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Introduction aux apraxies Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : neuropsychologie

Proposé par Stephane Desbrosses, le 20-12-2007



Index de l'article
Introduction aux apraxies
Page 2
Le lobe Pariétal, très impliqué dans les fonctions praxiquesL’apraxie est une pathologie du geste définie négativement, c’est-à-dire par défaut, de ce qui reste chez un patient présentant des déficits des gestes, et ce, sans qu’il n’ait de troubles moteurs, sensoriels ou sensitifs. Pour certains, il s’agit d’une pathologie du geste ; pour d’autres, d’une pathologie du mouvement, les deux se différenciant sur des critères d'intentionnalités.
 
En résumé : L'apraxie est définie par défaut : c'est un trouble de la gestuelle ou du mouvement, inexplicable, ou explicable par des lésions cérébrales spécifiques de l'hémisphère gauche, fréquemment au niveau du pariétal ("niveau" sensoriel du cerveau) ou frontal (moteur). Lippman est un des premiers auteurs à décrire le syndrôme dès 1900. de nos jours, on reconnait trois grandes apraxies, surtout selon le type de geste touchés : apraxie motrice (dextérité, donc mouvements rapides, ou séquentiels, etc), apraxie ideo-motrice (gestes simples) et apraxie idéatoire (troubles des gestes necessitant une certaine concentration). On connait cependant d'autres apraxies plus atypiques telle que l'apraxie de la marche (impossibilité de marcher, souvent, de tenir debout, sans autres symptômes), l'apraxie de la main étrangère (la main fantôme qui bouge seule...) ou l'apraxie de l'habillage (difficulté à exécuter les mouvements permettant de s'habiller).

1. Introduction et historique

L'un des premiers cas d'apraxie décrit est le fait de Karl Hugo Lippmann, en 1900, qui observa un des conseillers impériaux de Prusse porteur d’une apraxie latérale droite, avec des déficits des mouvements de la tête (rotation) et de la langue. Il l’appela apraxie motrice.

En 1905, Pick observe un trouble de l’utilisation des objets (ayant une fonction, un but) qu’il nomme également apraxie motrice.

En 1908 et 1920, Lippmann réalise 2 synthèses anatomo-clinique des apraxies. Il étudie pour cela 89 patients cérébro-lésés au niveau des lobe pariétaux et frontaux.

- lorsque l'hémisphère droit est touché, il n y a vraisemblablement pas d'apraxie 42 cérébro-lésés droits et aucune apraxie visible).

- lorsque l'hémisphère gauche est touché , il n y a pas forcément d’apraxie : seulement 20 des 47 cérébro-lésés gauche présentent des symptômes apraxiques (dont 6 ne sont pas aphasiques et présentent un petite lésion. Puisqu'il existe des aphasiques non apraxiques, cela prouve l’indépendance de l’apraxie par rapport à l’aphasie).

Ces conclusion sont donc que :

1/ il y a une dominance de l’hémisphère gauche pour les fonctions praxiques et gestuelles.

2/ Les substrats neurobiologiques du geste et du langage sont voisins mais non identiques.

Dans son analyse finale, Lippmann distingue :

- l’apraxie idéatoire (concernant le niveau cognitif le plus haut) : c’est une atteinte de la conception idéatoire du geste et de la représentation de l’action, liée à une lésion du gyrus angulaire et du gyrus supramarginal, gauches.

- L’apraxie idéomotrice est une atteinte de la relation entre projet idéatoire et formule kinétique (enchaînement des segments d’action des membres conduisant au geste), lié à une lésion du lobule pariétal inférieur

- L’apraxie mélokinétique ou apraxie motrice est une perte des souvenirs cinétiques propres à un membre, associée à une lésion des régions rétrocentrales (régions sensori-motrices)

En aparté : le système proprioceptif a en charge la sensitivité du corps, jusqu’à la position des organes dans le corps. Il permet d’intégrer les informations, notamment, de la gravité ou des accélérations, et renseigne sur l’état de tension musculaire, donc sur le geste en train d’être effectué (fibres a-alpha dans les articulations : le système entier représente un million d’information par seconde !). C’est grâce à ce système qu’il y a un apprentissage des gestes que l’on effectue souvent : s’habiller, tenir une fourchette,…). L’apraxie serait la révélation d’une pathologie du système perceptif.

2. Modèle du geste de Signoret et North

Il postule une organisation séquentielle (temporelle) du geste : une étape arrive après l'autre. La première est celle des gestèmes (on pense/imagine l'ensemble du mouvement), suivi de celle des kinèmes (on découpe en pensée le mouvement en mouvements élémentaires), puis celle de l'éxécution effective (on réalise le mouvement)

Les gestèmes sont des concepts introduits pour exprimer le concept symbolique du geste/mouvement d'ensemble, celui de kinème représente le concept du segment moteur en action. '' Gestèmes : Modèle interne du geste impliqué dans tous les types de geste

Kinèmes : Organisation du mouvement en unités discrètes''

Il s’agit d’un modèle hiérarchique : une seule étape touchée entraîne le dysfonctionnement de tout le système, et donc de la réponse. L’exécution finale est affectée.

Ce modèle reconnaît 3 formes d’apraxies, donc 3 types de troubles gestuels : les apraxies idéatoires (déficit des gestèmes), l’apraxie idéomotrice (déficit des kinèmes) et l’apraxie motrice (déficit de l’exécution du geste (réalisation motrice)

   

Mots-clés : Apraxie, syndrome, neurologie, cerveau



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