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Les troubles mnésiques Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : neuropsychologie

Proposé par Stephane Desbrosses, le 21-12-2007

Quand la mémoire part en morceau...Les troubles mnésiques sont des pathologies fréquentes, la mémoire étant une des fonctions cognitives les plus fragiles. Ils constituent une des premières manifestations des démences, par exemple, et l'une des plus reconnaissables car très handicapante.

1. Les différents troubles mnésiques

La mémoire est très fragile, les troubles de la mémoire sont des pathologies très fréquentes. On en distingue deux grandes variétés :

- les troubles corticaux spécialisés (séquelles de lésions) comme les troubles de la mémoire verbale (qui n’en sont pas vraiment, mais sont plutôt des troubles de l’application de la mémoire) par lésion gauche, les troubles de la mémoire visuelle par lésion droite. Ce type de trouble ne concerne généralement qu’un matériel spécifique

- les troubles globaux concernent tout type de matériel. On les rencontre après des traumatismes crâniens (il y a presque toujours des séquelles sur la mémoire), la dépression (parfois les performances mnésiques peuvent baisser énormément : les interactions psychoaffectives avec le fonctionnement cognitif sont très importantes), les DTA,…)

On trouve également dans la catégorie des troubles mnésiques globaux le syndrome amnésique pur (par lésion du circuit HMT). Le sujet amnésique pur se comporte comme s’il oubliait les choses dès qu’elles se sont produites. L’amnésie pure est due à une rupture de circuit sous-corticaux : on en rencontre deux types :

- lésions temporales médiales bilatérales (hippocampe, amygdales : encéphalites herpétiques (préférence pour le lobe temporale de l’extérieur à l’intérieur))

- lésions diencéphaliques (thalamus, corps mamillaires : syndrome de korsakoff éthylique. Cette amnésie comporte deux étapes : le sujet présente d’abord un tableau encéphalique de Gaillet-Wernicke, puis un tableau confusionnel qui régresse pour ne laisser apparaître que le syndrome de Korsakoff.

Cela se déclenche souvent au cours d’une surconsommation par rapport à l’habitude, ou lors d’un sevrage. Le syndrome de korsakoff en lui-même est dû à la carence résultant de l’alcoolisme en vitamine B12.

2. Le syndrome amnésique : l’amnésie « standard »

Ce syndrome est dû à la lésion du circuit HMT. C’est une perturbation isolée de la mémoire épisodique dont la principale caractéristique est l’ « oubli à mesure » (le patient oublie les choses dès qu’elles se sont produites), qui comporte :

- une désorientation temporo-spatiale : le patient demande souvent l’heure, où il est,… c’est très gênant du point de vue du comportement

- Des problèmes majeurs dans la vie quotidienne : exemple de l’éphéméride : il est impossible de savoir si on a déjà fait quelque chose que l’on doit faire dans la journée, par exemple (exemple du diabète : si le patient ne se souvient plus qu’il s’est déjà fait sa piqûre, il risque la surdose d'insuline...). On peut imaginer des pense-bêtes qui disent au patient que si l’heure est passée, l’action a déjà été produite, et ce n’est plus la peine de le faire.

- Anosognosie fréquente, cela entraîne les problèmes normaux et des difficultés pour la rééducation. C’est le premier aspect à traiter, en passant par l’écriture, tout en se méfiant des réactions affectives potentielles… le patient perd son identité, il s’opère de grands changements de personnalité… c’est très différent de seulement mal se souvenir !.

- Tests ; les scores sont nuls en rappel d’histoire, de dessin,… c’est une amnésie antérograde = impossibilité d’apprendre. La validité écologique des tests est contestée toutefois : certains patient se débrouillent dans la vie de tous les jours mais ne réussissent pas aux tests, et d’autres patient présentent le pattern inverse (dissociation)

- On rencontre souvent une amnésie rétrograde (frange de vie de durée variable avant le début des symptômes – parfois, une 10aine d’années). L’amnésie rétrograde se rencontre surtout dans les amnésie psychogène (conversion hystérique,…). Ces amnésies suivent le gradient de Ribot : les événements les plus anciens sont moins oubliés que les récents. Une hypothèse est que les anciens ont plus été ré évoqués.

Autres caractéristiques :

  • reconnaissance des informations, supérieure à leur rappel (quasi-nul), mais les performances sont quand même très faibles.
  • Efficacité de certains indices comme le début des mots… ces deux dernières caractéristiques prouvent que l’information a quand même été stockée en mémoire.
  • Préservation de la MLT sémantique (pour les choses qui ont été apprises avant) ; certains auteurs pensent que les patients peuvent acquérir de nouvelles connaissances (mais pas de façon normale), d’autres non.
  • Préservation de la MCT et MdT : empan normal, effet de récence normal, performances normales au paradigme de Brown Peterson.
  • Préservation des apprentissages procéduraux (piano, conduite, écriture en miroir,…)

Tout ceci a de grandes répercussions sur les théories de la mémoire.

Tous les symptômes vus avant sont partagés par l’ensemble des syndromes amnésiques purs provenant de lésion du système HMT.

