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Page 2 sur 3 3. Phénomènes d’amorçageVous l'aurez peut etre remarqué, il n'est pas rare qu'une parole, vous fasse songer tout à coup à un événement, ou une idée, qui lui est reliée. Il s'agit généralement d'un des phénomènes les plus étudiés de l'attention : le phénomène d'amorçage. On le définit souvent comme "la préactivation de certaines représentations potentiellement pertinentes en fonction du contexte" : par exemple, si on présente le mot « bateau » à un sujet, il aura tendance à reconnaître plus facilement ou plus rapidement le mot « voile » présenté ensuite.
Il s'agit là d'expériences classiques dans lesquelles on mesure le temps de réaction : des séquences de lettres sont présentées à un sujet, qui doit appuyer sur une touche, si la séquence présentée constitue un mot, une autre touche s'il ne s'agit pas d'un mot (c'est un exemple seulement, d'autres types d'expériences similaires utilisent ce principe). Le principe de cette expérience veut qu'un mot facilement traité et reconnu, entraîne une réponse plus rapide qu'un mot plus difficilement traité.
Ce type d'expérience a notamment montré qu'un mot pouvant avoir plusieurs significations selon le contexte, est traité plus rapidement si un amorçage permet d'orienter le contexte vers une signification unique de ce mot : entendre le mot "escroc" avant d'entendre le mot "pigeon", peut faire revêtir au second mot une toute autre signification que celle habituellement associée, à savoir, l'oiseau, terreur de nos voitures en stationnement, où le naïf sujet victime d'un vilain pair.
Le phénomène d’amorçage va ainsi désambiguïser le sens des mots cibles. Un exemple : « They were throwing stones toward the bank » (Bank peut signifier « rive » ou « banque »). Si on présente le mot River ou le mot Money en tant qu'amorce, alors Bank prendra spontanément le sens qui correspond à cette amorce, dans l'esprit des sujets. Une expérience réalisée sur ce modèle démontra dans ces cas là que la reconnaissance de la phrase et du mot cible "Bank" est à la fois plus rapide et plus directe, le sujet hésitant moins à donner le sens qu'il perçoit.
Un autre exemple plus délicat et interessant : lors d'une étude sur l'attention auditive, on présenta dans l’oreille attentive, à la suite, les mots "girafe", "vouloir", "carton" puis "Vert/verre/vers" (comme il s'agit d'un son, ce sont tous les mots homophones dont il pouvait revêtir le sens).
Si on ne présentait rien de spécial dans l’oreille inattentive, les sujets comprenaient le dernier mot dans l’un de ses sens, à raison de 33% de chance pour chacun. Aucune signification particulière n'était donc privilégiée. Mais le sens "Vert" correspondait à 95% des réponses si les mots présentés à l’oreille inattentive sont "plante", "couleur", "gazon". Cela constitue une preuve supplémentaire du fait qu’il y ait un traitement des informations de l’oreille inattentive. Mais cela montre également que ce traitement influe directement sur la sémantique, et conséquemment sur les traitement cérébraux de niveau supérieur. On parlera dès lors d'amorçage sémantique.
Cet effet d'amorçage, est également une preuve que si l'information non pertinente, n'est pas traitée consciemment, elle n'en reste pas moins traitée, même de manière assez superficielle, elle n'est donc pas totalement bloquée. Du reste, l'effet Cocktail-Party soulevait déjà les limites du modèle de Broadbent.
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Ecrit par: Gaston le 23-12-2007
je comprends plutôt mal la deuxième expérience de Treisman. Pourriez-vous préciser ce qui est émis par les écouteurs et non ce qui est entendu par le sujet s'il vous plait?