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Catégorisation sociale : Caractéristiques Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychologie sociale

Proposé par Stephane Desbrosses, le 20-12-2007



Les catégorisations sociales affectent nos rapports intra et inter-groupesCatégorisation sociale : Caractéristiques

1. Caractéristiques des Catégorisations sociales

Le concept de catégorisation, à la suite de l'expérimentation de Tajfel (1963), s’est étendu aux relations sociales. C’est en 1976 que Doise avance l’idée selon laquelle on retrouve les biais d’assimilation et de contraste dans les relations inter-groupes. A la différence des catégories perceptives, la catégorie groupale implique l’adhésion personnelle du sujet : Il découvre le favoritisme pro-endogroupe. Maintenant, on fait la différence entre endofavoritisme et allodéfavoritisme (dire du mal des autres). Une manière de discriminer est aussi de ne dire ni bien ni mal : c’est la discrimination privative (on prive les autres de leurs bons cotés, mais aussi de leurs mauvais) On a ainsi pu démontrer expérimentalement :

1/ que l'on a tendance à classer les individus dans des catégories sociales et à leur attribuer automatiquement les traits caractéristiques de leur catégorie.

2/ que l'on a tendance à estimer qu'une personne est fondamentalement différente de nous à partir du moment où elle appartient à une catégorie différente.

3/ à l'opposé que l'on a tendance à trouver des ressemblances entre nous et cette personne à partir du moment où l'on sait qu'elle appartient à la même catégorie que nous.

4/ que ces phénomènes de différenciation s'estompent dès lors que l'on est dans des situations mettant enjeu l'appartenance à plusieurs catégories différentes (catégorisation croisée) : Deschamps et Doise (1978 : Catégorisation croisée) le montrent ainsi dans leur expérimentation.

Dès lors que les sujets sont en situation de catégorisation croisée, laquelle apparaît s’il y a plus d’un critère de catégorisation, les phénomène de favoritisme et de discrimination disparaissent : les sujets appartiennent à un groupe s’ils considèrent un critère, et à un autre groupe s’ils considèrent un autre critère. Dans un conflit, le médiateur doit mettre l’accent sur ce qui est commun. Ces lois sont valables sur des situations simples.

2. Descriptions de la catégorisation sociale par Tajfel (1972)

Pour cet auteur, trois principaux mécanismes sont en jeu dans la catégorisation : 1/ l'induction opposée à la déduction ; 2/ la surinclusion opposée à la surexclusion ; 3/ le mécanisme de perception sélective (ou sélection perceptive) complémentaire au mécanisme de distorsion perceptive.

- Induction/déduction

Induire signifie partir d’un cas particulier pour en arriver au cas général (on tire des règles générales à partir d’un seul cas). On peut par exemple affecter un individu dans une catégorie sur la base d’un seul trait de sa personnalité. L’induction joue au moment de l’élaboration d’une catégorie, ou d’ajout de complément à une catégorie. Déduire signifie tirer une conclusion concernant un événement particulier à partir d’une loi générale. Appliqué à un individu : un individu appartenant à une catégorie se verra attribuer tous les traits stéréotypiques de ce groupe.

- Surinclusion/surexclusion

Tajfel (Surinclusion/Surexclusion) montre expérimentalement le fait que, quand un sujet doit affecter des individus dans une catégorie, il ne le fait pas sur la base d’une prise en compte objective des traits qui caractérisent ces individus : contrairement aux objets, le sujet prend en compte la valeur des catégories-cibles, positive ou négative.

Pour les catégories jugées négativement, les sujets ont tendances à mettre plus d’individus (surinclusion) que pour les catégories jugées valorisantes (surexclusion). Le sujet prend plus en compte la valeur de la catégorie-cible.

- Perception sélective ( complémentaire de la ) distorsion perceptive

Duncan (1976 : Distorsion perceptive des stéréotypes de catégorisation) met en évidence le phénomène de distorsion perceptive du aux stéréotypes liés à la catégorisation. Cette expérimentation montre en effet que, indépendamment des attitudes et opinions avoués, notre perception de la réalité sociale est fortement biaisée par les stéréotypes et la catégorisation des "groupes" rencontrés.

3. En conclusion...

Nos rapports sociaux sont liés au phénomène de catégorisation sociale. Nous ajustons nos comportements à autrui en fonction de l'appartenance catégorielle que nous lui prêtons. A partir de là, nous inférons ces caractéristiques, sur la seule base que cet individu appartient à une catégorie donnée grâce à un raisonnement par induction ou par déduction.

L'affectation d'un individu dans une catégorie est loin d'être objective, en effet cela dépend fondamentalement de la valeur (positive ou négative) que nous accordons à cette catégorie. Si celle-ci est valorisée positivement, on note un phénomène de surexclusion, si elle est valorisée négativement, on note un phénomène de surinclusion.

Nos relations intergroupes sont également liées à ce phénomène. Lorsqu'un individu fait partie de notre propre catégorie d'appartenance, nous avons tendance estimer qu'il nous est ressemblant sur bien des points (effet d'assimilation). Par contre, si cet individu fait partie d'une autre catégorie, nous avons tendance à estimer qu'il est très différent de nous (effet de contraste). L'effet de contraste est d'autant plus accentué que les relations entre les groupes considérés est conflictuelle.

Une fois que nous avons affecté un individu à une catégorie, nous lui attribuons les traits de sa catégorie, et il est difficile de nous faire changer d'avis le concernant : ceci est dû aux phénomènes de distorsion perceptive, et de perception sélective.

Source : Cours de Psychologie Sociale - Dijon
   

Mots-clés : catégorisation, concepts sociaux, description, distorsion perceptive, induction, perception sélective, surexclusion, surinclusion, tajfel



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