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Dossier - Psychopathie - Introduction Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : psychologie clinique

Proposé par Yoann, le 21-12-2007



Hannibal Lecter, figure emblématique de la psychopathie, et de nos angoisses les plus profondesComment et pourquoi devient-on psychopathe? quelles origines, quelles explications?

1. Notion de normalité

La normalité correspondrait à un pourcentage majoritaire de comportements. Elle est développée par rapport aux autres ou aux règles. Nous classons avec hâte, les personnalités dites anormales, par soucie de catégorisation sûrement, mais aussi par peur de l’autre différent. Aurions nous un regard différent, et plus humble, en ayant connaissance qu’une conduite psychotique peut nous arriver, et qu’un malade peut revenir à un état dit normal ? Et qu’une personnalité, chez nous peut être classé comme pathologique alors que dans une autre société avec une culture différente cette personnalité sera dite normale ; à l’inverse une personnalité normale dans notre culture sera peut être trouvée comme pathologique dans une autre société. Il y a donc aussi un soucie d’adaptation et de rejet dans cette notion de normalité.

Essai de définition de Jean Bergeret : « Le véritable ‘bien portant’ n’est pas simplement quelqu’un qui se déclare comme tel, ni surtout un malade qui s’ignore, mais un sujet conservant en lui autant de fixations conflictuelles que bien des gens, et qui n’aurait pas rencontré sur sa route des difficultés internes ou externes supérieures à son équipement affectif héréditaire ou acquis, à ses facultés personnelles défensives ou adaptatives, et qui se permettrait un jeu assez souple de ses besoins pulsionnels, de ses processus primaire et secondaire sur des plans tout aussi personnels que sociaux en tenant un juste compte de la réalité, et en se réservant le droit de se comporter de façon apparemment aberrante dans des circonstances exceptionnellement « anormale ».

2. Définition du trouble psychopathique

Les symptômes sont une impulsivité et intolérance aux frustrations : les sujets sont incapables de différer l'accomplissement de leurs désirs, d'anticiper la conséquence de leurs actions, autant pour eux-mêmes que pour les autres. Ils sont également incapables de tenir compte des expériences passées. Ils cherchent la solution à leurs conflits plutôt dans le passage à l'acte que dans la mentalisation ou la médiation avec les autres figurants des conflits.

Transgressions des lois, règles sociales et morales, sans honte ni remords. Ces personnes vont au contraire se poser en victimes de la société, en rejetant volontiers la responsabilité et la culpabilité sur les autres, en les accusant de faire obstacle à la réalisation immédiate de leur plaisir.

Présence d'un comportement agressif verbal et/ou physique, qui prend ses sources dans le mépris que le sujet éprouve pour les autres. Absence de ressenti émotionnel (émotions), égocentrisme : le sujet établi des relations superficielles souvent limitées à la recherche d'autosatisfaction immédiate. Un point très important est que l'ensemble de ces manifestations est présent depuis l'enfance de l'individu (très précoces), avec des comportements de l'enfant comme de grosses colères, fréquentes, de l'agressivité (envers les autres enfants ou les animaux) et une opposition précoce aux parents. Ces comportements antisociaux sont souvent renforcés au moment de l'adolescence, avec des bagarres multiples, des fugues et un refus de toute discipline. La scolarité est marquée par une grande instabilité, une qualité médiocre malgré un niveau intellectuel normal. A l'âge adulte, l'instabilité se ressent en premier lieu dans le domaine professionnel.

Les relations interpersonnelles sont médiocres, la vie sentimentale et affective est souvent une suite d'aventure sans lien durable. Les émotions effraient les personnalités antisociales (ils redoutent les expressions affectives : amour, haine,... car elles sont vues comme des faiblesses. Il y a un mépris des autres, sans soucis de leurs émotions : il y a un problème de perception et de reconnaissance des émotions. Le style cognitif est l'affirmation de soi (les sujets ont une image valorisée d'eux-mêmes). Ils se décrivent comme forts, autonomes, conquérants et dominateurs... Les autres sont considérés comme des outils qu'ils peuvent exploiter.

3. Historique

Pinel 1801, observa et décrivit un certain groupe de patients qui présentaient des comportements impulsifs et autodestructeurs, sans cependant manifester de troubles de la capacité de raisonnement. Il a désigné ce syndrome sous le terme de « manie sans délire. », B. Rush en 1812 y donna des critères moraux (exemple : moral insanity). En 1878, Gouster fit une liste des symptômes de la psychopathie. En 1914 Birnbaum utilisa le terme de sociopathe en soulignant la nature psychogénétique du trouble (apprentissage social + déficience précoce de l’environnement.) Cependant l’hypothèse biogénétique d’une infériorité naturelle dominait sur les idées sur la psychopathie. Dans les années 30 Aichorn développe une explication de la psychopathie centrée sur les configurations oedipiennes, le narcissisme, et l’échec des indentifications précoces. Dans les mêmes années, Partridge et Coriat expliquent le phénomène par des fixations infantiles orales. Dans les années 40 Wittels et Karpman distinguent plusieurs types de psychopathes ; Psychopathe névrotique, simple, idiotique (sans aucun sentiment de culpabilité), symptomatique. En 1941, Cleckley considère la psychopathie sous l’angle psychodynamique comme une psychose masquée. En 1945 Horney et Reich se penchent sur la vie inconsciente du psychopathe. En 1949, Eissler publie des articles où il souligne la nature alloplastique de la personnalité psychopathique et suppose que le pasage à l’acte destructeur fonctionne au niveau intrapsychique en tatn que tentative de réparation pour renforcer l’estime de soi.

Il souligne aussi que la base de la psychopathie se passerait pendant l’enfance du délinquant. Johnson, la même année, découvre que la défectuosité du surmoi de l’enfant correspond souvent à celui des parents et que ces derniers tirent une satisfaction substitutive des passages à l’acte de leur enfant, qui réalisent leurs propres pulsions antisociales inconscientes. En 1951 Levi a construit des typologies simples de la psychopathie basées sur des concepts psychanalytiques et distingue la psychopathie narcissique et la psychopathie agressive. Entre 1957 et 1984, Klein Mahler Jacobson et Kernberg ont fourni une base conceptuelle riche pour avancer dans la compréhension psychodynamique du psychopathe. Parmi ces quatre penseurs psychanalystes en découlent des théories empiriques permettant de formuler rétrospectivement des hypotheses à la fois structurales et fonctionnelles concernant les configurations dynamiques du psychopathe.

La suite de ce dossier développera quelques éléments de théorie tel que les origines, qu’elles soient dynamiques ou développementales, les défenses qu’un individu psychopatthe pourrait utiliser. La relation entre violence, psychose et psychopathie ainsi que les traitements proposés. Serint également exprimés différents points de vue, théorie, et typologie.
 
Dossier réalisé par Yoann Bruneau et Stéphane Desbrosses  
   

Mots-clés : origines, psychopathe, psychopathie, étiologie



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