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Le Déni Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : Psychanalyse

Proposé par Claire Langier, le 05-02-2008

psychanalyseDéfinition : (Larousse, dictionnaire de psychanalyse d’E. Roudinesco) Mécanisme de défense qui consiste à nier une perception traumatisante de la réalité extérieure, en particulier, l’absence de pénis chez la femme. (Serge Ionescu) Action de refuser la réalité d’une perception vécue comme dangereuse ou douloureuse pour le moi.

Signification et différenciation du déni par rapport à la dénégation.

Le terme est avancé par S. Freud en 1923 pour caractériser un mécanisme de défense par lequel un sujet nie la réalité d’un fait qu’il perçoit et qu’il ne peut cependant admettre. Plus qu’une négation, le mot « dé-ni » exprime bien un refus catégorique de reconnaître ce que les sens montrent : Le mécanisme prouve là son efficacité en tant que défense du moi, dans le sens où il empêche un conflit entre une perception réelle fortement désagréable pour le moi et la perception voulue en accord avec la réalité pré-construite de l’individu, non par une comparaison de ces deux réalités, l’une extérieure, l’autre de pensée, mais par une suspension de jugement et donc de décision vis à vis de ces contradictions.

Les deux affirmations coexistent au sein du moi sans s’influencer, rappelant un peu les croyances incohérentes avec le monde extérieur que l’on peut remarquer chez de nombreuses personnes et que l’on peut reconnaître dans les phrases semblables à : « Je sais que c’est presque impossible, mais j’y crois »(la croyance indubitable se traduit d’ailleurs par l’ajout dans la phrase du mot « presque », alors que la réalité de la situation est justement impossible).C’est sur ce principe que l’on peut différencier déni(verleugnung) et dénégation(verneinung).

Le psychanalyste français Guy Rosoloto proposera en 1967 de traduire Verleugnung par « désaveu », pour bien marquer la double-opération de reconnaissance et de refus et distinguer ainsi le déni(désaveu) de la dénégation, qui se situe dans le champ symbolique en participant au refoulement et à sa levée partielle. Le refoulement effectue un travail similaire, mais en intégrant la réalité non-tolérée à l’inconscient, l’écartant ainsi du champ de conscience. Avec le déni, le sujet conserve le savoir de la réalité tout en lui substituant une perception imaginaire, et possède alors deux visions incompatibles mais dénuées de tout lien, ce qui permet au moi(intervient alors la notion de clivage du moi) de « vivre sur deux registres différents, avec d’un côté la réalité perçue, et de l’autre côté, la réalité reconnue, contraire à la perception.

Origine du déni.

C’est bien avant 1923 que Freud entrevoit la notion de déni : Elle apparaît implicitement dès 1905, en référence au complexe de castration. C’est d’ailleurs dans ce point de vue plus spécifique qu’est considéré le déni : c’est la manifestation d’un rejet radical portant sur la réalité de la castration. Le jeune enfant, qui vit suivant le principe de plaisir, réagit en face de l’absence de pénis chez la fille en niant ce manque pour conserver la croyance en l’existence d’un phallus maternel.

D’après Mannoni, l’enfant ne doute pas de l’absence de phallus chez la femme, mais invente des subterfuges imaginaires pour recréer le membre chez celles qui en sont dépourvues, et arrive lentement à la conclusion qu’il y en a eu un qui par la suite a été enlevé. L’enfant est alors en devoir de s’affronter à la relation de castration avec sa propre personne. Le déni joue ici au moment de la perception du manque de pénis chez les femmes : l’une des théories sexuelles infantiles dont parle Freud dans l’ouvrage du même nom consiste à attribuer un pénis à tout le monde. Ce préjugé est selon lui habituel à la phase phallique, et disparaît lorsque le principe de réalité surpasse celui de plaisir. Le déni peut cependant se retrouver plus tard dans certaines pathologies.

Conséquences possibles du déni.

Chez l’enfant, le déni de l’absence de phallus est une chose ni rare, ni dangereuse. Il peut cependant constituer le départ chez l’adulte d’une psychose : le psychotique refuse les exigences de la réalité extérieure et se construit un univers hallucinatoire dans lequel il obtient la quiétude d’esprit qu’il convoite. Le mot Verwerwfung, traduit par Lacan « forclusion » est alors employé, ayant alors un sens un peu plus fort que le déni.

Pour Freud, le déni ne conduit pas nécessairement à la psychose, mais en tous les cas, spécifie le fonctionnement psychique du pervers qui, confronté à la menace de castration par la reconnaissance de l’absence de pénis chez la femme (dont il sait pourtant qu’elle n’est pas le résultat d’une castration) oppose un déni à sa perception sensorielle. Il conserve un fétiche représentatif du phallus qu’il associe aux femmes parce qu’elles n’en ont pas.

Dans un tout autre domaine, on retrouve le déni, présent notamment dans les cas de patient atteints de maladies somatiques graves. Le déni de cette réalité constitue un mécanisme opérant face aux facteurs d’agression de leur maladie, ou de leur mort possible, qui leur permet de « vivre normalement » en diminuant l’angoisse dont ils peuvent souffrir. On retrouve en outre ce déni dans les conduites de refus de deuil, ou de déni du danger des adolescents qui s’exposent à des risques importants.

Il est bien important, encore une fois, de rappeler les spécificités du déni : d’une part la relation avec la réalité extérieure (on parle de refoulement pour un danger intérieur au moi, mais s’il y a déni, c’ est qu’il y a un danger extérieur), et d’autre part, alors que la dénégation s’apparente à un « déni de parole », le déni se traduit dans les actes ; comme on l’a dit précédemment, le déni du danger entraîne des comportements à risque.
   

Mots-clés : déni, dénégation, mécanismes, défense

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