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La procrastination ou l'art de ne rien faire Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychologie clinique

Proposé par Stephane Desbrosses, le 21-12-2007

La procrastination n'est pas de la feignantise!... de remettre à plus tard ce qui pourrait être fait aujourd'hui, de s'auto-aveugler sur les nécessités du quotidien, de s'investir dans de nouvelles activités totalement dans l'espoir d'oublier, un temps soit peu, les étapes obligatoires qui nous feront avancer... Et bien oui, ce trouble porte un nom : la procrastination

De l'Art de ne rien faire...

Le terme procrastination désigne une tendance pathologique à remettre systématiquement à plus tard le travail qui devrait être fait à l'instant. Ne souriez pas, beaucoup de personnes en souffrent... Une souffrance réelle, accompagnée d'un manque d'adaptation aux impératifs de la vie quotidienne qui les empêche de passer à des étapes ultérieures normales. Un retardataire chronique peut ne jamais se mettre au travail à force de procrastiner, c'est par ailleurs souvent l'un des buts cachés et conséquents à ce trouble.

La tendance procrastinatrice apparaît généralement lors des études, dès le lycée ou en étude supérieure, et touche paradoxalement des étudiants très doués, habitués à réussir leurs épreuves et reconnus par leurs professeurs et leur entourage, pour leur talent.

Cet entourage y joue d'ailleurs un rôle : insister sur la compétitivité du monde du travail ou des études, attendre beaucoup de nos enfants, peut encourager l'apparition de ce trouble. L'enfant où l'étudiant se sentira angoissé à l'idée de ne pas se révéler digne des attentes.

...Tout en ayant les capacités!

Régulièrement, la procrastination s'accompagne d'une certaine dose de perfectionnisme : l'étudiant veut à tout prix réussir ce qu'il entreprend, estime inacceptable un travail qu'il ne juge pas parfait, et en fin de compte, ne produit jamais un travail qui le satisfait... et contourne le problème en évitant de réaliser ce travail. Ce qui ne signifie donc pas qu'il ne fait rien! Il pourra être saisi d'une frénésie d'apprentissage ou d'activité tant que celle-ci n'aura pas de rapport immédiat avec le travail qui doit être fait...

Une fois ancrée, la procratination est dure à affaiblir... elle touche bien souvent le travail qui permettrait de la dépasser, à la manière de virus s'attaquant à des antivirus...

Petits exploits et grandes confiances

Il semble qu'il faille viser un regain de confiance en soi, par la réussite de petites tâches, en premier lieu, puis de plus grands travaux, mais en adéquation cette fois-ci avec ce qui doit être fait (études, job, etc...) pour permettre au procrastinateur de se rendre compte qu'il peut déjà réussir le travail qui l'angoisse.

Complimenter, coacher, soutenir, semble une attitude efficace, mais... il faut également remettre les projets du procrastinateur à la réalité, éviter de le soutenir pour les projets à trop long terme, pour plutôt préférer des projets cours, réalistes, et pouvant être terminés dans un délai suffisamment court. Le procrastinateur a en effet fâcheuse tendance à élaborer de longs et ambitieux projets, vraisemblablement afin de limiter les effets de la contrainte du temps, tout en s'auto-appréciant de réaliser de grandes choses.

Ce trouble n'est bien sûr pas toujours pathologique, et tout un chacun présente régulièrement une tendance à la procrastination. Le mieux est de rester vigilant et de se remettre les idées en ordre de temps à autres, en se donnant un ptit coup au derrière pour se mettre enfin au travail à faire, et le finir avant même que le délai soit écoulé : finir d'écrire un article un mois avant le délai officiel, terminer une oeuvre malgrès quelques imperfections... ne soyez pas insatisfait ni trop perfectionniste en chaque instant ! Le mieux est toujours l'ennemi du bien!
   

Mots-clés : pathologie, procrastination, trouble

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5 commentaire(s)

Ecrit par: BenjaminThiry le 17-04-2009

Je serais plus enclin à situer cette procrastination du côté d'un symptôme social et non individuel. En effet, notre société encourage le dépassement de soi, l'autoréalisation et le perfectionnisme sans aborder les désirs des individus. Il est tout à fait normal qu'on joue la carte de l'opposition (passive ou active) lorsqu'on nous invite à faire quelque chose qui n'a pas de sens pour nous. 
Créer un tel syndrôme pathologique a un effet pervers : médicaliser une idéologie sociale. C'est évidemment une dérive intellectuelle.

 

Ecrit par: Stephane le 17-04-2009

Aaaah, mais le point de vue individuel a le mérite de chercher et proposer des solutions réalisables à l'échelle de l'individu (aller au bout de petits exercices, finir des taches de plus en plus sérieuses, etc...). Changer la société ou au moins les micro-sociétés, est plus ardu, plus aléatoire également, les effets d'un changements pouvant être très imprévisibles. 
 
L'apparition ou la reconnaissance de nouveaux symptômes avec l'évolution sociale n'est pas à proprement parler nouvelle - mais la disparition également. On ne peut certainement renier l'avancement de cette société et les symptômes qu'elle peut engendrer sous prétexte qu'elle entraine partiellement ces symptômes nouveaux. Qui plus est il est tout aussi évident qu'on ne peut rendre responsable seule cette société, e entrer dans un débat relativement stérile auquel s'adonnent psychologie et sociologie depuis leur naissance. 
 
Du point de vue de cette société autant que de celui de l'individu, l'approche la plus pratique semble d'accepter les origines à la fois individuelles et sociales... pour la réflexion et pour l'aide au patient.

 

Ecrit par: Fabrice le 17-04-2009

Bon, je vous répondrai demain.

 

Ecrit par: BenjaminThiry le 21-04-2009

Je ne proposais nullement de "faire le procès" de la société concernant le thème de la procrastination. Je soulignait le fait que certains psychopathologues "découvrent" des comportements (ou attitudes) qui ont toujours été là et les élèvent au rang de trouble, déficit, excès ou dysfonctionnement. Cela n'est guère innocent et seule une approche historique permet de constater combien cela correspond à une idéologie. De nombreux syndromes psychiatriques reposent sur des valeurs sociales et non médicales (je pense notamment à la personnalité antisociale).

 

Ecrit par: doris le 18-08-2009

Bonjour Fabrice, merci de m'avoir 'invitée' ici à travers l'excellent article de la psychologie du Talion! Eh bien voyez-vous, moi je réponds de suite! Mais je comprends que vous aimez mieux discuter sur le mien!

 


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