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Contexte psychopathologique de l’échec Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychologie du developpement

Proposé par Yoann, le 14-01-2008



Contexte psychopathologique de l'échecL'échec et la phobie de l'échec en étude peuvent dépendre notablement du contexte psychopathologique de l'individu. Plusieurs cliniciens dont Freud ont essayé de déterminer l'étiologie possible du sentiment d'insécurité et de l'angoisse provoquée par la peur de l'échec, ainsi que les compensations utilisées.

Suite de : Les études et l'Echec : Introduction

3. Contexte psychopathologique de l’échec 

3.1. Les modifications de l’humeur

Les troubles minimes de l’humeur s’observent de façon très banale dans les névroses d’échec.

Réaction dépressive : Après la concentration soutenue souvent pendant plusieurs années, la brusque chute de l’effort, la détente brutale entraînent une impression d’insécurité qui lorsque le succès n’est pas aussitôt suivit d’un dépaysement, d’un départ en vacances, peut parfois s’organiser sur un mode anxieux et dépressif.

Lorsqu’il s’agit d’une véritable réaction d’échec l’état dépressif profond durable affirme une symptomatologie banale marquée par les thèmes particuliers liés aux circonstances d’apparition. Comme dans les réactions minimes mais sur un mode très amplifié et vécu intensément, on retrouvera un sentiment de vide, de désarroi mais en même temps dégoût et désintérêt, en particulier à l’égard de ce qui passionnait jusqu'à la réussite.

3.2. Les conduites d’échec chez le psychotique et chez le paranoïaque

Le psychotique : Les réactions des malades psychotiques présentant une composante hystérique fondamentale sont spectaculaires.

Le paranoïaque : L’échec apparaît comme secondaire dans l’ensemble du tableau clinique mais un travail psychothérapique, discret et superficiel, peut être amorcé en prenant appui sur les conséquences de l’échec dans le but de tenter d’établir une relation supportable avec le malade.

4. Clinique psychanalytique : l’inconscient à l’œuvre

4.1. L’échec pathologique

La névrose d’échec est un exemple frappant de la dimension de l’inconscient. Elle démontre l’opposition entre le désir conscient, ici la réussite, et le désir inconscient où se noue l’interdit.

Tout conflit entre un désir conscient et son antagoniste inconscient peut se résoudre par un insuccès, et toute la clinique psychanalytique pourrait être envisagée sous cet angle.

L’échec résout un conflit mais cette résolution entraîne une satisfaction d’où une raison supplémentaire de renouveler l’expérience, l’échec se trouve érotisé. D’autre part, les conséquences de l’échec organisées en bénéfices secondaires de toutes sortes représentent un facteur supplémentaire pour la poursuite des échecs.

4.2. Le succès et l’impacte de la réalité extérieure

La réalité extérieure semble réaliser non le désir conscient, licite mais bien le fantasme inconscient coupable et dangereux. Si le succès réalise les désirs dangereux et coupables de l’inconscient il s’ensuit un bouleversement de l’économie psychique ; la réalité extérieure ne joue plus son rôle d’interdit de contrepoids par rapport aux pulsions et fantasmes inconscients qui l’investissent.

L’échec a pour premier rôle de rétablir l’équilibre conflictuel, il sauvegarde les fantasmes inconscients et apporte une satisfaction substitutive du succès.

4.3.  L’échec la culpabilité et la castration de l’autre

Parmi les nombreuses fonctions agressives que l’échec autorise il en est une essentielle qui se retrouve presque toujours, c’est son rôle culpabilisant. L’échec doit accabler l’autre, le responsable sous la culpabilité.

4.3.1. Le rapport au père

L’échec entraîne une satisfaction à se soumettre passivement au père dominateur, qui lie l’échec au plaisir masochique et s’accompagne en même temps du plaisir agressif de frustrer car ce même échec humilie le père, le prive du succès… Succès par lequel il aurait pu s’enorgueillir de son fils.

