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Attention et vigilance : caractéristiques différentielles Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychologie cognitive

Proposé par Stephane Desbrosses, le 20-12-2007



Les mécanismes cognitifs de vigilance et d'attentionAttention et vigilance : caractéristiques différentielles

1. Tests d'attention et évolution de la vigilance

Pour l'anecdote, citons l'exemple de Pearl Harbor. Le saviez-vous? à cette époque, la toute nouvelle technique de radar faisait son entrée à l'armée américaine, en phase d'essais. Lorsque l'armada Japonaise apparut à l'écran, l'homme en charge de le surveiller, songeait qu'il y avait défaillance, le Japon ayant signé peu de temps auparavant, une déclaration de paix. L'information remonta, sans que l'on se soucie de ce phénomène. Au plus, mettait-on cela sur le dos de la fatigue, une baisse d'attention du radariste... Légende urbaine? Rien n'en fut fait mention, seules quelques rumeurs clamant que l'attaque aurait pu être évitée... Toujours est-il qu'à cette époque, on prit conscience de l'importance d'étudier l'attention des soldats américains et anglais.

Mackworth (1950), de la Royal Air Force britannique, réalisa dans le cadre de ces études, un des premiers tests d'attention et de vigilance, qui permis notamment de différencier les deux : le test de l’horloge.

Une horloge ronde, contenant 100 unités. Le rôle du soldat qui la surveillait, était de dire à l'expérimentateur, quand l'aiguille sautait deux unités au lieu d'une, ce qui arrivait régulièrement, le mécanisme étant construit comme cela pour l'occasion. Cette expérience fut une des première à mettre en évidence le déficit attentionnel dû à une concentration continue, sur une tâche toujours identique. Elle fut très étudiée, et les résultats sont désormais bien compris. La baisse de vigilance dans ce genre de tâche est tout simplement une composante humaine normale. Si au début de l'expérience, on repère régulièrement, tous les mauvais mouvements, nos performances déclinent de manière assez constante... La fatigue peut faire chuter l'attention, et les performances se réduisent avec le temps, bien que nous n'en ayons pas forcément conscience. A vrai dire, les soldats se sentaient un peu fatigués à la fin de l'expérience (parfois, celle-ci durait plusieurs heures). Le pourcentage d'erreur pouvait ainsi descendre jusqu'à des valeurs minimales, sans que le sujet ne s'en rendent réellement compte. Cette expérience permis en outre d'ouvrir la voix à de nombreuses recherches visant à étudier les effets d'autres paramètres sur l'attention : la prise de drogue ou d'alcool, le nombre d'heures depuis lesquelles le sujet n'avait pas dormi, etc... On a ainsi pu déterminer les moments de la journée, par exemple, auxquels notre concentration peut être maximale. Tout ceci eut une portée majeure sur les habitudes de l'armée, comme dans la vie civile.

D’autres tests furent réalisés sur le même principe : le test de barrage de lettre de Toulouse-Piéron s'intéresse quant à lui au pourcentage d'omission, et non d'erreur, bien que le test de Mackworth puisse aussi prendre en compte cet aspect. Le test de barrage de lettre de Toulouse-Piéron consiste pour le sujet à barer certaines lettres, par exemple, les lettres en doubles, ou les lettres A, d'un texte. Si le test est étrangement bien réussi concernant les premières lignes, on peut voir une baisse notable de performances, également, lorsque le texte est sensiblement long. L'interêt de ce test est également que l'on puisse modifier certains paramètres. Observer l'effet des amphétamine sur la concentration et les performances, par exemple.

2. Loi de Yerkès-Dodson

Tous ces tests se comportent plus ou moins de la même façon : ils montrent la baisse des performances et donc de l'attention des sujets, selon une courbe caractéristique. Une courbe descendante : les sujets ont peu d'erreurs au début du test. Plus le temps passe, plus ils font d'erreurs. Cette courbe représente le déficit d'attention, mais pas le déficit de vigilance : les tests, réalisés à différents moments de la journée, ont permis de montrer que les courbes de résultats étaient différentes selon l'heure à laquelle les tests étaient passé : si le nombre d'erreurs augmentait assez vite en milieu de journée, on se rendait compte qu'il augmentait encore plus vite après plusieurs heures de veille.

On a ainsi pu tracer une nouvelle courbe représentant la vitesse d'augmentation des erreurs, au cours d'une journée : on obtint une caractéristique courbe en cloche, laquelle porte le nom de loi de Yerkès-Dodson, déjà décrite en 1908. L'importance de cette loi ne se traduit pas seulement sur les test : elle décrit tout simplement l'état d'activation globale du cerveau, de la concentration, de la vigilance, au cours de la journée. Peu de surprise en fait : la vigilance est faible au réveil et s’accroît pendant la moitié de la journée puis décroît.

D'autres aspects ont pu être associés à cette courbe : sa croissance stimule l’intérêt, les émotions positives… tandis que sa décroissance entraîne des perturbations émotionnelles, une anxiété…

Bien entendu, et c'est le premier résultat observable, les performances à une tâche sont fonction du niveau d’activation physiologique général (donc, sont fonctions du "niveau d’éveil"). De nombreux facteurs, psychologiques ou chimiques, ont une influence sur ce niveau d'éveil : ceux qui augmentent le niveau d'éveil sont tout simplement qualifiés "d'éveillants", ceux qui le diminuent, sont qualifiés "d'hypnogènes". C'est grâce à ces études que l'on a pu démontrer que le manque de sommeil, ou l'alcool, et d'autres... diminuent le niveau d'activation globale. Une absence totale de bruit, ou un bruit trop fort, a le même effet. Un peu de bruit seulement, augmente le niveau d'éveil.


Source : Connaissances générales

   

Mots-clés : attention, caractéristique, cognition, vigilance, différentielle



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