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Logique de la rupture de communication entre deux personnes Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Section : articles, Catégorie : divers

Proposé par Stephane Desbrosses, le 03-08-2008



Index de l'article
Logique de la rupture de communication entre deux personnes
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Quel est le lien entre le dilemne des prisonniers et la rupture de communication entre deux personnes ou groupes?

L'exemple simple de la rupture communicative permet de montrer que nous sommes tous conscient du phénomène décrit par le dilemne du prisonnier, que nous l'avons presque tous vécu!

Lors d'une rupture de communication, deux personnes qui communiquaient sont amenées en s'emmurer temporairement dans le silence l'une vis-à-vis de l'autre, dès lors se met en place le paradoxe. La situation est telle, que l'intérêt de chacun pris individuellement mène au silence, comme l'illustre l'exemple suivant, de ce que peut penser en pareille occasion les deux personnes ou entités "fâchées". Chacun doute de l'envie de l'autre à reprendre la communication, et se retrouve alors à penser :

- Si je ne me trompe pas et que l'autre n'a pas envie de me parler :
    > Si j'initie la conversation, je me fais jeter et j'en souffre en plus de souffrir de son absence
    > Si je garde le silence, je ne souffre que de son absence, dont je souffrirais de toute façon
- Si je me trompe et que l'autre a également envie de me parler
    > Si j'initie la conversation, je montre que j'ai envie de lui parler mais lui (elle) n'aura pas à montrer ce sentiment qui est sien.
   > Si je garde le silence, puisqu'il a envie de me parler, il initiera la conversation et ce n'est pas moi qui passerait pour quelqu'un qui "s'accroche", je n'aurais pas besoin de dévoiler mon sentiment et cela me donnera une assurance sur le sien.

On voit dans les deux cas que l'interêt personnel pousse à l'inaction. Ce type de situation et d'interaction se retrouve lorsque deux personnes sont amoureuses mais ne veulent pas le montrer en premier, ou lors de fâcheries, quand aucun des deux protagonistes ne veut faire le premier pas... Le rationnel individuel s'oppose clairement au rationnel collectif. Une nouvelle fois, l'intérêt personnel se suicide.

On peut ainsi voir apparaitre le dilemne du prisonier dans de nombreux types de relations inter-individuelles, amoureuses, amicales, professionelles... Voici quelques exemples :

Les disputes dans le couple 

- Prenons l'exemple d'un couple dont chaque protagoniste a eu une relation extraconjuguale (ou a commis une faute quelconque), cela génère un état de tension épuisant pour le couple. Les deux pourraient choisir d'avouer la faute, mais le premier à parler craint que l'autre ne le fasses pas. Ce premier à parler serait donc seul à supporter le poids de sa faute, tandis que l'autre se contenterait de la lui reprocher tout en restant silencieux sur sa propre faute. Plus généralement, il en va de même pour n'importe quelle dispute dans laquelle chacun a quelque chose a se reprocher, ce qui est souvent (pour ne pas dire toujours...*) le cas : le premier à admettre ses torts prend le risque d'être le seul à les admettre. Aussi, du point de vue personnel, chacun a intérêt à se taire et laiser l'autre admettre sa faute en premier.

Les nouvelles amitiés 

- une relation de franchise dans un début d'amitié peut être bénéfique, cela semble évident. Se découvrir l'un l'autre permet d'évoluer et de faire évoluer la relation ur la base de la réalité de chacun. Si deux nouveaux amis choisissent de se découvrir à l'autre, leur relation évolue donc. Mais chacun peut choisir de laisser l'autre se découvrir sans pour autant se découvrir lui-même (cela arrive quand l'un ou l'autre se méfie ou croit qu'un surplus de discrétion constitue une sauvegarde de son intégrité). En pratique, il y'a évidemment tout intérêt à accepter ce que l'autre nous apporte en lui donnant le minimum nécessaire. Cela dit, sur une échelle de temps suffisamment longue, il est bien difficile de maintenir ce comportement, car la prise de conscience de l'autre est quasi-inévitable. Ce comportement conduit alors généralement à des états de tension, lorsque la "victime" se rend compte du comportement de celui qui ne désire pas s'ouvrir (à tort ou à raison) : son interêt et sa propre sauvegarde devient de copier le comportement de l' "ami" et la relation ne peut plus évoluer. L'amitié entre dans une phase statique ou sclérosée, et c'est le début de la fin...

Le fait qu'il existe de telles situations, pour lesquelles suivre son intérêt personnel aboutit à une interaction innefficace, aboutissant elle même à une situation personnelle problématique, explique notamment pourquoi les égoïstes ou narcissiques sont bien en peine de développer des amitiés durables. Suivre leur intérêt personnel les amène à provoquer des situations qui ne leur sont pas favorables, qui vont à l'encontre, justement, de cet intérêt personnel.

Coopération et réciprocité 

D'autres variantes de ce jeu ont été étudiées, qui montrent notamment que la coopération est le plus souvent profitable, quitte à se faire trahir par des personnes peu scrupuleuses. Lors d'un meeting au Canada, dans les années 1970, un véritable déploiement d'Intelligences artificielles fut mis en place afin de répondre à la question : quelle est la meilleure stratégie permettant de résoudre le Dilemne du prisonnier ? (c'est-à-dire, quelle est la stratégie d'interaction la plus efficace). Nous verrons prochainement que les trésors d'imagination de nombreux spécialistes en mathématique et en informatique ont dû s'incliner, une fois n'est pas coutume, devant la puissance et la simplicité d'un programme fondé sur la psychologie du Talion (article à venir).

Quoi qu'il en soit, et malgré les avantages immédiats que peuvent apporter mensonges, manipulation et intérêt personnel pur, il semble qu'en Intelligence artificielle, l'avantage à long terme revienne pratiquement toujours du côté du franc ou de l'altruiste, que du côté du cachottier ou de l'égoïste.


* Les querelles ne dureraient pas longtemps si les torts n'étaient que d'un côté. - F. de La Rochefoucault (Maximes

   


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