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Amendement accoyer cru 2008 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : news, Catégorie : reflexions-actus

Proposé par Jean-Christophe Dardart, le 19-01-2008



Des lois et des justicesSi dans le monde vinicole il y a le beaujolais nouveau, dans le monde des psys il y a le décret de l'amendement Accoyer nouveau...
 
Eh oui le cru 2008 de l'amendement Accoyer sur l'usage du titre de psychothérapeute, est sorti. Cela fait 4 ans déjà, que le carré des psys (psychothérapeutes, psychologues, psychanalystes et psychiatres) se bat, les quatres soit main dans la main, soit en tentant de maintenir une position de Lobby. D'autres encore voient ceci comme une bonne chose, du moment que ça ne mange pas du terrain. Et c'est bien ceci qui longtemps a occupé les négociations avec le ministère de la santé: le cabinet de Xavier bertrand en charge de l'affaire en 2005/2006, manoeuvrant la chêvre et le choux pour satisfaire à la demande de chacun (les acteurs concernés étant nombreux), malgrès une volonté plutôt réussie de faire un appel unitaire contre cet amendement , nous avions affaire à de sacrés florentins, voulant passer cette loi quoiqu'il arrive. En effet, l'état avait pour lui une arme bien efficace: l'ambiguïté.
  1. L'ambiguïté, du champs psys: psychiatre, psychanlyste, psychologue clinicien, psychothérapeute: c'est pas si simple à distinguer dans les faits et pratiques.
  2. L'ambiguïté des référents théoriques: TCC, Psychanalyse, systêmie etc. Les référents peuvent se distinguer radicalement et ne conçoivent ni l'ethique, ni l'humain de la même façon, et du coup ne conçoivent pas le but d'une psychothérapie de la même façon.
  3. Découlant des 2 points précédant: l'ambiguïté de la définition de psychothérapie. Qu'est-ce qu'une psychothérapie? Cette difficulté est particulièrement prononcée pour la psychanalyse. je ne peux me retenir d'évoquer l'ambiguïté de Freud à ce propos qui disait que la psychanalyse n'était pas une psychothérapie mais qu'elle est la meilleure des psychothérapies (gloups)
  4. Le fait que derrière une holà scandalisée défendant le bien du patient, il y a des enjeux de pouvoir et la volonté de prendre ou garder une place.
Voici, un article trouvé sur le site de libération

Chez les psys, le casse-tête de l’amendement Accoyer Censé réglementer la profession, le texte de 2004 rajoute de la confusion.

 

27 décembre 2007

par Eric FAVEREAU

 

Et c’est reparti. L’année 2008 sera à nouveau une année... Accoyer, du nom certes du président de l’Assemblée nationale mais surtout de l’auteur d’un amendement vieux de trois ans, autour de la psychothérapie. Un amendement qui a provoqué une ébullition chez les fils de Sigmund Freud comme rarement l’histoire en a connu. En accord avec le président de l’Assemblée, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a en effet décidé de boucler le dossier. Se donnant pour tâche de sortir « rapidement » des décrets d’application de l’article 52 de la loi du 9 août 2004.

Un bien beau défi... Car comment régler une aventure législative absolument confuse ? Tentons quelques repères.

En 2004, simple député de Haute-Savoie, le bon docteur Accoyer s’est donc découvert un combat : il a voulu « en finir avec les escrocs de l’âme qui s’autoproclament psychothérapeutes, qui installent leur plaque en bas de chez eux, et trompent les malheureux ». Louable intention, mais notre député a manqué un peu de finesse dans sa démarche. Et cette lourdeur initiale a été fortement relayée, ensuite, par les différents ministres de la Santé qui ont eu à traiter la question, de Jean-François Mattei à Philippe Douste-Blazy, puis Xavier Bertrand. Tous ont sorti leurs gros sabots, bousculant sans ménagement des questions éternelles. Fallait-il par exemple inclure les psychanalystes dans le terme de psychothérapeute ? Avec le risque que les fils de Freud, par nature rebelles à l’Etat, se révoltent . Ensuite, comment définir une formation minimum ? Etait-ce à l’université de le faire, ou fallait-il faire confiance aux instituts privés ? Comment, de plus, ne pas se laisser emporter par des conflits entre une psychologie très biologisante et une autre, centrée autour de la parole ? A cela s’ajoutait un contexte tendu autour de la problématique de l’évaluation. La vie, le sens de la vie, peut-il ainsi s’évaluer ? Qui peut parler à la place de l’autre ?

Guerres intestines. Bref, ce n’était pas simple. Et le résultat a été à la hauteur de la tâche : totalement confus. Et violent. D’abord, c’est le milieu psychanalytique qui est monté au créneau, hurlant au scandale, « l’Etat voulant légiférer leurs pratiques rebelles ». Ensuite, les différentes écoles de psychothérapie se sont écharpées sur la longueur et le contenu des études imposées. Après de nombreux colloques, guerres intestines et débats, un article de la loi a été voté, puis remodelé, puis revoté. Et au final... une mauvaise loi en 2004. « Mais voilà, le texte voté est inapplicable, car il est absolument contradictoire », a remarqué aussitôt le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur. Et comment lui donner tort ? Dans un alinéa, il est dit que « tout médecin, psychologue diplômé ou psychanalyste peut se prévaloir du titre de psychothérapeute ». Puis, dans un autre, il est stipulé au contraire que « tout professionnel - médecin, psychanalyste, psychologue, psychothérapeute - doit suivre une formation en psychopathologie pour se prévaloir d’un titre ». Le tout et son contraire.

