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3. Clinique des apraxies3.1. Sémiologie du gestePlusieurs auteurs ont tenté de classer les types de gestes disponibles dans l’espèce humaine :
- Gestes symboliques : ce sont les gestes conventionnels au sein d’une culture donnée (salut militaire, pied de nez,…) Ils ne s’appuient pas sur l’observation de la réalité pratique (ils n’ont pas de but pratique) : le code symbolique est uniquement culturel et temporel.
- Gestes expressifs ou iconiques : il y a ressemblance entre le geste et ce qu’il évoque (se pincer le nez pour exprimer l'idée "ça sent mauvais", ou taper la têmpe du doigt pour exprimer "il est fou",…). Ces gestes ont plus ou moins une utilité pratique.
- Gestes arbitraires : sans signification ni référence culturelle (faire un anneau avec les doigts,…)
- Gestes de mimes (ou pantomime) : il s’agit de mimes d’utilisation d’un objet en son absence
- Gestes d’utilisation effective : c’est l’utilisation effective, ou la mime d’utilisation avec l’objet. On distingue les gestes d’utilisation simple (avec un seul objet) et les gestes d’utilisation plus complexe : plusieurs objets à utiliser en séquence (prendre une allumette dans une boîte puis l’allumer, préparer une enveloppe).
3.2. Erreurs apraxiquesLes plus fréquentes :
- Omission du geste
- Ebauche du geste (comme en temps normal, quand on fait un geste qu’on s’aperçoit inapproprié : on l’arrête en cours)
- Perplexité (à propos du geste à effectuer, ou de l’utilisation de l’objet) cela relève de l’incapacité à comprendre un geste.
- Persévération (d’une partie de l’acte à accomplir), cela arrive souvent sur une séquence de gestes, rarement sur un geste isolé.
- Assimilation du corps comme objet (index tendu pour une brosse à dent)
- Parapraxie (erreur de geste : signe militaire pour signe de croix)
- Erreur de succession logique (ouvrir une boîte d’allumette, la frotter, puis prendre l’allumette)
- Erreur dans l’utilisation d’un objet (écrire avec un peigne)
3.3. Formes cliniques apraxiquesPlusieurs formes d'apraxies sont connues de nos jours, et la communautés scientifique reconnaît trois principaux types d'apraxie, tandis que d'autres représentent des formes reconnues mais plus rares
3.3.1. Apraxies gestuelles principalesApraxie motrice : il s’agit d’un trouble de la dextérité et de l’exécution des mouvements rapides, alternatifs ou séquentiels ; permanente. On peut la tester en demandant au sujet de taper la table avec son doigt en copiant ce que le neuropsychologue fait. Les séquences seront de plus en plus rapide et arythmiques. Apraxie idéomotrice : il s’agit d’une altération des gestes simples isolés, touchant les gestes symboliques, expressifs et arbitraires (et pour certains auteurs, les pantomimes). On distingue deux types d’apraxies idéomotrices bilatérales : - Apraxie idéomotrice supramodale, souvent associée à une aphasie ; non-permanente (fluctuante) et dépendante du contexte
- Apraxie idéomotrice modalité-spécifique, dépendante du contexte et du canal d’entrée (consigne orale, écrite, ou don direct de l’objet,…) ; on distingue alors les apraxie visuo-motrice, verbo-motrice, tactilo-motrice (aussi appelé apraxie somesthésique, mais le terme est impropre)
Apraxie idéatoire : il s’agit d’un trouble de la conception des actes impliqués ainsi qu’une incapacité à formuler des actes complexes et séquentiels. 3.3.2. Autres apraxiesElles sont généralement associées à d’autres troubles (surtout dans les démences corticales) mais peuvent survenir isolément :
1/ Apraxie constructive (Kleist et Strauss, 1924) : il s’agit d’un trouble isolé de l’exécution de dessins ou de tâche de construction en 2 D et en 3D. Elle peut se tester avec le test de Benton, de construction avec des morceaux de bois.
2/ Apraxie de l’habillage (Brain, 1941) : difficulté à s’habiller, à saisir, manipuler, enfiler des vêtements en ordre logique
3/ Apraxie bucco-faciale (elle correspond à la première description de Lippmann) (Jackson, 1978) : dissociation entre actes volontaires et actes réflexes dans les mouvements bucco faciaux. Souvent associée à une aphasie et une apraxie idéomotrice. Elle est à surveiller : les troubles buccofaciaux entraîne des mimiques non dangereuse, mais aussi de mauvais mouvements de déglutition.
4/ Apraxie de la marche (Gerstmann & Schilder ; 1926 ; Denny-Brown, 1958) il s’agit d’un trouble de l’initiation des mouvements bilatéraux des membres inférieurs. Ce trouble n’est presque jamais isolé. Il empêche le patient de se lever.
5/ Apraxies sélectives (Hécaen, 1972) : le déficit praxique touche électivement une conduite spécifique (apraxie du trombone, du piano,…)
6/ Apraxie calleuse : c’est la dyspraxie diagonistique et l’apraxie de la main étrangère, qui proviennent d’un trouble de la transmission inter hémisphérique.
4. Localisations lésionnellesSelon la tradition localisationniste, on peut associer les apraxie à des régions cérébrales distinctes :
Apraxie motrice : Cortex frontal moteur (peut-être aussi la région de Broca car souvent associée à une aphasie)
Apraxie idéomotrice : Lobe pariétal inférieur (berge supérieure de la scissure latérale en face du PT
Apraxie idéatoire : Carrefour G supramarginal (GSM) et G angulaire (GAG)
Apraxie constructive : Carrefour GSM & GAG et lésion diffuse (démences et trauma crâniens
Apraxie de l’habillage : Pariétal postérieur droit (toujours à minima) et/ou gauche
Apraxie bucco-faciale : Pariétal postérieur droit
Apraxie de la marche : Frontal droit et gauche.
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