Le père peut toujours être placé dans un rôle castrateur. L’échec protège de la castration tout en la réalisant sur les deux protagonistes par un autre biais. L’échec protège du père mais il protège aussi le père. Quand l’image du père faible domine inconsciemment, la névrose d’échec a pour but essentiel de le protéger. On voit ainsi échouer le fils lorsque le père est vécu comme faible du fait de sa situation sociale ou dans le groupe familial, ou en raison d’une absence de caractère. Tout un faisceau de raisons inconscientes peuvent entrer en jeu : identification au père, vengeance contre ce modèle incapable…

Cette faiblesse dont témoigne l’échec entraîne de la part du père un rejet et entretient alors une relation homosexuelle masochique avec lui tout en protégeant contre une relation d’amour trop intense, directe et angoissante. Le succès représente un risque de séduction virile du père et l’angoisse de soumettre celui-ci réduit au rôle passif (féminin).

4.3.2. Le rapport à la mère

Le bénéfice libidinal provoqué par l’échec se retrouve dans la relation à la mère. La castration ramène au niveau du petit enfant, protégé, bien aimé, a qui l’on passe et pardonne tout. Dans les cas névrotiques, l’échec traduit une défense contre les exigences fantasmatiques maternelles ; échouer c’est rester soi même, conserver son identité en ne devenant pas l’objet, le phallus maternel, et instaurer à la place un jeu de castration de la mère (la punition par l’échec).

Lorsque la mère encourage le succès, le sujet l’entend comme un encouragement à être plus fort que le père, confirmation de sa prééminence par rapport à ce dernier.  La mère qui rend plus fort que le père s’affirme simultanément protectrice, destructrice et castratrice.

4.4 L’échec et l’exhibitionnisme 

Le désir de se mettre en avant, de se faire voir et admirer est alors vécu comme coupable, dangereux, contenant en germe de douloureuses frustrations et blessures narcissiques, la peur d’être vu s’ancre au niveau prégénital dans l’angoisse d’être pénétré au plus intime de soi. Par exemple dans un oral d’un concours, l’échec se manifeste dès l’écrit pour éviter l’angoisse insupportable de l’oral. L’échec empêche de s’exhiber.

L’exhibitionnisme de l’échec démontre qu’on ne possède rien ; puisqu’on n’a rien de mal à cacher, il est permis de se montrer. L’exhibition de l’échec favorise ainsi l’exhibition tout court.

4.5 Diverses névroses d’échec

4.5.1. Névrose d’échec et revanche

L’échec intervient pour dénier, annuler ou déplacer l’agressivité tout en lui offrant un moyen d’expression acceptable par le moi et de cette façon l’échec réalise la revanche sur le mode subtil du compromis tranchant la voie aux relations sado-masochiques.

4.5.2. Echec et secret

La réponse par l’échec est une réaction banale chez l’enfant ou l’adolescent sous le coup d’une situation dont la signification lui échappe et qui se trouve par le mensonge et le silence des adultes, plongé dans une atmosphère de mystère et d’angoisse.

4.5.3. Névrose d’échec et analité

Quand l’échec se relie au stade anal, le sentiment est qu’on est toujours en train d’attendre, d’exiger quelque chose de soi. L’échec anal témoigne du refus d’être manipulé par autrui comme une chose ; par l’intermédiaire de la passivité anale s’organise le refus de se soumettre, d’obéir, la volonté de n’en faire qu’à sa tête. L’attitude d’échec anal s’organise avec la revendication d’être aimé pour rien sans rien donner en échange.

   

1 commentaire(s)

Ecrit par: Claire Langier le 19-01-2008

L'ensemble de l'article est très intéressant, tout en étant très orienté théorie psychanalitique. D'autres théories développent l'explication via des schèmes appris, de mauvaise façon, soit durant l'enfance, soit au long de la vie. (notamment, les théories cognitivistes) 
 
La peur de l'échec est vraisemblablement lié au besoin de réussite sociale dans nos sociétés, pour être "existant" aux yeux des autres. Plus ce besoin est ancré - et véhiculé par exemple par les médias - plus la possibilité de développer une angoisse face à l'échec, autant que face à la réussite, est grande?

 


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