Même le Conseil d’Etat s’en est ému, critiquant la loi, refusant de signer les décrets. Et, dans un des nombreux avis qu’il a rendus, il a juste concédé que « l’on peut supposer que l’intention du législateur était de subordonner l’inscription à une liste de psychothérapeutes à une formation de psychologie clinique ». En somme, tous ceux qui veulent se targuer du titre de psychothérapeute doivent avoir une formation de psychologie clinique, tel était le souhait caché du législateur.

« Attendez, il faut reprendre la concertation, et voir si tout cela est bien nécessaire », explique, aujourd’hui, Jean-Pierre Sueur. Cette prudence n’est pas partagée par Bernard Accoyer, devenu entre-temps président de l’Assemblée. « Je ne laisserai pas tomber. Pour rien au monde, je veux attaquer la psychanalyse, qui me paraît une des démarches intellectuelles les plus fortes. Mais pour autant je ne veux pas que n’importe qui se déclare psychothérapeute. » La ministre de la Santé, que l’on dit proche du monde analytique, a bien entendu. Un groupe de travail vient d’être mis en place pour rédiger les décrets. Objectif : des décrets en janvier. « L’idée est qu’il y ait des commissions départementales d’agrément. Le diplôme de psychologie clinique, qui sera exigé pour user du titre de psychothérapeute, ne sera pas que le fait de l’université. Des instituts pourront passer contrat », dit-on auprès de la ministre.Quant aux psychanalystes qui ne veulent pas se servir du titre de psychothérapeute, nul besoin d’homologation officielle pour exercer.

Mandarins. Cela sera-t-il suffisant pour éviter le démarrage de nouvelles hostilités ? « Ne vous inquiétez pas, ironise un bon connaisseur du dossier, s’ils veulent rouvrir le débat, cela va partir dans tous les sens. » D’autant que Jacques-Alain Miller, figure de proue des lacaniens, a décidé de lancer de son côté une nouvelle bataille. « Depuis quelques temps, les mandarins de l’université sont en train d’expulser de leurs rangs les psychanalystes. Notre réponse va être terrible... »

Eric FAVEREAU

Crédit à l'auteur En passant j'aimerais, saluer l'intervention en fin d'article de J.A.M., qui montre bien là une crainte du ministère: "il ne faut pas réveiller les analystes" ;) Derrière ce micmac, il y a une question de fond qui est celle de ce qui garantie la pratique du psy, par rapport à la détresse des patients. se rassurer d'être entre de bonnes mains, est tout à fait légitime pour un patient, d'autant plus qu'il se doit de faire confiance à un inconnu. Je ne reviendrais pas sur le fait que cette méfiance naturelle, est aussi quelque chose qui se travaille en séance pour m'axer sur deux autres façons d'appréhender ce "être en de bonnes mains":
  1. Soit, le psy n'a pas compétence pour.
  2. Soit, il a de mauvaise intentions et veux manipuler une personne en détresse pour le faire rentrer dans une secte.
Au départ, l'esprit fondateur de cette loi était de combattre les psys mal intentionnés, et les associations de patients ou de proche de patients, demandaient qu'on fasse quelque chose contre ça. Du moins au départ. Or la réponse qui a été faite s'est faite sur le plan de la formation. Il y a eu là un glissement un peu rapide. On peut comprendre ce glissement dans le fait que ce n'est pas tant le faible taux de psys mal intentionnés qui posent problèmes que le fait que leur formation n'est pas adaptée (d'ailleurs adapée à quoi?), et que quite à faire des psychothérapeutes de droits autant le faire de faits. Cette position raisonnable de Roland Gori, porte néanmoins une dérive: l'université forme des psychothérapeutes et c'est donc l'état qui officialise des psychothérapeutes ce qui du point de vue de la psychanalyse est absurde. Au delà du fait, qu'au fond la réponse du décret, celle de la formation, ne répond pas à la demande initiale qui est est celle de combattre les sectes se déguisant en psychothérapeutes, il y a la question de l'éthique personnelle, qui est particulièrement centrale dans l'orientation analytique Et c'est, justement sur la question de l'éthique que cet amendement pose problème: en effet ce qui va garantir un titre n'est pas le fait que le psychothérapeute fasse le choix d'une honnêteté envers lui-même, envers ses résistances, ses manques etc. En disant qu'un diplôme garantit les bonnes mains de l'artisan, on laisse penser à croire aux patients que le diplôme garantit quelque chose qu'elle ne peut garantir: Un diplôme ne peut imposer à une personne d'être honnête en vers elle même et les autres. Il suffit de valider des exams et d'être dans le désir des professeurs pour l'obtenir. Ainsi, cet amendement par sa dérive vers le diplôme donne l'illusion de la protection, c'est l'effet canada dry: ça a le goût de la protection mais ça n'en est pas. Ce qui est véritablement le garant de cette honnêteté envers lui-même du psychothérapeute, c'est le fait qu'il fasse ce choix librement de lui même. Ainsi, imposer de l'extérieur ce qui est la résultante d'un travaille interne est purement illusoire. Du coup, il n'y a pas de protection possible et intrasèque, puisqu'on ne peut forcer le psychothérapeute à faire des choix internes. Maintenant quel est le pire? l'illusion de la protection ou le fait de dire clairement qu'il n'y a pas de protection possible?

Source : Article original Jisee.free.fr , article sous licence Creative Commons.

   

Mots-clés : psychothérapie, amendement accoyer



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