Le syndrome de korsakoff présente d’autres caractéristiques : des fabulations provoquées (par les questions du psychologue, par exemple), ce sont des choses qui n’ont pas lieu mais sot plausible, et correspondent peut-être à de faux marqueur temporel de souvenir (exemple : le patient dit avoir été hier ange chez des amis, alors qu’il était à l’hôpital. On peut croire que dans sa vie, il est allé manger chez des amis et qu’il se trompe sur la date). Il y a aussi des fabulations fantastiques qui n’ont aucune chance d’être arrivées. Cela correspond peut-être au remplissage inconscient des vides de la mémoire, ou d’autres explication (il y en a sûrement des différentes).

Le syndrome de Korsakoff présente également des fausses reconnaissances. Il ne s’agit pas de confusion, mais de mauvaises associations (il n y a pas de ressemblance entre la personne qu’il croît connaître et celle qui correspond à son souvenir) cela semble donc être un problème d’attribution de perception. On trouve aussi une anosognosie coriace…

Qu'en est-il de l'amnésique qui ne se rapelle plus son nom, son ancienne vie? (en réponse aux commentaires)


Ce type d'amnésie est rare (hors maladie dégénérative, contrairement à ce que l'on pourrait croire de la profusion romancée que l'on en voit dans la cinématographie.

On la qualifie d'amnésie rétrograde, elle concerne la mémoire épisodique c'est à dire, les événements personnels et contextuels, et non :

- les apprentissages procéduraux (conduire, skier, etc...), qui sont conservés

- une grande partie de la mémoire déclarative : ce que l'on sait, les connaissances générales, par exemple, savoir calculer ou connaitre le sens des mots, savoir qu'il faut lêcher une enveloppe pour la coller, etc... mais cette partie peut s'expliquer par un fait simple :

l'amnésie rétrograde touche généralement les souvenirs les moins anciens (suivant en cela la loi du gradient de Ribot), les souvenirs très anciens, peut etre parce qu'ils ont été évoqués plusieurs fois au cours de la vie, sont moins fragiles et s'oublient moins vite. une amnésie rétrograde totale, comme le fait de ne plus se souvenir de qui on est, d'où l'on serait né, etc... est réellement exceptionnel.

Les troubles organiques provoquant un état similaire sont généralement la Maladie d'alzheimer ou les autres pathologies neurodégénératives, pour lesquelles le patient se souvient de moins en moins des événements récents, puis un peu plus anciens, puis encore plus anciens, etc... (cette fameuse loi de Ribot) mais dans ces cas, l'amnésie totale est très rare.

Une telle amnésie totale se rencontrerait plutôt dans des troubles d'ordre psychologique, on parle alors d'amnésie psychogène, que 'on rencontre dans les états confusionnels ou l'hystérie
   

Mots-clés : amnésie, hippocampe, Korsakkof, mnésique, mémoire, mémoire à long terme, syndrome

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4 commentaire(s)

Ecrit par: Dakko le 23-12-2007

j'aurais voulu plus de renseignement concernant les amnésies liés à des traumatismes (sans trauma cranien) où le patient oublie qui il est, sa vie, mais garde en mémoire qu'il aime le chocolat et la couleur bleue, sait conduire... quel est ce style d'amnésie? comment retrouver la mémoire?

 

Ecrit par: Carnégie le 23-12-2007

Bonjour, dakko ;) 
 
La question est utile et j'ai donc noté la réponse dans l'article, à la fin. 
 
Si besoin est de reformuler, une courte description s'en trouve par ici (deuxième paragraphe: http://www.psychoweb.fr/ articles/neuropsychologie/ description-clinique-et- definition-du-syndrome- amne.html)

 

Ecrit par: Catherine le 23-12-2007

did depuis 7 ans ; 52 ans ; infirmiere. .memoire immediate de - en - bonne ...l insuline peut elle provoquer ce genre de troubles ou est ce obligatoirement la "vieillerie" ou l hysterie ?? je suis inquiete car cela s ' agrave et mon entourage ( collegues aussi) banalisent ..qui consulter : neurologue ou psychologue ?

 

Ecrit par: Carnégie le 23-12-2007

Je ne suis pas médecin, mais l'insuline, à ce que j'en sais, provoque des changement dans le taux sanguin des sucres, qui servent beaucoup aux neurones en tant "qu'essence", en quelque sorte. Votre question est donc très pertinente. 
 
Consulter un neurologue semble plus approprié. Un neuropsychologue pourra vous faire passer un bilan de mémoire, éventuellement, en parler avec ses collègues pour se renseigner à propos des liens possibles entre insuline et mémoire. Il ne s'agit probablement pas d'hystérie, rassurez-vous ;) 
 
Qui plus est, en étant infirmière, vous êtes peut etre amenée à travailler un peu plus que la normale, et à subir fatigue et stress... Voyez ce qu'il en est de ce coté : ces deux phénomènes peuvent provoquer une déconcentration suffisante pour jouer des tours à votre mémoire. De par votre profession, toutefois, vous avez raison de prendre ces manques mémoriels au sérieux, quelle qu'en soit la cause. 
 
De fait, rien ne sert de s'alarmer tant que les symptômes ne sont pas clairement établis par un professionnel, demandez déjà conseil à un neurologue, qui saura vous orienter vers une prise en charge par une équipe adéquate, si besoin est. Bon courage à vous :)

 


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