en sociétéLewin (1947, 1951) est le premier à avoir tenté d'analyser la réalité sociale d'un groupe restreint, en envisageant celui-ci, selon la vision gestaltiste, comme un champ dynamique dans lequel les relations qu'entretiennent entre eux les membres d'un groupe reposent, non sur leurs ressemblances ou leurs différences, mais bien plus sur leur interdépendance.

1. Kurt Lewin, le précurseur

Pour lui, le groupe représente un tout, au sein duquel un changement dans l'état de l'un de ses éléments, qu'il s'agisse des membres du groupe, de leur statut, de leur rôle ou des normes établies, change l'état de tous les autres.

C'est en appliquant un modèle emprunté aux sciences physiques, plus spécialement à l’électromagnétisme, Que Kurt Lewin définit le groupe comme un champ de forces qui s’exercent à l’intérieur d’une zone de liberté laissée par les institutions sociales. La conduite du groupe est la résultante de la combinaison de ces forces selon des lois psychosociologiques. Lewin, a pu déduire de la théorie générale du champ certaines lois particulières, par exemple: tout groupe fonctionne selon un équilibre quasi stationnaire et résiste à tout changement autre que des variations autour de cet équilibre. Ce modèle naturaliste a également permis à Lewin d’administrer, en laboratoire, sur des groupes artificiels, la preuve de ces lois. Un peu avant sa mort, néanmoins, Lewin abandonna ce modèle dont il avait vu les limites. Malgré l’engouement de ses successeurs et la diversité de leurs explorations théoriques et techniques, aucun modèle expérimental nouveau ne s’est imposé depuis. En revanche, les méthodes de formation «par le groupe» qui en sont issues se sont répandues en Occident.

2. Contexte idéologique des études sur la dynamique des groupes

Les concepts des sciences sociales correspondent souvent à la prise de conscience de problèmes posés à la société en un moment donné. Il en est ainsi pour celui de dynamique de groupe. Ce n’est pas par hasard s’il est inventé en 1944, en pleine guerre mondiale, par Kurt Lewin (1890-1947), psychologue expérimentaliste allemand qui avait émigré depuis près de quinze ans en Amérique. Pour lui, cette théorie procède de la révision d’un postulat individualiste: les conduites humaines, en effet, sont à envisager comme la résultante non seulement du champ des forces psychologiques individuelles, mais de celui des forces propres au groupe auquel l’individu appartient. Pour la démocratie américaine engagée dans la guerre, il s’agissait de comprendre comment un phénomène tel que le fascisme ou le nazisme avait été psychologiquement possible et comment prévenir son retour. La première recherche en laboratoire entreprise par Lewin et ses deux collaborateurs, R. Lippitt et R. White, sur de petits groupes créés artificiellement avait démontré expérimentalement, dès 1939, la supériorité de la conduite démocratique sur la conduite autoritaire ou sur la conduite anarchique du laisser-faire, tant au point de vue de l’efficacité du travail qu’à celui du plaisir pris par les participants à œuvrer ensemble. Dès la fin de la guerre, le «petit groupe» s’est trouvé fortement valorisé dans la recherche fondamentale et appliquée, aux États-Unis d’abord, dans les pays occidentaux ensuite.

Les publications en langue anglaise se sont multipliées entre 1950 et 1960 (D. Cartwright et A. Zander; A. P. Hare) et ont été moins nombreuses par la suite. Simultanément, les méthodes de formation «par le groupe» (groupes de discussion sans thème, études de cas, jeux d’entreprise) se propagent aux États-Unis. Le premier séminaire résidentiel comportant un training group (T-group) est introduit en France en 1956 par des experts américains.

Les justifications tournent autour de deux thèmes. D’une part, on présente le groupe comme l’antidote de la massification sociale. Le sentiment d’appartenance au groupe, la solidarité et les échanges entre ses membres, l’adhésion à des buts, à des normes, à des idéaux communs rétablissent les relations humaines altérées par la division du travail, par les communications de masse, par l’emprise de la civilisation urbaine, industrielle et bureaucratique. D’autre part, on considère que l’appropriation de la vérité est une tâche collective. Les quakers, qui furent nombreux parmi les premiers colons anglais émigrés aux États-Unis, croyaient que la vérité divine ne parle aux hommes que s’ils sont fraternellement assemblés, sans aucune hiérarchie. Selon une perspective plus laïque, Jean-Paul Sartre, commentant les journées parisiennes de juillet 1789, montre comment des hommes ont fait, dans le groupe révolutionnaire, l’expérience concrète de la liberté, de l’égalité, de la fraternité.

 3. La perspective Lewinienne

Kurt Lewin applique le principe de la Gestalttheorie (psychologie de la forme) à l’étude des groupes. Le groupe est un tout qui ne se réduit pas à la somme de ses parties. Il constitue avec son entourage immédiat une structure dynamique (un champ), dont les principaux éléments sont les sous-groupes, les membres, les canaux de communication, les barrières, et dont Lewin a essayé de donner une représentation graphique topologique.

Généralisation de la notion gestaltiste de «détour» développée par Kurt Lewin à partir de 1934, et destinée à conférer, à l’exemple des espaces de Riemann dans leur application à la physique relativiste, une signification relativiste à la notion de «distance psychologique». La notion d’espace hodologique assure, dans le cadre général de la théorie du champ, la connexion des rapports «topologiques» de situation et de la dynamique des processus psychologiques et psycho-sociaux et permet, en particulier, d’y représenter les «meilleurs chemins de satisfaction», en équivalence des stades de développement de la libido dans la théorie freudienne.

En agissant sur un élément privilégié, on peut modifier la structure d’ensemble. Les modifications sont d’abord l’objet de démonstration expérimentale en laboratoire sur des groupes artificiels, avant d’être appliquées dans des groupes réels, à l’atelier, à l’école, dans le quartier. À son tour, le petit groupe, ainsi transformé, devient l’agent du changement social à l’intérieur de secteurs plus vastes de la collectivité. Pour Lewin, le groupe n’est pas réductible aux individus qui le composent, ni aux ressemblances qui existent entre eux, ni à la similitude de leurs buts. Il se définit comme un double système d’interdépendance, entre les membres d’une part, entre les éléments du champ d’autre part (buts, normes, représentation du milieu extérieur, division des rôles, statuts...). C’est le système des interdépendances d’un groupe à un moment qui explique ses conduites (cf. P. Kaufmann).

Plusieurs phénomènes de groupe ont été étudiés dans cette perspective: le climat et le moral, les communications, l’autorité et l’influence, la prise de décision, la résistance au changement, les rôles et les attitudes, la créativité, la négociation (cf. D. Anzieu et J. Y. Martin; J. Maisonneuve).

Une expérience sur la modification des habitudes alimentaires, qui remonte à 1943, illustre la perspective lewinienne. Elle porte sur des ménagères américaines, volontaires de la Croix-Rouge. La décision prise en groupe engage donc plus qu’une décision individuelle. Il est aussi plus aisé de changer les normes et les idées d’un groupe que d’un individu. Cependant, la conformité au groupe est une arme à double tranchant; elle peut à la fois être source de la résistance au changement et être mise au service du changement, à condition de décristalliser d’abord les préjugés affectifs sous-jacents.


Source : Cours de Psychologie Sociale - Dijon
   

Mots-clés : concepts sociaux, dynamique, gestalt, groupe, Lewin



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