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Synesthésie : Perception réelle ou simulation? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : neuropsychologie

Proposé par Stephane Desbrosses, le 20-12-2007



Les perceptions synesthésiques sont-elles des perceptions réelles?Synesthésie : Perception réelle ou simulation?

1. Comment déterminer qu'une perception est réelle?

Les paroles des synesthètes peuvent sembler obscures pour les non synesthètes : qu'un instrument ait un son rouge ou qu'un steak cuit à point ait un goût pointu, cela peut paraître, sinon délirant, du moins métaphorique. Ces perceptions sont-elles réelles ? Correspondent-elles à des apprentissages? Une jeune femme synesthète graphème couleur, lorsqu'on lui demandait si le « A » qu'elle voyait était réellement vert, répondait : « Il ne s’agit pas d’un apprentissage ou d’un souvenir, je sais que le « A » est noir, mais il est aussi vert. Je le vois à la fois noir et vert! ».

Pour déterminer si une perception est réelle, on peut s'assurer que la discrimination entre deux stimuli, censés être perceptivement distincts, est correctement effectuée. Par exemple, on peut vérifier la discrimination de couleur chez une personne non synesthète, en lui montrant une plaque sur laquelle sont inscrit un « 2 » rouge parmi des « 2 » verts. Une personne ayant une perception visuelle standard repèrera quasi-immédiatement le « 2 » rouge parmi les verts. Son temps de réaction à dire que ce « 2 » se trouve à droite ou à gauche de l’image, par exemple, sera extrêmement cours.

Cela vient surtout du fait que la couleur est une caractéristique sensorielle très importante pour nous. Elle est traitée automatiquement et rapidement. Il se produit un effet similaire pour chaque élément fondamentalement caractéristique d’un stimulus, par exemple, l’orientation de barres : une barre horizontale noire au milieu de barres verticales noires sera aisée à repérer…

2. Les perceptions synesthésiques

Mais il n’en va pas de même lorsque les différences entre stimuli présentés sont d’un niveau supérieur : chercher un « 2 » noir parmi des « 5 » noirs également, se révèle une entreprise plus ardue pour le commun des mortel… mais pas pour les synesthètes ! Ceux-ci voient en effet généralement le « 2 » d’une couleur sensiblement différente à celle des « 5 », ce qui leur permet de repérer immédiatement l’intrus, et d’avoir des temps de réaction à des tâches comme celles-ci, proches des temps de réaction des personnes non synesthètes, quand on leur présente un « 2 » rouge parmi des « 5 » verts…

La couleur synesthésique du « 2 » intrus leur permet d’identifier rapidement sa position, si rapidement, qu’on ne peut douter qu’il s’agisse bien là d’une perception réelle. Les synesthètes n’affabulent tout simplement pas, ils perçoivent réellement des caractéristiques du stimulus, imperceptibles aux sens des non-synesthètes.

En fait, les synesthètes ne perçoivent pas des caractéristiques "réelles" supplémentaires des stimuli : les longueurs d'ondes renvoyées physiquement par les stimuli visuels, par exemple, sont perçues de la même façon par l'oeil d'un synesthète ou d'un non-synesthète. Il est plus correct en ce cas de parler de perceptions virtuelles, ou synesthésiques, générées lors de l'interprêtation ou lors du traitement des signaux perceptifs captés par les systèmes sensoriels, à l'intérieur du cerveau. Les perceptions synesthésiques sont donc réelles, bien que les caractéristiques physiques des stimulis ne le soient pas. Une étrange frontière entre le réel et le virtuel...

3. Quelques expériences pour en savoir plus…

Dans un tel test de ségrégation visuelle, Palmeri et al,. (2002) montraient un « 2 » blanc parmi des « 5 » tout aussi blancs. Les synesthètes dont les couleurs synesthésiques des « 2 » et des « 5 » étaient différentes, réussissaient très rapidement à repérer l’intrus. Quand les couleurs synesthésiques étaient sensiblement identiques, par contre (le test fut réalisé avec des « 6 » parmi les « 8 », avec des synesthètes dont les couleurs synesthésiques des « 6 » et « 8 » étaient semblables) avaient des temps de réaction, lors du repérage de position de l’intrus, s’approchant des résultats de personnes non synesthètes.

Dans une expérience similaire, Ramachandran et Hubbard,. (2001), montraient des « 2 » noirs, disposés selon une forme précise (par exemple, en triangle, ou en carré) parmi des « 5 » noirs, et demandaient à leurs sujets d’indiquer la forme construite par le positionnement des « 2 » dans l’image. Les synesthètes réussissaient bien entendu allègrement la tâche, tandis que des sujets non synesthètes, forcés d’explorer l’image chiffre par chiffre pour repérer les « 2 » disséminés, faisaient à la fois plus d’erreurs et en un temps plus long.

Source : Diverses dont "Neurocognitives Mechanisms of Synesthesia", Hubbard & Ramachandran, (2005)
   

Mots-clés : cognitif, neurobiologie, perception, synesthésie



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